Ionel Manciu : « Le violon est comme une femme - il aime l’attention »

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Ionel Manciu, un jeune musicien moldave, a cueilli des applaudissements sur des scènes réservées aux grands de la musique classique - au prestigieux Carnegie Hall à New York et au Barbican Hall à Londres, tout comme au Royal Concertgebouw à Amsterdam. Son activité artistique est en plein essor et la plupart de ses collaborations et concerts sont d’un profil élevé.

Ionel Manciu est né dans la ville moldave de Tighina. Comme tout futur musicien, dans son enfance, il a dû faire des choix, parfois un peu difficiles, en faveur du piano ou du violon pendant que ses amis jouaient au foot, par exemple, mais il ne le regrette point.

A l’âge de quatre ans déjà, il chantait et participait à diverses émissions TV et concours et à l’âge de sept ans, il a commencé à apprendre le violon. Il reconnaît que ce ne fut pas le coup de foudre, mais il ne peut pas imaginer sa vie sans le violon maintenant .

« Voué à la musique »

Né dans une famille de musiciens, toute cellule de son corps contient « l’ADN du talent » qui se transmet de génération en génération chez les Manciu.

Si je disais que le destin ne nous a pas doués de talent, ce ne serait pas vrai. Si je disais que le talent est le fondement des réalisations des Manciu, ce ne serait pas vrai non plus. Notre succès n’aurait pas été possible sans ce que nos parents ont fait pour nous. Ce sont eux qui nous ont guidés et ont cru en nos forces même quand nous-mêmes nous étions sur le point de perdre l’espoir.

En fait, je crois au talent, je crois à l’idée que certaines personnes ont plus de talents que d’autres, mais le talent demande beaucoup de travail, il faut le développer et le perfectionner. Ce n’est qu’alors que le destin devient généreux. C’est peut-être pour ça qu’on dit que « l’homme est l’artisan de sa propre destinée ».

Le chemin vers la Grande Bretagne

Un bel avenir lui était prédestiné en Moldavie, mais son succès a débordé des limites du monde musical moldave. Ionel Manciu ramasse des lauriers en Grande-Bretagne où, il y a huit ans, il a gagné une bourse d’études. En fait, il avait l’intention de faire des études en Allemagne ou en Finlande, mais la destinée lui a réservé une autre voie.

En 2012, il a participé à un concours de musique de chambre en Bulgarie. Parmi les membres du jury, il y avait un professeur de l’Ecole Supérieure de Musique de Londres qui a été fort impressionné par le talent d’Ionel et lui a proposé de donner ensemble un concert à Chisinau. Chose dite, chose faite - quelques mois plus tard, le concert a eu lieu à la Salle d’Orgue de la capitale moldave et, après l’événement, le musicien de Grande-Bretagne l’a invité aux auditions, à Londres. Ces auditions lui ont apporté une bourse d’études à Guildhall School of Music and Drama de Londres où il est disciple d’un des meilleurs professeurs de violon. « J’ai la chance d’avoir un des meilleurs professeurs de violon du Royaume-Uni et peut-être d’Europe, sinon du monde ! », affirme Ionel.

La relation avec Londres

« J’ai eu du mal à m’adapter à Londres, vu la différence de climat, de culture, de nourriture, mais j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont accompagné lors de la première partie de mon séjour à Londres ce qui m’aidé à finir par l’accepter. En plus, comment ne pas céder à une si belle ville ?!

Au cours des 3 années, depuis que j’y suis, j’ai avancé et j’ai beaucoup appris. J’ai des professeurs de très haut niveau qui trouvent toujours quelque chose de nouveau pour moi. J’ai vu combien les gens aiment la musique classique et cela m’a fait aimer encore plus ce que je fais.

Londres m’a apporté du bonheur et m’a inspiré la confiance que si je continue à travailler, je trouverai une place sous le soleil dans le domaine que j’aime – la musique classique ! »

« Le violon est comme une femme »

Ionel associe le violon à une femme : « Je dirais qu’un violon est comme une femme - il aime l’attention. Si vous oubliez le violon, alors le violon vous oublie. Le violon aime être caressé avec l’archet – cela le fait produire de doux sons. Le violon peut exprimer les sentiments les plus douloureux, mais aussi les plus heureux. La femme, elle-aussi, peut créer les souvenirs les plus douloureux, mais aussi les plus beaux.

Comme une femme, le violon peut changer d’humeur en un instant : il peut pleurer et soudain sourire.

Le violon est une énigme, tout comme la femme : on l’explore comme un royaume inconnu et quand on a impression de le connaître, on s’aperçoit qu’on ne la connaît presque pas.

Or, il faut qu’on aime un violon, comme on aime une femme !  »

Les violons caressés par Ionel Manciu

«  Si je me souviens bien, j’en ai eu 6. Évidemment, mon premier violon est resté dans ma mémoire, car le premier violon est comme le premier amour : on ne l’oublie jamais. Je pense cependant qu’il faut se dévouer à l’instrument dont on joue à présent, car c’est seulement de cette façon qu’on peut connaître ses secrets et mettre en valeur ses capacités maximales ».

Les aspirations de Ionel Manciu

« Mon rêve est de rentrer en Moldavie et d’enseigner le violon au lycée où j’ai fait mes études. Mais qui sait, la vie est imprévisible. Ce qui est certes c’est que je veux devenir un musicien de qualité et, pourquoi pas, laisser une trace dans le monde de la musique  ».

Le 29 juin 2020