Le village qui, il y a trois ans, n’avait qu’une épicerie, une église criblée de balles de la Seconde Guerre mondiale et une route centrale goudronnée, compte aujourd’hui huit maisons d’hôtes nouvellement ouvertes, deux restaurants, une ville des chèvres (vous avez bien lu !) et une communauté de gens qui contribuent au développement du village.
La maison des grands-parents respire à nouveau
Petru Bondari est né et a grandi dans le village de Pohrebea. Il est allé à l’école du village et, pour y arriver, il marchait tous les jours dans la boue qui s’accumulaient après chaque pluie. Puis, il a fait des études et a travaillé en Roumanie, ensuite en Ukraine, en Suisse, en Pologne, en Belgique, en France et aux Etats-Unis.
En fait, il est parti à l’étranger avec un objectif clair – gagner de l’argent pour racheter la maison de ses grands-parents que les parents de Petru s’étaient vus contraints à vendre à cause des difficultés financières. « Les nouveaux propriétaires étaient partis à l’étranger et la maison était abandonnée. A chaque fois que je passais aux côtés, je me sentais triste… je me disais qu’il fallait que je la rachète pour la rénover », raconte Petru.
Revenu en Moldavie en 2019, Petru a racheté la maison. Les travaux de rénovation ont duré 8 mois. Finalement, les murs extérieurs de la maison ont retrouvé leur bleu clair et les cerfs jaunes semblent vouloir faire un saut pour se détacher des murs. Depuis 2020, la maison accueille des touristes qui peuvent dormir dans une tente ou sur un grand et spacieux lit-poêle.
Ultérieurement, de nombreuses autres maisons abandonnées et oubliées de Pohrebea ont pris des couleurs et le village est souvent visité par des touristes. « Un villageois a ouvert une gîte, un autre - un restaurant. En plus, un festival intitulé Hodina est traditionnellement organisé ici. C’est ainsi que le processus de développement de la localité a commencé et qu’une communauté de gens a été créée qui, ayant compris que le village avait du potentiel, font de leur mieux pour ne pas le laisser dégrader, d’autant plus que les autorités locales sont à leurs côtés et de nombreux projets d’assistance sont accessibles », explique Petru Bondari.
Un endroit parfait pour admirer le Dniestr
Ion Repida est lui-aussi originaire de Pohrebea. En 2019, il a réalisé son grand rêve : lancer une affaire. « Je ne voulais pas partir à l’étranger, vivre parmi des inconnus, alors que je peux faire quelque chose dans mon pays », dit-il.
Grâce aux projets censés soutenir les promoteurs du développement local, il a acheté une vieille maison située au sommet d’une colline d’où l’on peut admirer le Dniestr. Il a peint les murs extérieurs de vert cru a reconstruit la casa mare. Il a aménagé dix places d’hébergement pour les touristes qui souhaitent passer la nuit dans le village. Il lui reste à rénover la maison jaune et la cave. Ensuite, il va construire une petite terrasse d’où les hôtes pourront admirer le lever ou le coucher du soleil se refléter dans le Dniestr.
Le site des chèvres
A l’orée du village, une palissade en bois enserre un lieu qui semble sorti d’un conte de fées. On y voit des petites maisons colorées, habitées par … des chèvres – 64 au total – qui se promènent dans des ruelles étroites. Les gens y peuvent savourer des plats délicieux et se reposer. Des concerts sont également organisés ici.
Le long de trois ans, huit maisons d’hôtes, deux restaurants, un petit marché agricole, un quai sur le Dniestr, un site des chèvres ont été ouverts à Pohrebea. D’autres gîtes sont en cours de construction, ainsi qu’une école de gastronomie et une école d’entrepreneuriat rural.
D’après un article de Tatiana Beghiu publié sur https://www.moldova.org/pohrebea-satul-care-a-iesit-din-anonimat-in-doar-3-ani/
Le 17 novembre 2022