Les femmes roms : entre hier et aujourd’hui

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Iana Duminică provient d’une famille de Romas. Elle habite le village moldave de Chetrosu. C’est une championne de sa famille en matière d’études. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle a été admise au lycée. Quant à la mère d’Iana, Ada, elle n’a fait que huit classes et sa grand-mère - seulement trois.

Des mariages arrangés, sans le droit au refus

Quand elle avait l’âge de sa fille, Ada Duminică rêvait d’être infirmière. Juste après l’école, elle a passé les examens d’entrée au collège de médecine de Bălți, mais elle n’a pas été admise. Elle est rentrée dans son village et, à l’âge de seulement 17 ans, elle s’est mariée, le mariage étant arrangé par ses parents et ceux du marié.

Ada n’a presque pas vu son futur mari avant la noce. « C’était comme ça, à l’époque, les filles roms restaient à la maison, elles ne sortaient pas - ni distractions, ni discothèque, nulle part. Quant au mariage, personne ne demandait à la faille si elle voulait ou pas se marier », raconte Ada.

Son mariage n’a duré que six mois. Les années qui ont suivi après le divorce ont été les seules quand la femme a pu s’investir dans le développement professionnel. Elle a appris le métier de couturière. Le deuxième mari, elle l’a connu par l’intermédiaire de ses amis. Elle n’aime pas trop s’en souvenir- leur vie conjugale a été « épicée » de querelles et de violence. Elle a décidé de mettre fin à ce mariage lorsqu’elle a réalisé que la violence avait un impact non seulement sur elle, mais aussi sur son enfant.

« J’encourage les femmes à ne pas tolérer un mari qui les bat et les humilie »

« J’ai décidé de le quitter et d’élever mon enfant toute seule. J’encourage les femmes à ne pas tolérer un mari qui les bat et les humilie. Je suis sûre qu’on peut se débrouiller. Lorsqu’on te bat, tu perds ta santé et tu peux même perdre ta vie », affirme Ada.

En Moldavie, la plupart des femmes roms ne vont pas au lycée et se marient tôt. « Une fille est considérée comme une personne qui a la responsabilité de faire à manger, de prendre soin de la maison et de faire des enfants. Dans certaines communautés, c’est aussi elle qui gagne de l’argent pour la famille. L’école ne fait pas partie de ce circuit. La fille grandit avec l’idée que sa vie est réduite à la famille, tout comme ce fut le cas de sa mère ».

L’éducation peut mettre fin à cette pratique vicieuse

L’histoire d’Iana Duminică et de sa famille le prouve. Iana est au lycée maintenant et le mariage ne fait pas partie de ses plans pour les prochaines années. Ses études sont une priorité pour elle et sa famille la soutient. Ni sa mère, ni ses grands-parents n’insistent pour que la jeune se marie aussi tôt que d’autres femmes roms. Après le lycée, Iana s’inscrira à l’Université, très probablement à une faculté de langues étrangères pour lesquelles elle a une vraie passion.

Ada, sa mère, s’est inspirée du succès de sa fille et a décidé de s’inscrire, elle-aussi, au cours de langues étrangères. Elle aimerait améliorer son français qu’elle a assez bien appris à l’école, mais aussi obtenir un permis de conduire.

« Les études sont particulièrement importantes pour une femme pour qu’elle sache faire autre chose, en plus de vendre de petites choses. Elle doit avoir un métier, gagner son morceau de pain un peu plus facilement. C’est très important d’avoir ta source de revenus et de ne dépendre de personne. Si tu te maries, tu n’apprends plus, tu as d’autres soucis ».

D’après un article publié sur https://diez.md/2021/04/08/foto-asa-erau-obiceiurile-pe-mireasa-nu-o-intreba-nimeni-daca-e-de-acord-sau-nu-povestea-adei-duminica-de-ziua-internationala-a-romilor/

Le 30 avril 2021