Un rêve d’enfance

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Interview avec Victoria Ceban

Victoria - une jeune fille qui a réalisé son rêve d’enfance. Elle est jeune et elle est une artiste. Elle regarde ce monde par l’intermédiaire de la peinture. En Moldavie, c’est difficile d’être un artiste, mais cette jeune fille ne peut pas ignorer sa vocation. Elle veut se réaliser et vivre en peignant.

  • Victoria, raconte-nous un peu d’histoire de ta vie. Où as-tu fait tes études et depuis quand tu peins ?
  • Je peins depuis mon enfance. Un jour, j’ai trouvé un cahier de ma sœur où elle avait noté que je ne savais pas écrire, mais que je voulais déjà être peintre et avoir beaucoup d’enfants. A l’école primaire, je dessinais dans tous mes livres et mes cahiers. A l’âge de 7 ans, j’ai commencé mes études à l’Ecole d’Arts de Floresti, la ville où je suis née. J’adorais peindre et je courais à l’Ecole d’Arts et parfois j’y restais le soir jusqu’à 21 heures. Je m’isolais dans le dialogue avec les couleurs.

Après le lycée, j’ai étudié au Collège d’Arts à Chisinau : ce fut la période la plus importante de ma vie. Maintenant je fais mes études à l’Académie de Beaux Arts de Chisinau, dans la spécialité Peinture de Chevalet.

  • Quels sont tes peintres préférés et les styles que tu abordes le plus souvent ?

- J’aime beaucoup d’artistes, mais je suis surtout impressionnée par les peintures macabres de Goya, les monomanes de Géricault, les paysages de Turner, les femmes représentées par Klimt, Schiele, le subconscient visualisé par Dali, les expressionnistes allemands et les mouvements nés pendant et après guerre.

Pendant une période, j’ai fait de la peinture abstraite. Maintenant je me sens attirée par ce qui a une charge émotionnelle, les psychoses, l’exploration de l’univers intérieur humain, les mouvements romanesques, surréalistes, expressionnistes, les arts visuels contemporains et les personnages mythologiques et irréels. Moi, j’essaye de faire la même chose.

  • As-tu participé aux concours ou expositions ?
  • J’ai participé à une série d’expositions nationales. En 2009, monsieur Gheorghe Munteanu a organisé une exposition avec les œuvres de ses élèves dans la salle Constantin Brancusi. Ici ont été présentés une série de mes tableaux. Depuis quelques années, je présente mes œuvres à l’exposition des jeunes créateurs et j’ai participé au camp international de Parcova.

Je veux organiser une exposition personnelle et je mets toutes mes forces pour réaliser ce but, parce qu’une exposition dans une galerie réalise l’acte de transmission du message artistique dans la direction du public.

  • Où peins-tu ? As-tu un atelier ?
  • Je suis étudiante et j’ai l’accès direct à l’atelier universitaire où je peux travailler quand je veux. Quand j’ai besoin de solitude, je peins dans ma chambre qui se ressemble à un atelier. Pendant un moment, j’ai travaillé dans l’atelier de mon professeur. Durant la période chaude de l’année, je préfère peindre en plein air et garder le contact avec la nature.

Je prévois avoir un atelier personnel, spacieux, mais c’est difficile à entretenir quand on n’a pas un revenu financier stable.

  • En Moldavie les gens s’intéressent-ils à la peinture ? Cette passion sera-t-elle pour toi la première source financière ?

- Concernant la situation de la peinture en Moldavie, je peux dire qu’il y a un tas de problèmes. Premièrement notre peuple n’a pas les ressources financières suffisantes pour se procurer une toile de qualité. Et puis on est formaté par une culture postsoviétique avec pour conséquence que la peinture reste secondaire. Toutefois le contact avec l’extérieur apporte une nouvelle vague de goût esthétique.

C’est difficile d’assurer son existence en Moldavie en ayant pour seule ressource financière l’art. Je voudrais me réaliser à l’étranger et avoir un contrat avec une galerie européenne. Aujourd’hui l’internet est une voie de réalisation. Les artistes exposent leurs peintures sur les sites spécialisés où ils peuvent aussi les vendre, mais il faut beaucoup travailler et s’affirmer pour avoir du succès.

  • Quelles sont tes occupations autres que la peinture ?
  • J’aime écrire. J’ai publié des articles dans une revue d’art de Bucarest. Je suis passionnée par l’histoire des arts, voilà pourquoi je lis tout le temps. Parfois je lis de la littérature artistique. Je pense que la lecture est absolument nécessaire pour le développement personnel d’un artiste.

En général, je suis entourée par la peinture tout le temps. Même pendant mon temps libre je préfère visiter une exposition, lire un livre d’art, visionner un film documentaire sur la vie des artistes et bien sûr peindre. J’adore les promenades, observer la beauté qui nous entoure. Je suis heureuse, parce que je fais ce que j’aime le plus et j’ai auprès de moi la personne que j’aime.

  • Quelle devise te caractérise comme personnalité ?
  • « Per aspera ad astra » me caractérise le plus, parce que je crois que le travail est le moyen de créer sa fortune.

Interview réalisée par Cristina Burlacu.