Née en Moldavie, dans la forêt de Codreni au sud de Chișinău, Oxana Cretu a grandi dans une ferme isolée où vivait son grand-père, garde forestier, selon le récit qu’en fait Rue89 Bordeaux. Le média bordelais rapporte qu’elle a passé plusieurs années dans ce cadre rural pendant que sa mère, victime d’un accident de la route, restait plusieurs mois dans le coma. C’est dans cet environnement, marqué par l’autosuffisance et les gestes artisanaux (traite, fermentation du beurre, cuisson du pain de maïs), que la future cheffe aurait développé son rapport aux produits bruts.
Arrivée en France à 21 ans comme jeune fille au pair, sans parler français à l’époque, elle s’installe à Bordeaux et se forme progressivement à la restauration, toujours selon Rue89 Bordeaux. En 2018, elle ouvre son propre établissement rue du Palais-Gallien, sous le nom de Cro Magnon, avec une cuisine axée sur la viande cuite sur pierre de sel — un concept revendiquant une filiation avec des pratiques culinaires ancestrales. Le Guide des Gourmands relève cependant que ce format finit par contraindre la créativité de la cheffe, qui fait évoluer son restaurant vers des menus dégustation en cinq ou sept services.
En 2024, l’établissement change de nom pour devenir Inima — mot roumain signifiant « de tout cœur ». Selon Rue89 Bordeaux, ce changement d’enseigne s’accompagne d’un repositionnement : passage d’une carte bistronomique à une cuisine gastronomique, avec l’objectif affiché d’une première étoile au Michelin.
D’après le Guide des Gourmands et Chefs & Gastronomie Magazine, la carte d’Inima associe des plats inspirés de l’enfance moldave de la cheffe, comme la Zeama (soupe traditionnelle acidulée à base de volaille et légumes), à des influences japonaises plus contemporaines — un nuage de lait matcha au concombre et poivre du Sichuan figurant parmi les créations les plus citées par la presse spécialisée. L’usage récurrent des fleurs dans ses plats est également mentionné comme une signature de sa cuisine.
Chefs & Gastronomie Magazine détaille par ailleurs l’équipe du restaurant, qui compte une vingtaine de couverts : un chef de salle et un sommelier d’origine colombienne, qui met en avant des vins moldaves aux côtés de références plus classiques. Le domaine Fautor, situé dans le sud de la Moldavie et présenté par le magazine comme la cave la plus primée du pays à l’international, y est cité comme l’un des producteurs proposés à la carte des vins.
Le site de la ville de Bordeaux a par ailleurs consacré un article à Oxana Cretu dans le cadre d’une communication sur la place des femmes dans les métiers de la cuisine, secteur où les postes de cheffe restent minoritaires. Née en URSS de parents ukrainiens, elle y est présentée comme un exemple de parcours pour les femmes engagées dans la gastronomie.
