De Kasym à Hederlez : traditions des Gagaouzes liées aux fêtes d’hiver

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Les Gagaouzes de Moldavie préservent encore beaucoup de traditions séculaires. D’antan, ils divisaient l’année en deux cycles : printemps-été et automne-hiver. Chez les peuples turciques, cette idée de la division cyclique de l’année repose sur deux fêtes importantes : Kasym et Hederlez. Kasym (célébré, selon le calendrier grégorien, le 8 novembre) marque le début de l’hiver et la fin de la saison pastorale. Après le Kasym, le Noël et le Nouvel An sont les fêtes les plus importantes, mais ces deux fêtes sont célébrées dans les familles gagaouzes selon l’ainsi-dénommé Vieux Style (le calendrier julien).

En fait, les Gagaouzes, en tant que peuple turcique, n’avaient pas de traditions de Noël et de Nouvel An, mais, cohabitant avec d’autres peuples, notamment dans le sud de la Moldavie, ils ont repris des éléments des traditions des peuples avec lesquels ils interagissaient.

Le Nouvel An selon le nouveau calendrier – une fête d’origine soviétique

Les Gagaouzesrestent toujours très attachés à l’ancienne culture soviétique, perpétuant de nombreuses fêtes célébrées en URSS. L’une d’entre elles est le réveillon du Nouvel An, largement lié aux vacances des enfants, raison pour laquelle la fête est toujours populaire parmi les familles nombreuses.

Les traditions de Noël

Les 6 et 7 janvier, les Gagaouzes célèbrent le Noël (Colada). Avant cette fête, on découpe des cochons, dont la peau était autrefois utilisée pour confectionner des chaussures, et la rate – pour faire des prédictions concernant le temps pendant l’année à venir.

A la veille de Noël, les jeunes visitent les villageois et leur chantent des cantiques. A noter qu’autrefois seuls les garçons, les gars et les jeunes hommes mariés pouvaient pratiquer cette tradition.

Quant aux filles, elles avaient leur fête, Suvrakçılar. Les enfants chantent des cantiques dans les maisons de leurs proches de midi au crépuscule, et les hôtes leur offrent du pain en anneau (kolada kolaççı), des gimblettes (kovrik) et des pièces de monnaie. Les adultes (en groupes de 10 à 12 personnes) sortent dans les rues des villages pour chanter des chants de Noël à la nuit tombante. Le plus âgé du groupe est désigné le chef qui se choisit deux aides – l’un pour récupérer l’argent reçu comme offrande, l’autre - les gimblettes.

Le Nouvel An selon le vieux calendrier – une fête de famille

Vu que dans beaucoup de pays ex-soviétiques l’église orthodoxe suit encore le calendrier julien, le nouvel an est célébré, selon le vieux Style, le 14 janvier. Cette fête est accompagnée, elle-aussi, de nombreuses traditions, beaucoup d’entre elles étant inspirées des traditions des autres ethnies vivant dans le sud de la Moldavie. Autrefois, la fête durait trois jours. C’est une fête qui fortifie les liens familiaux, les relations de bon voisinage.

Le soir du réveillon, dans l’après-midi, c’est le temps de Plugusorul(emprunté à la tradition roumaine) - des groupes de garçons sillonnent les villages, le son de leurs clochettes étant attendu par les maîtres de maisons qui les récompensent de gimblettes, noix, bonbons et pièces de monnaie.

Le 14 janvier, les filles célèbrent le premier jour de l’année, selon le vieux calendrier. Elles vont de maison en maison pour féliciter les gens et leur souhaiter une bonne nouvelle année, tout en frappant trois fois le dos des hôtes d’un brin de broussailles. Les maîtres de maisons, eux, ils doivent prendre un morceau de rameau et le mettre dans les nids de la volaille afin d’avoir une année riche. Les offrandes qu’on donne aux filles sont très diverses - des friandises, des poupées, des pièces de monnaie et, dans certains villages, des mouchoirs brodés, des colliers ou des bracelets faits-main.

Le lendemain du réveillon est consacré au bétail (Hayvannarın günü). Ce jour-là, on prend traditionnellement un verre de vin à la santé du bétail. Ce sont surtout les hommes qui se rassemblent pour manger ensemble et chacun offre aux autres un verre de son propre vin, en faisant des vœux pour la santé et la fertilité du bétail.

À la veille du « vieux réveillon », tard dans la nuit, les gars se rendent chez leurs amoureuses pour nettoyer l’étable des animaux (Dam kürümää). Tout doit se faire à l’insu du propriétaire. Le gars est aidé par sa petite amie qui, en qualité de complice, laisse la porte cochère ouverte le soir et guide le gars vers l’étable, s’assurant qu’il passe inaperçu.

D’après un article de Ștefan Bejan publié sur : http://moldnova.eu/ro/intre-kasym-si-hederlez-cum-obisnuiau-sa-se-distreze-gagauzii-timpul-sarbatorilor-de-iarna-26589.html/

Le 23 décembre 2018