D’une longueur totale de 157 kilomètres, cette ligne traverse 35 localités réparties sur huit districts moldaves. Elle a pour objectif stratégique d’assurer une connexion solide et durable avec le réseau électrique européen, renforçant ainsi l’indépendance énergétique du pays et réduisant les risques de coupures d’électricité.
Mais au-delà de son importance stratégique, la ligne Vulcănești–Chișinău est avant tout une aventure humaine. Elle incarne l’engagement de centaines de travailleurs de terrain qui ont assemblé chaque pylône, pièce par pièce, tel un puzzle, sans jamais interrompre les travaux, quelles que soient les conditions météorologiques.
Aujourd’hui, ces équipes regardent avec fierté la ligne qui s’étend à travers les plaines moldaves. Chaque pylône, chaque kilomètre de câble porte l’empreinte de leur travail acharné.
Travailler par tous les temps
« Les travaux se sont poursuivis chaque jour, indépendamment des conditions météorologiques, se souvient Ivan Mereuță, ingénieur sur le chantier. Il y a eu des journées glaciales, avec des températures de –5 à –10 °C, des jours de pluie, de boue, avec des accès extrêmement difficiles. Il fallait parfois recourir à des moyens techniques spéciaux pour atteindre les sites où les pylônes étaient assemblés et montés. Malgré le froid, la pluie et le vent, nous avons réussi. J’en suis fier, et fier de mon équipe. »
Il décrit des journées de travail qui commencent à 7 heures du matin, une organisation rigoureuse des équipes et des tâches bien définies : déchargement des matériaux, assemblage des éléments métalliques, intervention des grutiers et des monteurs spécialisés, dont des alpinistes industriels travaillant à grande hauteur. « Les pylônes sont montés comme un jeu de Lego, mais à des dizaines de mètres du sol », explique-t-il.
« Un pas de travers peut coûter la vie »
Parmi ces travailleurs figure Cristian Pilipeț, originaire du village d’Ilenuța. Spécialisé dans le travail en hauteur, il a gravi des pylônes atteignant 52 mètres. « Avant de monter, on s’équipe minutieusement. Il faut être extrêmement attentif : un seul faux pas peut être fatal. Mais on ressent à la fois une émotion de liberté et un immense sens des responsabilités. J’ai été celui qui a hissé le drapeau pour la première fois sur un pylône, et j’en suis très fier, fier de représenter mon pays. »
Pour lui, ce projet est aussi un symbole positif : « Je suis heureux que de tels projets voient le jour en Moldavie et qu’ils créent des emplois chez nous. Le chantier est parfois difficile d’accès, certains pylônes sont très compliqués à installer, mais ensemble, en équipe, nous trouvons toujours des solutions. »
Donner aux jeunes la possibilité de rester et de construire
Le projet a également permis à de nombreux jeunes professionnels de travailler dans leur pays et d’y développer leurs compétences. Marius Ivanov, électricien, souligne la fierté de participer à un chantier d’envergure nationale : « Je suis électricien de la région de Vulcănești et j’ai travaillé jusqu’aux abords de Chișinău. Nous avons prouvé que nous pouvons nous aussi assumer des tâches complexes et exigeantes. La partie la plus difficile reste sans doute le levage des pylônes. »
À l’approche de son achèvement, la ligne électrique Vulcănești–Chișinău s’impose comme un projet structurant pour l’avenir énergétique de la Moldavie, mais aussi comme le témoignage concret de l’engagement, du professionnalisme et de la résilience de celles et ceux qui l’ont construite.
D’après un article publié sur https://moldova1.md/p/64711/-eu-sunt-baiatul-care-a-ridicat-steagul-prima-data-pe-pilon--oamenii-care-construiesc-linia-electrica-vulcanesti--chisinau
Le 19 décembre 2025


