Ça roule entre le lycée Marcel-Callo et la Moldavie

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Nés en 2002, les échanges entre Marcel-Callo et la Moldavie s’accélèrent cette année. Avec deux Moldaves scolarisés au lycée et un joli cadeau : une Pobeda, véhicule russe des années 50.

Article repris sur le site http://www.redon.maville.com/actu/actudet_-%C3%87a-roule-entre-le-lycee-Marcel-Callo-et-la-Moldavie-_loc-751415_actu.Htm

La Moldavie ? Non, ce n’est pas un pays imaginaire tiré d’une aventure de Tintin. Au lycée Marcel-Callo, on connaît même très bien ce petit pays de 4,3 millions d’habitants, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine.

Depuis 2002, des liens se sont créés entre l’établissement redonnais et le lycée des transports de Chisinau, capitale de la Moldavie. « Nous menons des actions de solidarité, avec de l’envoi de matériels automobiles, et d’échanges », précise Vincent Maisonneuve.

Une ouverture sur l’Europe

Le directeur de Marcel-Callo l’affirme, « nos élèves sont revenus transformés de leur séjour là-bas. C’est une incroyable leçon d’histoire dans un ancien pays de l’Empire soviétique. » Les Moldaves trouvent, quant à eux, un soutien logistique et, surtout une ouverture sur l’Europe. Une filière bilingue s’est ainsi créée au sein du lycée de Chisinau.

Depuis la rentrée, deux jeunes Moldaves sont même scolarisés à Redon : Mihail Tonoicenco et Tudor Leonte. « C’est une autre vie, une autre culture, une autre mentalité. Vous, les Français, vous aimez bien parler », remarque Mihail. En plus de leurs découvertes quotidiennes, les deux Modalves peuvent mettre en pratique leurs connaissances.

La Pobeda à Lohéac

« Sur le théorique, ils sont très forts. Mais ils n’ont pas les modèles pour travailler sur place. Ils sont toujours tournés vers l’Est », note Didier Carrette, un des quatre professeurs à participer aux échanges. Car si des Mercedes ou des Volvo roulent aujourd’hui sur les routes moldaves, le lycée de Chisiniau doit encore composer avec des modèles de l’ancienne URSS.

Il le fait plutôt bien d’ailleurs puisque plusieurs élèves ont remonté de A à Z une Pobeda, ancien véhicule russe des années 50 : deux tonnes, 15 litres au 100… « Podeba, cela veut dire victoire en russe. C’était un modèle de luxe à l’époque », assure Mihail Porumbrica, directeur adjoint du lycée des transports de Chisinau.

De gauche à droite : Vincent Maisonneuve, directeur du lycée Marcel-Callo ; Boris Russu, directeur de lycée des transports de Chisinau, et Mihail Porumbrica, adjoint, devant la Pobeda. Une voiture russe retapée de A à Z par des élèves moldaves.
De gauche à droite : Vincent Maisonneuve, directeur du lycée Marcel-Callo ; Boris Russu, directeur de lycée des transports de Chisinau, et Mihail Porumbrica, adjoint, devant la Pobeda. Une voiture russe retapée de A à Z par des élèves moldaves.

Avec une délégation de huit jeunes Moldaves et son directeur, Boris Russu, il a fait le voyage depuis Chisiniau pour offrir cette antique voiture au lycée Marcel-Callo. « Nous avons parcouru 3 300 km. En Hongrie, en Autriche ou en Allemagne, on nous a fait des offres pour acheter la Pobeda, sourit Mihail Porumbrica. Tout le monde était surpris de voir ce véhicule ».

La Pobeda a été officiellement remise au lycée, hier après-midi. Un cadeau de remerciement. « Cet échange, c’est une ouverture d’esprit pour nos jeunes. Ils découvrent ici la liberté de réfléchir », témoigne Mihail Porumbrica. Le périple de la Pobeda n’est pas achevé pour autant. Elle doit prendre, ce matin, le chemin de Lohéac où elle doit rejoindre le musée de l’Automobile.

Philippe MATHÉ. Ouest-France