Coincés entre deux mondes - les migrants moldaves s’acharnent à gagner leur vie

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La crise provoquée par la pandémie de COVID-19 a inévitablement frappé la République de Moldavie - un pays à faible revenu. Un Moldave sur quatre travaille à l’étranger de manière permanente ou temporaire et la pandémie a été un coup dur pour les revenus et la sécurité de demain.

Les migrants circulaires sont parmi les plus touchés : ils vivent entre leur pays d’origine et le pays d’accueil, divisant leur vie en périodes vécues "à la maison" et "au travail". Avec la pandémie de COVID-19, de nombreux travailleurs se sont retrouvés coincés en Moldavie, sans aucune possibilité de retourner travailler à l’étranger pour entretenir leurs familles ou dans un pays étranger, sans pouvoir travailler et envoyer de l’argent à leurs familles, ni être avec leurs proches.

La crise COVID-19 a bouleversé ses plans

C’est également le cas de Cristian, âgé de 31 ans. Diplômé d’une faculté d’administration des affaires, ces derniers 11 ans il se trouve plus à l’étranger qu’en Moldavie, faisant des économies pour lancer une petite entreprise familiale - une boîte de nuit. Cristian travaillait trois mois en Allemagne, dans la construction, puis il revenait en Moldavie pour un mois et s’occupait de son affaire.

« Je suis rentré en Moldavie fin mars pour un mois, comme d’habitude. Lorsque l’état d’urgence a été déclaré, je me suis dit que j’allais réorienter mes efforts pour développer mon affaire. Mais, j’ai eu tort - je ne peux ni ouvrir mon entreprise en Moldavie, ni aller en Allemagne où j’ai un emploi  », explique-t-il.

Cristian et sa famille
Cristian et sa famille

Beaucoup de Moldaves vivent la même incertitude que Cristian, à la fois en Moldavie et hors le pays. En 2019, environ 246 000 migrants moldaves avaient l’intention ou étaient prêts à travailler temporairement à l’étranger. Cela constitue environ 27% de la population active du pays.

Un pays fort dépendant des rémittences

La Moldavie dépend fortement des envois de fonds faits par les migrants. Le salaire brut moyen a été d’environ 370 Euros en 2019, l’un des plus bas en Europe de l’Est. D’autre part, les migrants ont renvoyé 1,9 milliard de dollars en 2019, soit environ 16% du PIB de cette année-là. Ce fait place la Moldavie parmi les 20 pays les plus dépendants de ces envois.

Un quart des ménages de Moldavie auraient vécu en dessous du seuil de pauvreté sans les envois depuis l’étranger. Comme 17% de tous les migrants ont cessé d’envoyer de l’argent en raison de COVID-19, 37 000 ménages moldaves, soit environ 109 000 personnes, risquent de se retrouver sous le seuil de la pauvreté.

Les familles se retrouvent sur l’Internet

Heureusement, certains ont pu garder leur emploi. Anatol Lașcu, un Moldave qui est maintenant en Irlande, a appris les secrets de la préparation d’une pizza et il travaille maintenant 7 heures par jour dans un restaurant. Dû au fait que les produits alimentaires peuvent être livrés, il a du travail. Cependant, le problème, d’Anatol est qu’il ne peut pas rentrer en Moldavie. Pendant un certain temps, il ne pourra voir sa famille qu’en ligne.

«  Je rentrais d’habitude chez ma famille tous les trois mois. Heureusement, j’ai reçu mon salaire et les bureaux de poste fonctionnent, donc au moins je peux envoyer de l’argent à la famille », se réjouit-il.

Des cadeaux qu'on attend en Moldavie
Des cadeaux qu’on attend en Moldavie

La plupart des migrants modaves de sexe masculin travaillent dans la construction, l’agriculture ou les services en Russie, en Israël et dans les pays européens, tandis que les femmes travaillent surtout comme aides familiales et dans le domaine des services en Italie, dans d’autres pays européens et en Israël. Suite à la pandémie, beaucoup d’entre eux se sont vus contraints à travailler dans des conditions précaires, en particulier ceux qui ont un statut non-réglementé - sans un revenu stable, sans accès aux services de santé ou aux prestations sociales dans les pays d’accueil.

Vu l’impact de la pandémie de COVID-19, la Banque Mondiale estime une baisse de 20% des envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire et d’environ 28% - vers les pays européens et ceux de la CEI.

D’après un article de Zinaida Adam, responsable du projet « Migration et développement local », PNUD Moldavie, publié sur https://www.moldova.org/blocati-intre-doua-lumi-migrantii-moldoveni-fac-tot-posibilul-pentru-a-si-castiga-existenta/

Le 24 juin 2020