Un cas de refus d’enregistrement d’une entreprise transnistrienne en Moldavie : MMZ. Avril 2006

Note économie n°17
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Les mesures de surveillance des frontières entre la Transnistrie et l’Ukraine, qui ont donné lieu à une « guerre de l’information » (blocus économique pour les pro-Tiraspol ou fin des trafics pour les pro-Chisinau), ont des conséquences économiques certaines. Elle oblige les entreprises de Tiraspol à se domicilier à Chisinau, ce qui induit des pertes fiscales pour la « République du Dniestr ».

Cependant, si certaines entreprises se sont adaptées à la nouvelle donne, d’autres refusent d’entrer dans le jeu. L’entreprise MMZ (Usine métallurgique de Moldavie) refuse de se faire enregistrer à Chisinau pour des raisons politiques plutôt qu’économiques, de l’aveu même de son directeur Andreï Ioudine.

Ainsi, quand ce dernier déclare qu’il faut se demander si l’on peut admettre des postes douaniers « étrangers » (comprendre : Moldaves) en Transnistrie, c’est avant tout une déclaration d’ordre politique. Il est entendu que la Transnistrie fait légalement partie de la Moldavie selon le droit international. Les autorités transnistriennes jouent toutefois la carte de la montée des tensions, afin de justifier un soutien de la part de Moscou. Les mesures prises contre les exportations de vin moldave en Russie sont un exemple de rétortions.

MMZ, construite en 1985, qui reste l’une des usines métallurgiques les plus modernes du territoire post-soviétique, a changé plusieurs fois de mains au cours de ces dernières années, au gré des investisseurs. Cette dynamique de privatisation/reprivatisation a pu notamment être observée pour la centrale électrique de Cuciurgan.

L’usine rencontre aujourd’hui des difficultés dans l’écoulement de sa production du fait de la surveillance plus stricte des frontières. En un mois et demi, l’usine aurait perdu près de 3 millions de dollars. La politique européenne visant à remettre à la table des négociations la Transnistrie avec des positions plus réalistes pourrait enfin commencer à porter ses fruits, même si le statu quo est encore en place.

Florent Parmentier, analyste-politique pour Moldavie.fr