Cette guerre a provoqué la plus importante crise humanitaire en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. Des millions de personnes - en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées -ont été contraintes de fuir. Des centaines de milliers ont traversé la Moldavie, et une partie d’entre elles ont choisi d’y rester pour reconstruire leur vie, en attendant des jours meilleurs dans leur pays natal.
Quatre jours sur des routes dangereuses
Parmi les milliers de réfugiés ukrainiens, Mariana Iacovenca, 63 ans, originaire de la ville ukrainienne de Snihourivka, dans la région de Mykolaïv, est arrivée en Moldavie deux mois après le début de la guerre et elle vit depuis, avec son mari, dans un centre d’accueil pour personnes âgées et personnes en situation de handicap à Chișinău.
Atteinte d’une maladie incurable, Mariana a fui son domicile avec son époux, Valerii, immobilisé dans un fauteuil roulant, lorsque leur ville a été occupée. « La guerre a commencé, notre ville était déjà occupée. On nous a dit que nous pouvions partir. Le lendemain, nous avons pris la route dans notre vieille voiture. C’était très difficile. Nous avons d’abord essayé de passer par Kherson, mais les bombardements étaient intenses. Nous avons dû faire demi-tour et emprunter d’autres routes. Nous avons roulé pendant quatre jours, et la voiture tombait constamment en panne », raconte Mariana.
Arrivés enfin en sécurité, l’émotion a été immense : « J’ai pleuré de joie comme une enfant d’être en vie. Bien sûr, la maison nous manque. C’est douloureux d’avoir tout laissé derrière soi. Mais être en vie, c’était l’essentiel. »
Le couple a tenté par la suite de retourner en Ukraine afin de régler des formalités administratives, mais les attaques continuaient. « Nous venions d’arriver lorsque nous avons appris qu’un drone était tombé non loin de notre maison, sur des garages. Il y a eu des morts. C’est terrifiant de s’en souvenir. Ici, nous avons trouvé la paix », confie Valerii.
Entre adaptation et nostalgie
Tatiana Tcheaïka, 55 ans, originaire de Dnipro, vit également dans le même centre. Elle s’était réfugiée en Allemagne en 2022, mais sans réussir à s’y adapter. Elle est arrivée à Chișinău l’année dernière, puis elle est retournée en Ukraine, avant d’être contrainte de fuir une nouvelle fois.
« Je me plais ici. Je fais de l’artisanat et j’essaie d’apprendre le roumain. Je peux déjà dire bună dimineața, bună ziua, bună seara … », raconte-t-elle avec un léger sourire.
Mais malgré ce début d’intégration, le mal du pays demeure.
« Ma fille et ma petite-fille sont restées là-bas. Mon frère aussi, et ma mère est toujours en Ukraine. Oui, je veux rentrer chez moi. »
Un refuge en attendant le retour
Aujourd’hui, une trentaine de réfugiés ukrainiens vivent dans ce centre d’accueil à Chișinău, dont près de la moitié sont en situation de handicap. Ils peuvent y rester pour une durée indéterminée.
Selon les données officielles, plus de 135 000 réfugiés ukrainiens se trouvaient en Moldavie au début de l’année 2025. Pour certains, Chișinău n’est qu’une étape. Pour d’autres, c’est devenu un refuge - une maison provisoire - jusqu’au jour où ils pourront, enfin, dire à nouveau : « Nous sommes chez nous. »
D’après un article publié sur https://moldova1.md/p/69554/-am-plans-de-fericire-ca-suntem-in-viata--povestea-refugiatilor-ucraineni-care-si-au-gasit-adapost-la-chisinau
Le 24 février 2026
