Traditions moldaves : le mărţişor

Une très belle tradition est associée au doux nom de mărţişor qui est le symbole du printemps.

Qu’est-ce que le "mărţişor" ?

Le “mărţişor” (diminutif de "martie - mars") est offert à l’aube du 1er mars et on le porte attaché à la poitrine tout le long du mois de mars, après quoi il est suspendu à un arbre fleuri, dans l’espoir que toute l’année sera fleurie.

Le mărţişor est une fine ganse formée de deux fils tressés, l’un blanc et l’autre rouge, auxquels on peut attacher une petite figurine en bois ou en métal (un cœur, une lettre, une fleur, un fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles) qui joue le rôle de porte-bonheur.

Filles et garçons, femmes et hommes peuvent offrir des "mărţişor" à leurs amis, leurs amours, leur famille. La seule contrainte traditionnelle étant de mêler deux brins de couleurs rouge et blanche, on n’hésite pas à confectionner les "mărţişor" personnellement. Quant aux marchands, qui sont souvent aussi les créateurs, ils rivalisent d’ingéniosité dans la confection des "mărţişor".

Le rouge et le blanc mêlés représentent les deux saisons qui se mélangent encore. Le rouge c’est l’hiver (peut-être parce qu’on y fait rougeoyer l’âtre) et le blanc, le printemps qui s’annonce avec la pousse de la perce-neige, fleur symbolisant le retour de la nature à la vie.

Légendes autour du "mărţişor"

Il y a plusieurs légendes concernant l’origine du marţişor.

Selon l’une d’entre elles, il était une fois une vieille dame qui s’appelait Dochia. Elle avait une belle-fille qu’elle haïssait de toutes ses forces. Un jour d’hiver, Dochia lui donna un manteau très sale et lui dit d’aller le laver dans la rivière et de ne pas rentrer avant que le vêtement ne soit tout blanc. La pauvre jeune fille obéit, mais plus elle lavait le manteau, plus il devenait noir. Désespérée, elle se mit à pleurer. Soudain, un homme nommé Mărţişor apparut et lui demanda pourquoi elle pleurait. La jeune fille lui raconta son malheur. Alors, Mărţişor lui divulgua le secret qu’il possédait des pouvoirs magiques. Il lui offrit une fleur aux pétales rouges et blancs, lui conseilla de laver le vêtement encore une fois et de rentrer ensuite à la maison. Et le miracle eut lieu ! Lorsque la jeune fille regagna sa maison, le manteau était blanc comme neige ! La vieille Dochia ne pouvait pas y croire. Mais, du coup, elle vit la fleur dans les cheveux de sa belle-fille. Toute confondue, Dochia pensa que le printemps était venu et décida d’emmener ses troupeaux sur la montagne. Le temps était beau et la vieille enleva ses touloupes, l’une après l’autre. Mais plus tard, la bruine remplaça le soleil trompeur. Au sommet de la montagne, Dochia rencontra Mărţişor qui la réprimanda d’avoir obligé sa belle-fille à supporter le froid et l’humidité. Puis, l’homme disparut. La vieille Dochia resta seule sur la montagne. Le gel la transforma en pierre.

Voilà pourquoi, début mars, les Moldaves tressent des fils rouges et blancs et les portent comme amulettes pour célébrer la victoire du bien contre le mal et l’arrivée du printemps.

Selon une autre légende, une fois, au mois de mars, la jonquille a fleuri avant la perce-neige. La perce-neige en fut fâchée et se mit à battre la jonquille qui, à son tour, frappa la perce-neige et la blessa. Du sang s’écoula sur la neige. Sur cette place, poussa une autre perce-neige, blanche avec des tâches rouges. Une jeune fille a trouvé cette fleur et l’a attachée sur sa poitrine. Alors, les amies de la fille ont tressé des fleurs de fils blancs et rouges et les ont attachées sur leurs poitrines.

Depuis, tous les ans, au mois de mars, les Moldaves portent à la poitrine des amulettes de fils blancs et rouges qu’on appelle mărţişor.