Question énergétique : le nucléaire roumain. Novembre 2006

Note économie n°22

Les difficultés de la Moldavie concernant la sécurité de son approvisionnement énergétique sont connues. Le président roumain Basescu a plusieurs fois mis en cause la firme Gazprom, qui occupe un rôle central en Moldavie. Le port de Giurgiulesti, qui devait donner accès au Danube, est lui aussi une des données fondamentales de l’équation énergétique, mais n’a pas offert de solution jusqu’ici.

Ainsi, la question du nucléaire civil, dans un contexte de prix de l’énergie élevé, se pose avec acuité. Le ministère roumain de l’économie et du commerce a annoncé début octobre son souci de poursuivre la construction de la centrale nucléaire de Cernavoda. Dans ce cadre, au vu des besoins de financement de ce projet, et des invitations roumaines à participer au projet, la Moldavie connaît là une réelle chance de trouver une solution de long terme pour son approvisionnement énergétique.

Le nucléaire amène donc à se reposer la question des relations moldo-roumaines, notamment dans en matière énergétique. Après tout, Basescu a déclaré, lors de sa visite en janvier 2005 à Chisinau, qu’il ne « laisserait pas la Moldavie faire l’objet de chantage énergétique ».

Elle amène également à repenser l’intégration européenne de la Moldavie. En effet, la Moldavie peut profiter de ce rapprochement « nucléaire » pour s’intégrer à la communauté énergétique de l’Europe du Sud-Est. De plus, Chisinau obtiendrait un libre accès au marché électrique européen en renforçant l’interconnection des marchés. La possibilité de vendre son électricité sur le marché européen serait un investissement intéressant sur l’avenir.

Rappelons pour conclure, en effet, que la Moldavie ne couvre que 30% de ses besoins énergétiques internes, le reste étant importé d’Ukraine.