La Moldavie et l’OMC : une position stratégique. Mars 2006

Note économie n°16

La Moldavie a rejoint l’Organisation Mondiale du Commerce le 26 juillet 2001. Ceci a constitué un succès pour sa diplomatie, et s’avère stratégiquement intéressant pour Chisinau.

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se présente comme la seule organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Au cœur de l’organisation se trouvent les Accords de l’OMC, négociés et signés par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs parlements.

Le but affiché consiste à aider, par la réduction d’obstacles au libre-échange, les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités.

Le 26 mai 2005, le Français Pascal Lamy obtient le poste de directeur général de l’organisation, succédant ainsi au thaïlandais Supachai Panitchpakdi. Son mandat de quatre ans a pris effet le 1er septembre 2005.

Une position stratégique pour la Moldavie ?

Si les 3/4 des pays du monde font partie de l’OMC, deux partenaires commerciaux essentiels de la Moldavie n’en font pas partie : la Russie et l’Ukraine. On assiste même à une concurrence entre ces deux Etats, puisque pour entrer au sein de l’OMC, il faut l’accord de tous les autres membres.

Carte des membres de l'OMC
Carte des membres de l’OMC

Dès lors, les limitations des importations de produits moldaves en Russie pourrait être préjudiciable à Moscou. En effet, si Chisinau s’oppose à l’entrée de la Russie, celle-ci ne pourra pas faire partie de l’Organisation, ou pourrait y entrer après l’Ukraine.

Si une telle mesure demanderait une prise de position difficile pour le gouvernement, elle n’est toutefois pas impossible. Le vice-ministre de l’économie et du commerce, Igor Dodon, a fait une déclaration dans ce sens. La Moldavie s’était plainte à plusieurs reprises des interdictions concernant la viande ou les boissons alcoolisées, elle dispose aujourd’hui d’un atout majeur dans les négociations. Par ailleurs, une fois que la Russie sera membre de l’OMC, les mesures de rétorsion économique contre le gouvernement moldave seront plus difficiles.

Ce scénario extrême n’est pas à exclure. Il aurait toutefois des coûts, notamment dans le cadre des relations bilatérales russo-moldaves, mauvaises du fait de la crise en Transnistrie et de la récente opération européenne sur la frontière moldo-ukrainienne. Par ailleurs, c’est aussi en raison de son adhésion à l’OMC que la Moldavie doit surveiller ses frontières…

La menace brandie peut parfois amener à un compromis raisonnable les deux parties. Ce serait d’autant plus profitable à la Moldavie que la Russie reste son premier marché…

Florent Parmentier, analyste-politique pour Moldavie.fr