« Je déménage à la campagne », un « effet positif » de la pandémie

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La pandémie de coronavirus a beaucoup changé notre vie, y compris la relation avec notre propre demeure. Certainement, beaucoup d’habitants des grandes villes pensaient à se retirer à la campagne avant la pandémie déjà, mais la pandémie, avec ses conséquences, a été pour beaucoup d’entre eux une impulsion pour prendre une décision en faveur de la vie paysanne, surtout que les plaisirs de la ville urbaine, tels que les théâtres, les cinémas, les concerts sont inaccessibles maintenant en vertu des rigueurs de la distanciation sociale.

Une communauté en ligne intitulée « Je déménage à la campagne – Moldavie » encourage très activement les Moldaves à s’adonner au plaisir de la vie rurale, car « nos villages méritent une seconde chance », et donne des conseils précieux à ceux qui décident d’embrasser la vie à la campagne.

La famille d’Anna Smolnițchi est parmi celles qui, ayant la certitude qu’il est plus facile d’affronter la pandémie dans un village que dans un appartement urbain, s’est mise à la recherche d’une maison à la campagne.

Une petite maison à véranda

«  Mon amour pour le village vient de mon enfance. Mes souvenirs d’enfance sont toujours vivants – je me vois me balader dans les ruelles de Vadul-Rascov, un village qui était pour moi comme une planète à part. J’adore le village et j’ai toujours rêvé d’une petite maison à la campagne. Un jour, j’en aurai certainement une à Vadul-Rascov, mais entre-temps, pour faire facilement la navette, nous avons opté pour une maison qui ne soit pas très loin de la ville de Chișinău où nous habitons », explique Anna.

Sa famille a acheté une petite maison ancienne à Râșcova, un village situé à une trentaine de kilomètres de la capitale moldave. Selon les papiers, la maison date de 1930, mais une voisine jure qu’elle n’a plus de 70 ans. Or, cette dame de 74 ans se souvient qu’elle venait jouer sur le toit de la maison lors de sa construction.

En fait, ce ne sont pas les chiffres qui comptent. « Nous sommes heureux d’avoir trouvé cette maison ancienne située au cœur du Codru. Certains pensent que c’est une idée folle de vouloir la restaurer, mais je ne veux même pas penser à un autre scénario. Je savoure pleinement le processus – à part ma grossesse et la naissance de mes enfants, je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi intéressant et différent de tout ce que la vie quotidienne nous offre ».

Anna a « contaminé » son mari de l’idée de s’impliquer le plus possible dans le processus de rénovation et de laisser leur empreinte partout dans la maison et la cour. Ils travaillent aux côtés des ouvriers - ils ont nettoyé la cour, arraché les mauvaises herbes et coupé les arbres qui ne portent plus de fruits et ne laissent pas les rayons du soleil entrer dans la maison.

«  Cette petite maison coquette, avec sa petite véranda, m’a conquis au premier regard. Le lendemain après avoir vu l’annonce de vente, nous sommes venus la voir et nous avons tout de suite pris contact avec le propriétaire. Nous avons aimé son emplacement, son style architectural, nous avons ressenti une énergie positive inexplicable. Dès le début, j’y me suis sentie chez moi  », raconte Anna.

Les maîtres semblaient être sortis pour revenir dans cinq minutes

La maison gardait un air quelque peu mystique, car rien n’avait été touché après la mort de son ancien maître, père Mitea, décédé un an après la mort de sa femme dont les vêtements restaient accrochés à côté des siens, comme s’ils avaient vécu ensemble jusqu’à leur dernier souffle…

« On avait le sentiment que les maîtres étaient juste sortis pour revenir dans cinq minutes. Le pantalon à pince parfaite était rangé sur le dossier d’une chaise à côté d’une chemise parfaitement repassée. Une robe attendait elle-aussi d’être « emmenée » à la promenade. Que de bon goût dans « casa mare », la grande pièce, celle principale ! Des draps et des serviettes crochetés, de beaux vêtements propres. Croyez-moi, aucune tache ! Je me demande comment faisaient-ils la lessive sans une machine à laver et sans eau courante.

Ils menaient une vie simple. En fait, je crois que la vie simple est un des beaux trophées de la vieillesse. On ne veut que de la paix. Et un appel… de la part des enfants. J’imagine père Mitea, assis sur une grande chaise en bois, composant un numéro de téléphone écrit sur un bout de papier par lui ou par sa femme …. C’était son « coin » à lui, destiné aux coups de fil. Tout près de la fenêtre à travers laquelle on voyait la porte cochère… ».

D’après un témoignage d’Anna Smolnițchi publié sur http://apostrof.md/ne-am-luat-o-casuta-batraneasca-in-sat-si-ne-apucam-sa-o-restauram/?fbclid=IwAR2s4eyw6_keRzaz7HlCnNfF4nU9TqFo28SgdVevMEoqOYFHBsTVMPv04j0

Le 14 août 2020