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« Moi, j’ai tué Hitler » - des histoires qui font rire sans avoir des sujets amusants

Grève de la faim, trottoirs occupés par les manifestants, mairie prise d’assaut. Mais aussi un étudiant qui séduit l’amante de son professeur. Des poings levés, des manifestations violentes, des accusations scandées par la foule contre le gouvernement. Puis une vieille se cachant pour retrouver son amoureux, la noce chez les mafieux, un assassin sans scrupule, un médecin criminel. Quelques poulets picorant des tomates. Les histoires de Dumitru Crudu nous restituent tout le fourmillement de la vie d’aujourd’hui, dans un langage savoureux, avec une verve et un humour que l’on partage dans le sourire et l’émotion.

Cette annotation parle du recueil de récits intitulé « Moi, j’ai tué Hitler » de l’écrivain moldave Dumitru Crudu qui vient de paraître aux Editions Harmattan de Paris. La traduction en français a été faite par Benoit Vitse, ancien directeur de l’Institut culturel français de Iasi.

« C’est un volume à plus de 200 pages. Le livre est préfacé par l’écrivain et traducteur Jan Mysjkin. Le titre de la version en français du livre -« Moi, j’ai tué Hitler » - est différent du celui en roumain (Salutări lui Troțchi - Des salutations à Trotsky), mais c’est le même livre, en fait. C’est le traducteur qui a proposé de changer de titre, s’étant inspiré d’un récit de ce recueil. Mais on n’y parle pas d’Hitler. C’est le surnom d’un mafieux de Chișinău.

Pour moi, la rencontre avec Benoit Vitse a été décisive. Antérieurement, Benoit avait mis en scène ma pièce « Le’élection d’Alexandre Soutzo »  », a fait savoir Dumitru Crudu.

C’est le premier livre de Dumitru Crudu à paraître en France. Voici ce qu’en écrit la critique littéraire Gabriela Gheorghișor :

« Ces histoires font le contour du contexte socio-politique en République de Moldavie dans la période récente et actuelle : de l’instabilité politique et le mécontentement des pro-occidentaux (réunions, protestations), des disparités sociales (des fonctionnaires, écrivains et retraités pauvres, mais des voyous avec les poches pleines d’’argent et procureurs opulents et douteux), les mass-média transformés dans une matraque pour les opposants de leurs patrons, la lutte pour la survie (y compris en faisant succomber des amis), des mercenaires militaires au service des Russes. Un monde encore primitif qui se noie dans la vodka et dans la boue (au sens propre comme au figuré) se fait entrevoir dans de nombreuses pages. Un homme est tué d’coup de fusil dans un bois par des fêtards, une vieille femme est battue à mort à cause de ses poulets qui ont picoré les tomates des voisins (le médecin ayant refusé de la faire hospitaliser d’urgence), un gars qui rentre de Russie est pillé et tué, un fils vole ses parents. Le bureau de vote pour les élections législatives est fermé pendant une demi-heure dans un village, car les membres du bureau se rendent à des funérailles. Des chauffeurs de bus, mécontents de ne pas avoir été autorisés à augmenter la taxe, vandalisent la mairie ».

Donc, invitation à la lecture pour mieux comprendre une réalité en quelque sort incompréhensible.

Pour ce livre, Dumitru Crudu a reçu le prix « Ion Creanga » de l’Académie roumaine.

Le 1 juin 2021

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