« Du ciel bleu »

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« Du ciel bleu » - c’est le titre d’un recueil de poésies écrites par Inga Dohotaru, journaliste d’origine moldave. Paru aux Editions Saint Honore, le livre est disponible dans les réseaux de distribution FNAC.COM, AMAZON. COM, CHAPITRE. COM.

Le livre décrit les tourments d’une personne qui se voit obligée d’habiter une ville sombre et grise, mais qui essaye de surmonter ces malheureux moments, en faisant recours aux souvenirs d’un passé plus heureux et aux sentiments d’amour.

« Ce livre est un hommage à l’amour. Il est dédié à mon mari et à la langue française dont je suis amoureuse depuis mon enfance », affirme Inga Dohotaru.

Voici quelques poèmes extraits du recueil « Du ciel bleu ».

La ville impossible

La fenêtre ouverte sur la cour Les arbres tous pleurent autour
Des maisons grises et pas couleur cerise essayent de s’imposer De me fasciner
Je cours je ne veux pas rester dans cette rue morose Sous le ciel d’acier sous les étoiles de plomb
Des passants avancent comme dans les catacombes Et moi j’évite de soulever mes yeux
Vers un futur qui m’affronte.
 
Moi je me vois grandir à la hauteur des nuages après Quelques jours je me transforme en fumée
Derrière des générations avancent on les attend à se soulever Elles auront le courage de chercher à connaître la vérité Chaque fois une vague s’élève et les met en danger
Ils veulent dépeupler le monde des gens éveillés Des fantômes sans intérêt
Passent dans ces rues sur ces pavés.

Amour encore

Amour comme un feu Brasier, s’est-il éteint ?
Oui, je m’en souviens, je suis coupable d’avoir rejeté nos aventures par la cheminée
Oui, je suis coupable de m’être révolté
Oui, contre ce silence et ces persécutions cachées, qui le sait qui les voyait ?
On est des rejetés, on est oubliés ici Dans ce pays sans souvenirs ni regrets
On fait ce qui nous semble bon ou mauvais, on fait Qui m’a vu et s’est tu ?
Vous cherchez à présent à sortir les souvenirs des cendriers, tandis que le jour même c’était encore un l-o-n-g silence
Questionnez ces belles années quand nous ne nous sommes jamais parlé
Allez trouver la réponse dans l’absurde d’une douleur Dans l’impossible
Comment pourrais-je vous aider ? Je n’ai pas d’objections J’AIMAIS…

Vérité

C’est un miracle qu’on a inventé la langue française Au moins on pourra dire encore la vérité –
Ils font grandir leurs enfants de notre sueur et notre sang ne leur suffit pas pour abreuver leur bétail et ils bâtissent des trônes et des tours et des murs épais s’entourent
Et achètent des fauteuils de plumes confortables en nous rendant esclaves
Notre pain est sur leurs tables – les serviteurs de quel seigneur ? Et nos paroles sincères se noyant dans la gorge
D’un signe de main ils nous montrent le chemin ; la hauteur de la respiration
Au bout du sentier nous attend une vie de paradis, une vraie, disent-ils
Mais certains ne voient que la nuit
Et nos pas en avançant comme des endormis – c’est quoi au bout de cette nuit ? Encore une tyrannie ?
Un despote en philosophant compte encore les âmes pas l’argent avec Staline à côté des morts ressuscités et pardonnés
On n’entend depuis des années aucun mot humain que des menaces et des silences
Je croyais qu’un monde se faisait autrement, pas seulement en prêchant la fin du monde sans salut sans Sauveur ?
Sans leurs drogues nous tombons comme des mouches par terre Ils nous dérobent le temps réservé à l’amour et nous couronnent comme au feu
Quand une maladie nous attrape
Ils ont le pouvoir de nous faire le bien et celui de nous rendre fous
 
…/…
 
De regarder d’en haut notre souffrance et d’en faire un spectacle Ils nous servent du poison en criant que c’est du poisson péché dans le Pacifique
On m’a pris en otage il y a déjà presque un siècle Et ma jeunesse je l’ai pleurée en prison
Les murs tombés…
J’ai préféré ces ruines à la place de leur cortine et de leur farce cachée Où le metteur en scène manque tellement d’idées qu’il place les vies en danger
Et sacrifie les enfants pour son si peu de talent
La pièce dure des millénaires, les spectateurs meurent d’ennui
Et les acteurs ne tiennent plus debout en répétant les mêmes mensonges
Quand il faudrait tout simplement dire la vérité de la propre voix de celui ou ceux qui font de notre peau une monnaie pour du pouvoir se procurer
Et de mes larmes de diamants à acheter leur paradis
Je gaspille mon temps et ma vie à voir leurs bouffonneries
Des femmes tellement intelligentes les applaudissent bruyamment J’ai préparé toutes les armes avec lesquelles je leur fais la guerre C’est une humiliation pour moi
Je préfère écouter les rossignols ou les chansons des pies.

Le 5 décembre 2020