Moldavie : de la croissance à la crise ?

Note économie n°19

La croissance, revenue depuis l’an 2000, est assez soutenue ces dernières années. Ces 6 années de croissance ont permis au PIB de prendre plus de 40% en volume ; pour autant, les conditions macro-économiques qui ont prévalues sont aujourd’hui menacées.

Il faut garder à l’esprit que l’économie moldave est largement ouverte, et qu’elle dépend ainsi largement de son commerce extérieur et des flux financiers extérieurs.

En effet, la taille du marché intérieur n’a pas encore permis d’attirer massivement les investisseurs étrangers. Le problème, déjà souligné, est que la diversification de l’économie moldave tarde à produire ses effets.

L’embargo fait du mal aux exportations de vin moldave

A noter que le déficit commercial, énorme (40% du PIB), est couvert par l’afflux d’argent de l’étranger (le fameux « syndrome hollandais »).

Or, l’embargo qui a été décrété en Russie contre les vins moldaves (et géorgiens) nuit gravement au commerce extérieur, tandis que la diversification des marchés en matière vinicole est difficile, l’UE devant déjà régler ses problèmes d’excédents.

Une dépréciation du leu, prélude à une crise financière ?

Cette crise a déjà provoqué la dépréciation du leu, la monnaie nationale, face au dollar et à l’euro. La crise de 1998 avait eu les mêmes conséquences. Pour la première fois depuis la déclaration d’indépendance, la République de Moldavie a un déficit commercial avec la Russie, son principal client.

C’est l’une de conséquences de la hausse des prix du gaz, qui rend plus cher le prix des importations tandis que les exportations sont freinées.

En un mot, une crise financière n’est pas exclue à l’automne ; il ne sera que temps d’en tirer les leçons.

Florent Parmentier, analyste-politique pour le portail francophone Moldavie.fr