"Pour moi, cuisiner c’est une façon de montrer aux gens que j’aime à quel point ils comptent pour moi", affirme Marina. Elle croit que sa passion pour la cuisine n’est pas apparue par hasard, au contraire, toute sa vie elle a eu des exemples qui lui ont inspiré cette passion - les femmes de sa vie : sa grand-mère, sa mère et tante Liza - ce sont elles qui lui ont servi de modèles par la façon dont elles savaient réunir la famille à table.
Lorsqu’elle a dû aller à l’université après le lycée, Marina n’a pas eu la possibilité de suivre une école de cuisine en Moldavie, pour la simple raison que ce n’était tout simplement « pas à la mode ». « Ce fait aurait été interprété que j’étais incapable de faire une meilleure école, explique Marina. En plus, j’étais déçue par les empreintes post-soviétiques sur la cuisine moldaves - des fleurs sculptées à partir de tomates, par exemples, où des assiettes décorées de feuilles de persil ».
Elle a donc fini par choisir une faculté de langues et littératures étrangères, puis elle a obtenu une bourse pour étudier en Espagne dans le même domaine, mais elle n’a jamais travaillé un seul jour dans la profession. Après un certain temps, la vie l’a amenée aux États-Unis et l’a mise face à son rêve – elle a reçu une offre d’emploi dans un restaurant deux étoiles Michelin de San Francisco.
Grâce à Marina, des desserts traditionnels moldaves comme « Cușma lui Guguță », « Babă Neagră ca la Nord », le gâteau au miel ont été introduit dans le menu de ce restaurant. Selon elle, les hôtes étaient tout très impressionnés par la saveur, mais aussi par la simplicité de ces desserts – étant informés des composants de chaque plat dans l’assiette, ils appréciaient le fait que c’était un dessert sain.
La créatrice des desserts affirme qu’elle n’a jamais rêvé de devenir pâtissière - elle voulait être chef. Au départ, elle avait une certaine peur de travailler avec la pâte, car elle comprenait que c’était quelque chose de vivant. Finalement, elle a compris qu’en fait c’est la pâtisserie qui l’a choisie.
Au fil du temps, Marina a redécouvert une autre passion : celle du pain cuit avec de la levure naturelle. Cuire du pain est pour elle une façon d’affronter le mal de son pays natal, la Moldavie, et la nostalgie du temps jadis quand sa mère, sa grand-mère et sa tante Liza cuisait du pain.
Marina considère que travailler la pâte et faire du pain c’est une thérapie : « C’est un immense plaisir, cela calme, c’est une sorte de méditation. Vous avez le temps d’écouter vos pensées et votre voix intérieure, c’est votre temps passé avec vous-même et avec le pain que vous créez. Et le résultat final est directement proportionnel aux émotions que vous ressentez. C’est le produit de vos sens.
Grand-mère Parascovia, comme ma mère, lorsqu’elles faisaient du pain, elles prenaient toujours soin de créer un environnement favorable - bonne température, bonnes pensées, des prières. Je ne suis pas une personne religieuse, mais ce souvenir me réchauffe l’âme. Grand-mère, avant de mettre le pain au four, faisait trois fois le signe de croix. Elle disait : « Je demande la bénédiction de Dieu pour que ce pain le lève bien ! ».
Une fois le pain sorti du four, elle disait une prière de remerciement et s’inclinait jusqu’à terre devant l’icône. J’ai raconté cela à plusieurs amis étrangers et j’ai été surprise de les entendre dire que leurs grands-mères faisaient pareil. J’ai été très impressionnée et touchée par ce lien d’âme avec le pain, quelle que soit la nationalité ».
Marina travaille maintenant sur un livre de recettes qui sera en fait une collection de recettes de desserts de son enfance. Elle va expliquer les recettes d’environ 85 desserts traditionnels moldaves, car elle pense qu’ils méritent d’être connus dans tout le monde.
Un autre rêve professionnel de Marina c’est de voir des restaurants moldaves dans le Guide Michelin.
Le 31 octobre 2023
D’après un article publié sur https://diez.md/2020/08/04/foto-povestea-tinerei-patisere-din-moldova-care-a-introdus-baba-neagra-in-meniul-unui-restaurant-michelin-din-san-francisco/
Des desserts traditionnels moldaves au menu d’un restaurant Michelin de San Francisco