Doina Munteanu est fonctionnaire à la Direction des affaires scolaires de la Mairie de Paris. Elle est spécialiste en ingénierie pédagogique et hôtellerie internationale, formation, organisation de cours pour adultes travaillant dans les écoles.
Doina provient d’une famille de migrants de Moldavie. « Je suis née dans la ville moldave de Edinet et j’ai grandi à Chisinau, dans la capitale. Ma mère est une ancienne employée du Ministère des Finances. Il y a 20 ans, elle a émigré en Italie et habite maintenant Rome. Les raisons de son auto-exile sont, évidemment, de nature financière. Mon frère est parti à l’étranger suite à la procédure de réintégration familiale. En Europe, il a passé le BAC et a étudié le droit à l’Université Sapienza. Moi, j’ai fait mes études à l’Université de la Sorbonne, la plus célèbre université française. Mon frère a 33 ans, moi, j’ai 42 ans et ma mère a 65 ans. Nous sommes tous dans divers endroits du monde », explique Doina.
La jeune parisienne originaire d’Edineț considère que les gens de l’Est sont appréciés en Europe pour leur capacité à s’adapter, à apprendre vite, pour la responsabilité et le sérieux. « Le fait que nous parlions plusieurs langues étrangères est évidemment un atout », note Doina qui a trouvé un emploi dès son arrivée en France, même si elle ne parlait pas français à l’époque.
Titulaire d’un diplôme en relations internationales obtenu à Chisinau, elle décide de poursuivre ses études à la Sorbonne, en France. Aujourd’hui, elle a une licence de lettres, littératures et civilisations étrangères. Elle a travaillé pour Figaro Live et TV5 Monde, des activités passionnantes, qu’elle a dû abandonner pour élever ses deux enfants.
Pendant le congé de maternité, Doina s’est préparée au concours d’accès à la fonction publique dans le domaine de l’éducation. Or, croit-elle, dans une métropole avec une population importante, les opportunités sont nombreuses : « Les employeurs recherchent la rentabilité, donc ils veulent des employés atypiques, talentueux et innovants. Il n’y a pas de place pour les relations et les amis si vous voulez être compétitif et réussir. C’est une fierté d’être parisien. Il y a même une mentalité parisienne », croit Doina.
Après un concours de recrutement, elle a été employée à l’Académie des langues étrangères de Paris. « Nous faisons de l’ingénierie pédagogique. Nous concevons des projets tels que « Highland Games », « Alice au pays des merveilles » et des étudiants de tout Paris viennent chez nous pour une semaine d’immersion. Nous formons les enseignants, les éducateurs sur les méthodes ludiques d’enseigner l’anglais. Dans cette académie, les enfants jouent, font du théâtre, dansent, dessinent, font du sport. C’est une expérience inédite ! ».
Doina ne pense pas à revenir vivre en Moldavie, car, croit-elle, cela compromettrait l’avenir de ses enfants, qui sont à moitié français : « Peut-être que je reviendrai juste pour des cours de tissage. Je planifie un voyage avec mes enfants et plusieurs amis français. Nous ferons d’abord un tour de la Roumanie, puis de la Moldavie. A part cela, j’aimerais pouvoir aider des écoles et jardins d’enfants de Chisinau, organiser des échanges entre les enfants moldaves et des enfants parisiens ».
Toutefois, à part Paris, où Doina a des endroits qu’elle aime beaucoup, comme le Jardin du Luxembourg et le Musée d’Orsay, elle a aussi des endroits qui lui sont très chers en Moldavie, comme la maison de ses grands-parents dans le village de Chetroșica Nouă où Orheiul Vechi qu’elle considère comme un endroit spécial, car il a une énergie particulière qui stimule la contemplation et la méditation.
D’après un article d’Aneta Grosu publié sur https://www.zdg.md/stiri/oameni-edinet-paris-distante-si-diferente-vive-la-meritocratie/
Le 28 février 2025
Edineț-Paris : des distances et des différences
