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« Maman, est-ce que je me réveillerai demain ?.. »

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Des milliers d’habitants de l’Ukraine - la plupart des femmes, des enfants ou des personnes âgées - traversent la frontière moldave pour fuir la guerre. Certains ont dû marcher pendant plus de 24 heures avant d’arriver sur sol moldave où ils ont ressenti un peu de soulagement. Certaines mères qui ont amené leurs enfants à la frontière, sachant qu’ils seront en sécurité en Moldavie, sont rentrées toute de suite en Ukraine - pour sauver des vies et l’indépendance de leur pays.

La plupart de réfugiés haussent leurs épaules lorsqu’on leur demande où ils ont l’intention d’aller – ils n’ont aucune idée…. Certains souhaitent aller chez des proches qui travaillent dans divers pays d’Europe, la Moldavie n’étant qu’un pays de transit pour eux.

« Maman, est-ce que je me réveillerai demain ? Ils continuent à bombarder. »

« Nous avons beaucoup marché, plus de 10 km. Nous venons d’Odessa. Aujourd’hui encore, ils ont bombardé l’aéroport, hier ils ont tiré sur la banlieue. Un café a été détruit tout près de ma copine. Elle a survécu et ils se sont mis à l’abri dans le sous-sol, mais moi, j’ai décidé de partir. J’ai pris des choses à la hâte et je me suis mise en route avec mon enfant pour le mettre en sécurité. Je ne sais pas quoi faire ensuite. J’ai simplement fui pour sauver la vie de mon enfant. Il a 10 ans. Il se réveillait la nuit et il me demandait : « Maman, est-ce que je me réveillerai demain ? » Qu’est-ce que je pouvais lui dire ? Je ne savais pas. Je n’avais pas dormi 7 nuits, car il y avait toujours des explosions, les sirènes sonnaient sans cesse. On risquait à tout moment d’être une cible », raconte une femme qui venait de franchir la frontière.

Dmitri a été volontaire à Odessa depuis le début du conflit jusqu’au moment quand les bombardements ont commencé à se faire entendre de plus en plus près. Avec sa famille, ils se sont mis en route à 6 heures du matin. Après avoir marché 7 km, sous la pluie et la neige, ils ont poussé un soupir de soulagement quand ils sont arrivés sur le territoire moldave.

« Je viens d’Ukraine, d’Odessa. C’était dangereux, horrible… En fait, j’ai un passeport russe, j’ai donc pu traverser la frontière, mais j’avoue que j’ai honte d’avoir ce passeport, sachant que tous les pays me détestent maintenant. Ma femme est ukrainienne, mais notre enfant a la nationalité russe, lui-aussi. Dans un avenir proche, nous allons changer de passeports et nous allons prendre la nationalité ukrainienne. Je crois que l’Ukraine est un pays indépendant et il doit rester fort et indépendant. Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros !  » a conclu Dmitri.

« Mères russes de fils, je vous en prie, ne leur permettez pas de venir en Ukraine »

Iulia, l’épouse de Dmitri, dit qu’elle a tout laissé dans l’espoir de se sauver. « Chaque matin, je regardais les infos pour voir où il y avait eu une nouvelle attaque aérienne. On vivait dans la peur que le lendemain n’allait jamais arriver. Les enfants ne méritent pas ça. Pourquoi devraient-ils vivre dans la peur ? Beaucoup d’enfants sont morts. Leurs parents ne verront plus leurs sourires et n’entendront plus leurs rires… C’est la pire chose pour chaque mère et pour chaque père - perdre son enfant. Je m’adresse aux mères de Russie qui ont des fils – s’il vous plaît, ne leur permettez pas de venir en Ukraine, ne leur permettez pas de se battre », dit Iulia, larmoyante.

« Je vais chez ma sœur qui habite à l’étranger, j’ai décidé de partir car je veux dormir la nuit. Il a été très difficile d’y arriver, beaucoup veulent venir, tout le monde pleure, tout le monde est inquiet. C’est une période très difficile, personne ne s’attendait à ce qu’un tel malheur puisse arriver à notre pays », dit une autre réfugiée d’Ukraine.

« Toutes les deux, nous rentrons, car nous sommes des médecins »

Alors que certains Ukrainiens s’efforcent à fuir le plus loin possible de la guerre, d’autres, après avoir amené leurs enfants en Moldavie où ils sont en sécurité, retournent dans leur patrie. Deux femmes d’Odessa ont confié leurs enfants à des parents de Moldavie et sont rentrées continuer leur travail de médecin.

« Nous y avons amené nos enfants et nous rentrons chez nous, car nous sommes des médecins. Il y a déjà des blessés dans notre hôpital et il faut préparer les salles d’opérations, car la situation risque de s’aggraver. Bien sûr, nous sommes terrifiées. C’est affreux. Mais, tout ira bien ! Ils ne pourront pas nous vaincre ! », dit une des femmes.

D’après un article de Daniela CALMÎȘ, publié sur https://www.zdg.md/stiri/stiri-sociale/video-fugind-din-calea-razboiului-mama-eu-maine-o-sa-ma-trezesc%ef%bf%bc/

Le 27 mars 2022

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