La Moldavie : le statu quo économique

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Retrouvez ci-dessous un aperçu de la situation économique de la Moldavie, telle que vue par la CCI FRANCE MOLDAVIE dont la mission est d’informer les entreprises françaises souhaitant investir ou réaliser des échanges commerciaux avec la Moldavie.

Après les incertitudes politiques et sociales nées de la crise bancaire de 2014 et des élections parlementaires de 2015, le pays est actuellement dirigé par une majorité dite « pro-européenne » conduite par le Parti Démocrate. Le Président de la République, élu en 2016, est cependant issu du Parti Socialiste.

Les résultats des prochaines échéances électorales de fin 2018 restent incertains, mais le pragmatisme dont font aujourd’hui preuve les dirigeants politiques permettent d’espérer que la situation sociale ne connaîtra pas de nouvelle crise.

Le dossier transnistrien connaît quelques évolutions positives depuis la reprise des discussions entre les parties qui sont liées au besoin d’ouverture de la région vers l’UE. La Transnistrie représente en effet 30% du potentiel industriel de la Moldavie et ses exportations sont largement orientées vers l’UE depuis la crise ukrainienne.

Une situation économique qui s’améliore

D’une manière générale, l’environnement politique, social et économique de la Moldavie s’améliore donc, même si le pays doit encore faire face à de nombreux défis, notamment dans l’amélioration du climat d’investissement, de l’élimination des obstacles pour les exportateurs, de la conversion des transferts d’argent de sa diaspora en investissements productifs et dans le développement d’un secteur financier fiable. Des réformes administratives et judiciaires sont également nécessaires.

Le classement de la Moldavie dans le Rapport Doing Business de la Banque mondiale connaît une amélioration très sensible : classé 55e en 2016, le pays occupe la 44e place en 2017.

La croissance du PIB, négative en 2015 (-0,5%) sous l’effet conjugué de la crise politique, sociale et bancaire, d’une sécheresse, d’une stagnation de la production industrielle et d’une baisse de la consommation des ménages en lien avec la chute des transferts des migrants à la suite de la récession économique en Russie, est repartie à la hausse.

Après la reprise de 2016 (+4,1%), elle s’élève à 4% en 2017 et devrait rester soutenue en 2018, approchant les 4%. Elle est malheureusement encore trop structurellement fondée sur la consommation, elle-même financée très largement par les transferts des migrants (près de 20% du PIB en 2017).

Les chiffres, encore insuffisants compte tenu des retards accumulés, sont néanmoins encourageants dans le contexte régional. Derrière la Roumanie et ses 4,8% de croissance, la Moldavie devance la Biélorussie (-2,6%), la Russie (-0,2%), l’Ukraine (2,3%), la Géorgie (2,7%) ou encore la Bulgarie (3,4%).

L’aide internationale a repris

Fin 2016, l’aide internationale a repris, après deux ans d’interruption, avec le lancement d’un programme FMI (sur 3 ans).

La Moldavie était, jusqu’en 2015, considérée comme le « bon élève du Partenariat oriental », étant le premier bénéficiaire par habitant de l’aide européenne. Aujourd’hui le budget reste sous pression, mais la politique monétaire est graduellement assouplie.

À la suite d’une fraude massive fin 2014, le secteur bancaire continue à rester soumis à une surveillance très serrée de la Banque Nationale dont le Gouverneur est franco-moldave. La capacité de supervision de la Banque Nationale et son indépendance se sont nettement renforcées, rassurant les investisseurs et les bailleurs internationaux.

Le FMI a validé un programme de 179 millions d’USD sur 3 ans, dont 36 millions d’USD décaissés immédiatement. Cela a débloqué, au titre de programmes existants, 45 millions d’USD de la Banque mondiale et 45 millions d’€ de l’Union européenne. Parmi les principaux bailleurs bilatéraux, la Roumanie a débloqué un prêt de 150 million d’€, annoncé dès 2015, progressivement déboursé à partir de 2016.

Des finances en voie de consolidation

La monnaie moldave (leu) s’est dépréciée de 35% sur 2014-2016 dans le sillage de la dépréciation des monnaies des pays partenaires (rouble russe et grivna ukrainienne) et de la crise bancaire. Elle s’est appréciée en 2017 (+15,4% face au dollar). La politique monétaire est assouplie graduellement, mais l’inflation reste contenue globalement dans la limite haute du corridor-cible (6,5% pour l’année 2017). Elle devrait rester contenue aux alentours de 5,3% en 2018.

La dette publique a atteint 44,2% du PIB fin 2016 contre 35,4% fin 2015. Le gouvernement avait mené une consolidation budgétaire en 2015, faute de financements internationaux, alors que les recettes fiscales baissaient en raison de la crise économique. Cet effort de consolidation s’est poursuivi en 2016, avec un déficit budgétaire exécuté à hauteur de 2,4% du PIB (contre 3,1% prévus).

Le secteur privé représentait 65% du PIB en 2010. Des privatisations d’actifs de taille significative sont évoquées (télécommunications, compagnie aérienne, électricité), mais n’aboutiront pas avant les élections de 2018.

Source : http://www.ccifm.md/

Le 15 mai 2018