Quatre années marquantes à Chișinău
Diplomate de carrière et passionnée de photographie, Véronique North-Minca est arrivée en Moldavie en 2006, l’année où le pays célébrait 15 ans d’indépendance. Pendant ses quatre années de mission, elle a sillonné inlassablement les rues de Chișinău, souvent désertes le week-end lorsque les habitants partaient à la campagne.
« Je me promenais les samedis et dimanches, l’appareil photo toujours à la main. Je poussais parfois les portes pour entrer dans des cours, découvrant des choses que d’autres ne voyaient pas. C’était mon plaisir », raconte-t-elle.
Un passé qui émeut et interpelle
Dans son regard de photographe, l’architecture de Chișinău ne se distingue pas par une grandeur monumentale, mais surtout par une force émotionnelle : « J’ai découvert, dans l’architecture, un passé qui bouleverse, qui touche le cœur, car ce n’est pas un passé glorifié comme à Paris, où les monuments historiques brillent de toute leur splendeur. Ici, ce qui m’a profondément émue et atteinte au cœur, ce sont ces maisons traditionnelles, laissées à l’abandon lorsque les habitants partent en quête d’une vie meilleure. Ces belles maisons, pleines d’histoire – où des gens ont vécu, où des enfants sont nés, d’où certains ont été déportés et ne sont jamais revenus – chacune raconte une histoire. Les portes, peintes et repeintes d’innombrables fois, aujourd’hui verrouillées, cachent des secrets. Elles racontent l’histoire de la Moldavie, et cela m’a émue de manière toute particulière. »
Un album de plus de 120 pages
De ses plus de vingt mille clichés, Véronique North-Minca a choisi d’en réunir une sélection dans un album bilingue (roumain-français), témoignage silencieux de son attachement à la ville et à ses habitants.
Elle conclut son ouvrage par une déclaration vibrante : « Tu as su toucher chaque corde sensible de mes émotions et tu resteras à jamais dans mon cœur, Chișinău, mon amour. »
Des liens indéfectibles avec la Moldavie
Quatorze ans après la fin de sa mission diplomatique, la photographe revient régulièrement à Chișinău. « J’ai noué des amitiés qui ne se sont pas fanées avec le temps », confie-t-elle. Elle adore aussi le patrimoine naturel de la capitale moldave : « Les autorités doivent absolument préserver le vert de Chișinău. C’est une richesse qui protège contre la chaleur et apaise. »
Le 8 septembre 2025
« Chișinău, mon amour » : une déclaration en images signée Véronique North-Minca


