Une expérience inoubliable d’immersion culturelle et linguistique (II)

25 votes

Notre portail présente une série de témoignages de quatre étudiants de l’Université d’État de Moldavie, boursiers de l’Agence Universitaire de la Francophonie, qui ont fait des stages professionnels en France, dans des subdivisions d’accueil de la région de l’Ain : le Centre Culturel Aragon d’Oyonnax, le Centre Social et Culturel « Les Épicéas » d’Arbent et le Centre Social et Culturel Jacques Prévert de Bellignat. Nous pensons que ces témoignages seront intéressants pour les jeunes moldaves qui voudraient appliquer pour des stages professionnels francophones, subventionnés par l’AUF.

Partie II : Témoignage de Diana GREC, étudiante en IVe année de licence (anglais-français), à la Faculté des Lettres de l’UÉM

Lire Partie I et Partie III

Je n’ai jamais pensé que j’aurais la chance d’aller en France, dans le cadre d’un projet encourageant l’insertion professionnelle précoce. L’opportunité offerte par l’AUF a radicalement changé ma façon de voir le monde et de penser. Quand j’ai fait ma demande de bourse de stage, je n’avais pas trop d’espoir. Je savais qu’il y avait beaucoup de dossiers de concours et que les candidats étaient très forts. Toutefois, mes professeurs m’ont encouragée et m’ont inspiré de l’optimisme. Cette attitude m’a rendue plus déterminée et compétitive.

J’ai été ravie de ce merveilleux voyage en France ! Le pays, les habitants, les villes, les paysages, les lacs…j’ai tout aimé. M. Guenroc nous a accueillis à Genève et nous avons traversé, en voiture, les paysages de montagne, découvrant pas à pas les mystères de la région. Nous avons tout testé et tout approuvé lors d’un itinéraire captivant, qui nous a amenés dans le Département de l’Ain, dans la région d’Auvergne-Rhône-Alpes. Une chose est sûre : nous sommes tombés littéralement amoureux des Alpes et plus particulièrement, du massif du Jura.

J’ai fait mon stage professionnel au Centre Social et Culturel « Jacques Prévert » de Bellignat-une commune de l’est de la France qui compte environ quatre mille habitants. La diversité de nationalités et d’âges, dans le cadre de la subdivision d’accueil, était impressionnante. J’ai eu l’occasion de travailler avec des enfants d’âges différents, mais ces expériences étaient toujours enrichissantes ! Quel bonheur de connaître la vie dans un cadre culturel différent, d’aider au développement de la communauté, en découvrant une autre culture !

J’ai réalisé, au bout de quelques jours, que mon rythme s’adaptait aux conditions de la vie nouvelle. La peur disparaissait, j’ai commencé à sourire plus et à être contente lors des contacts quotidiens avec le personnel du Centre et avec les enfants. La directrice du centre m’a parlé d’une palette d’activités intéressantes qui permettaient aux enfants de développer leurs talents et leurs compétences. Elle m’a appris à trouver les points forts et les points faibles dans toute relation avec le public jeune. Grâce à cette ambiance conviviale, le centre est devenu pour moi un lieu où je me sentais à l’aise et mon travail s’est transformé en un moment de détente et de découverte.

Être animatrice au centre social et culturel, c’est une grande et passionnante responsabilité… qui s’apprend et se prépare ! J’ai été contente de mettre en pratique mes connaissances et compétences acquises lors des cours universitaires de pédagogie, de psychologie et de français. Nous préparions les activités de A à Z. Les jeux, les activités manuelles, les veillées, les sorties dans les grottes et au bord des lacs faisaient l’objet d’une préparation minutieuse. Nous mettions en œuvre tous les moyens pour permettre aux enfants de s’épanouir dans leurs activités. Nous étions attentifs à ce que chaque enfant trouve sa place dans le groupe. Nous évaluions les enfants lors des activités. Ceci permettait d’adapter encore mieux les animations au groupe.

