Violeta Gaşiţoi : « Nous reviendrons des États-Unis pour apporter les bonnes pratiques dans notre pays »

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A l’occasion du 27-ième anniversaire de l’’indépendance de la République de Moldavie, nous publions une série d’articles montrant comment les Moldaves qui ont quitté le pays, à la recherche d’une vie meilleure, perçoivent leur pays natal.

Violeta Gașițoi est avocate et experte en droits de l’homme. Elle estlauréate du prix des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme.

Violeta Gașițoi
Violeta Gașițoi

Depuis deux ans, elle vit, avec sa famille, aux États-Unis où elle fait des études. Ce fut pour elle une opportunité qu’elle n’a pas voulu rater. « Au terme de mes études, nous allons revenir en Moldavie et essayer d’appliquer les bonnes pratiques dans notre pays. C’est une possibilité d’apprendre quelque chose de nouveau, de comprendre pourquoi les choses ne se passent pas bien en Moldavie  », affirme l’avocate.

Pourquoi les États-Unis ? Violeta Gaşiţoi répond : «  C’est le destin qui a voulu que je voie comment la démocratie américaine fonctionne  ». À son avis, la Moldavie pourrait reprendre de nombreuses bonnes pratiques des États-Unis. « Je voudrais qu’on ait une justice comme aux Etats-Unis, où les gens font confiance au système judiciaire. On parle beaucoup de la corruption en Moldavie, mais, depuis que je suis aux États-Unis, je me suis rendu compte qu’il n’est pas besoin de gros investissements, il est juste besoin que les gens simples et la justice aient la volonté d’éradiquer la corruption. La corruption peut être combattue grâce à l’implication active des avocats et des citoyens », considère l’avocate.

Selon elle, il faut commencer à apprendre à la jeune génération à respecter la loi depuis l’école, comme le font les Américains. « Je voudrais qu’on apprenne à sourire comme les Américains, car cela transmet des émotions positives. Je voudrais qu’on apprenne à résoudre les problèmes, au lieu de se plaindre. Les Américains sont éduqués à s’aider eux-mêmes, à résoudre leurs propres problèmes, à faire quelque chose, à ne pas attendre. Il faut apprendre à être plus tolérants. Malheureusement, je ne pourrais pas dire que la Moldavie est un pays tolérant. Aux Etats-Unis, on rencontre des personnes de différentes religions, nationalités, minorités sexuelles - chacun trouve sa place ici et personne ne les déteste », explique Violeta Gaşiţoi.

L’avocate constate que la simplicité est une autre caractéristique des Américains. Ils ne sont pas excessivement préoccupés par les choses matérielles, comme le sont les Moldaves. Ils ne se soucient pas de « ce que les autres vont dire ». Violeta aimerait que le système médical de Moldavie soit similaire à celui des États-Unis. Donc, il y aurait beaucoup de belles choses à apporter en Moldavie. En même temps, Violeta considère que la Moldavie a, elle-aussi, de quoi être fière – de ses belles traditions, ses plats traditionnels et son hospitalité.

« La Moldavie est connue comme un pays pauvre où la loi est inopérante, mais j’évite d’en parler aux Américains et je préfère leur parler des beaux endroits de mon pays. Bien sûr, nous aimerions revenir et essayer d’appliquer notre nouvelle expérience dans notre pays. Nous espérons que la situation en Moldavie changera entre temps et le gouvernement comprendra que son devoir est de servir le peuple », affirme l’avocate.

Ce qui manque le plus à Violeta Gaşiţoi depuis qu’elle vit loin de sa patrie c’est ses proches. Elle espère qu’à son retour en Moldavie le pays aura besoin de la contribution de sa famille et elle pense que tout changement doit être fait par nous-mêmes.

D’après un article d’Elena Nistor, publié sur http://www.ipn.md/ro/special/93157

Le 30 août 2018