La Cité du Vin de Bordeaux n’est pas un simple musée. C’est le temple mondial du vin — un espace interactif où des dizaines de milliers de visiteurs viennent chaque année pour découvrir, goûter et comprendre la culture du vin à travers le monde. Et depuis 2026, deux cépages moldaves y ont leur place dans l’exposition permanente : la Feteasca Alba et la Feteasca Neagra.
La nouvelle a été annoncée par le Bureau National de la Vigne et du Vin de Moldavie. Ces deux variétés autochtones moldaves sont désormais présentées aux côtés des cépages les plus emblématiques du monde — Cabernet Sauvignon, Pinot Noir, Riesling, Tempranillo. En d’autres termes : la Moldavie s’installe sur la carte mondiale du vin.
La Feteasca, c’est quoi ?
Ce sont deux des cépages les plus anciens et les plus identitaires de Moldavie — cultivés depuis des siècles dans les collines douces entre le Prut et le Dniestr. La Feteasca Alba — littéralement « la jeune fille blanche » — donne un vin blanc délicat, floral, très aromatique, avec une belle fraîcheur. Parfait à l’apéritif ou avec des poissons. La Feteasca Neagra — « la jeune fille noire » — produit un rouge fruité et épicé, avec des notes de cerises et de mûres, des tanins fins et une belle longueur en bouche. Elle est souvent comparée aux grands vins du sud de l’Europe, mais avec une personnalité bien à elle. Ces deux cépages poussent en Moldavie depuis plus de 2 000 ans. Ils ne ressemblent à rien d’autre — c’est précisément ce qui intéresse aujourd’hui les amateurs de vins originaux.
Déguster moldave à Bordeaux
La présence moldave à la Cité du Vin ne se limite pas à l’exposition. Des ateliers et des dégustations panoramiques sont organisés au Belvédère — le bar au 8e étage avec vue à 360° sur Bordeaux — avec des vins sélectionnés par les meilleures maisons moldaves pour 2026 : Radacini, Chateau Vartely, Castel Mimi, Fautor Winery, Vinaria din Vale, Salcuta et d’autres.
Un pays de vin qui se réveille
La Moldavie produit du vin depuis plus de 5 000 ans — bien avant la France, bien avant l’Italie. À l’époque soviétique, une bouteille de vin sur deux consommée en URSS venait de Moldavie. Puis l’embargo russe de 2006 a tout bousculé : les producteurs moldaves ont dû se réinventer, chercher de nouveaux marchés, améliorer leur qualité. Aujourd’hui, les vignobles de Cricova s’étendent sur 120 kilomètres de caves souterraines. Les domaines comme Purcari ou Castel Mimi remportent des médailles internationales. Et les cépages autochtones — Feteasca, Rara Neagra, Viorica — séduisent de plus en plus les sommeliers curieux d’originalité. Bordeaux vient de le confirmer : le vin moldave n’est plus un secret bien gardé.