Au cours des activités d’animation, nous renforcions nos compétences d’interaction avec le public jeune et de gestion d’un groupe d’enfants. J’ai découvert en même temps la psychologie des enfants et la manière de réagir à tout problème apparaissant dans le groupe. J’ai réussi à favoriser des activités créatrices de synergies, lorsque le groupe semblait manquer de cohésion (jeux coopératifs), en utilisant des supports tels que les activités de construction ou les projets artistiques collectifs (dessins, mises-en-scène etc…), lorsqu’un groupe avait besoin d’apprendre à se connaître. J’ai essayé de mettre en place des activités de compétition pour dynamiser le jeune public et d’utiliser l’adversité entre équipes pour créer des cohésions au sein des différents groupes.

En même temps, j’ai mis beaucoup de temps à favoriser les jeux impliquant la prise de parole pour créer du lien entre les participants et moi-même. On changeait parfois de rôles et les enfants devenaient animateurs du groupe - c’est une pratique qu’ils adoraient ! Les activités manuelles m’ont également permis de créer des contacts entre le groupe et moi-même.

Ensuite, le stage m’a permis d’acquérir des savoirs sur la civilisation française, sur l’architecture et les monuments de la région de l’Ain et, plus particulièrement, sur le Monastère Royal de Brou qui est un chef-d’œuvre de l’art gothique flamboyant flamand du début du XVIe siècle. Ces visites m’ont également permis de mieux connaître l’histoire de la France, de découvrir les contextes historiques qui ont favorisé l’apparition de ces monuments. La découverte de la région était une initiative de M. Guy Guenroc, grand voyageur, faisant preuve d’indéniables qualités humaines. Chaque moment de découverte était une révélation : les lacs Nantua et Genin, les cathédrales et monastères de Bourg-en-Bresse, l’excursion en voiture à Lyon et l’aventure du Tour de France ont enrichi notre séjour culturel d’une manière à part !

Enfin, la dimension francophone de ce séjour professionnel supposait, tout d’abord, un intérêt pratique de perfectionnement : entreprendre des observations sur les convergences civilisationnelles des pays et des régions francophones. J’ai observé en quelle mesure les méthodes d’éducation, dans les pays francophones de la région, s’entrecroisent avec celles moldaves et en quelle mesure elles demeurent authentiques. Ce fait donnerait de nouvelles dimensions à certaines stratégies curriculaires : découverte du relativisme culturel et de l’intégration culturelle d’une manière moderne.

Si je devais remonter dans le temps, je pense que je ne changerais rien. La seule chose que je ferais serait de profiter au maximum de mon temps avec les enfants. Je pourrais dire beaucoup plus de choses sur cette expérience inoubliable, mais je crois que les mots n’expriment pas ce que mon âme ressent.

Remerciements :

L’auteure de ce témoignage exprime des remerciements sincères à M. Guy Guenroc, citoyen d’honneur d’Arbent, grand voyageur et médiateur culturel, pour l’aide précieuse fournie tout au long du stage !

Les remerciements vont également à Mme Oxana Capatina, responsable des relations internationales au DLRCI, pour le soutien administratif, juridique et pédagogique et pour l‘aide fournie lors de l’identification de la subdivision d’accueil. Un grand merci à la vice–doyenne de la Faculté, Mme Viorica Molosniuc, pour la disponibilité de répondre à toutes les questions concernant les documents du dossier, fournis par le bureau du doyen !

Diana tient à remercier l’Agence Universitaire de la Francophonie - BECO de Bucarest et Antenne de Chisinau- représentés par Mme Elena Floroiu, cheffe du projet Insertion Professionnelle (BECO), Mme Roxana Turcanu, responsable de l’Antenne AUF de Chisinau et Mme Olesea Simion, cheffe des projets à l’Antenne AUF de Moldavie, pour l’assistance de qualité, à chaque étape du déroulement du stage. Les subsides accordés par cet opérateur francophone lui ont permis d’avoir un séjour enrichissant en France et de s’initier aux stratégies de travail dans une subdivision d’accueil francophone.

Diana remercie de tout cœur Mme Svetlana Bondarenco et M. Igor Popovici, représentants de la diaspora moldave en région parisienne, pour les avoir accueillis, avec son collègue Igor Pistol, dans leur maison de Beaumont-sur-Oise, durant la semaine d’après le stage, leur offrant la possibilité de découvrir la capitale française. Svetlana Bondarenco, ex-étudiante à la même Faculté de l’UÉM, établie actuellement en France, est très sensible aux activités des universités moldaves et soutient avec plaisir les étudiants en stage.

Le 9 décembre 2019