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Les Visages de la Moldavie : cinq années d’amitié franco-moldave entre Lorient et Bălți

De l’accueil de lycéens moldaves à Lorient en 2022 à un long-métrage documentaire achevé en 2026

Tout commence à Lorient, en 2022, par l’accueil de jeunes Moldaves dans le cadre d’un échange scolaire. Quatre ans plus tard, cette rencontre est devenue un long-métrage documentaire. Avec Les Visages de la Moldavie, Ronan Tabourel raconte cinq années d’échanges, de francophonie et de solidarité entre Lorient et Bălți, sur fond de guerre en Ukraine et de profondes transformations de la société moldave.

De Lorient à Bălți, une histoire avant tout humaine

Avant d’être un documentaire consacré à la Moldavie, Les Visages de la Moldavie est d’abord l’histoire d’une rencontre.

En 2022, alors qu’il est encore étudiant en BTS CRSA au lycée Colbert de Lorient, Ronan Tabourel choisit de s’investir dans l’accueil de jeunes étudiants venus de Moldavie. Leur séjour est rapidement bouleversé par le déclenchement de la guerre en Ukraine, mais cette situation difficile contribue aussi à rapprocher les participants.

Accueil des lycéens moldaves à l’Hôtel de Ville de Lorient. Photo : Les Productions de l’Intrépide

De cette première expérience naissent des amitiés qui vont se prolonger bien au-delà de l’échange scolaire. Ronan Tabourel reste en contact avec les élèves moldaves, leur enseignante de français Ina Lisnic du Collège Polytechnique de Bălți et Renaud Thomas, coordinateur français particulièrement impliqué dans le partenariat avec le lycée Colbert.

Au fil des années, de 2022 à 2025, le jeune Lorientais accompagne bénévolement plusieurs promotions d’élèves. Ces séjours successifs lui permettent de découvrir la Moldavie, mais surtout de nouer des relations avec celles et ceux qui font vivre ces échanges.

Il rencontre notamment Maia Guţu, professeure de français du Collège de Médecine de Bălți engagée auprès de ses élèves, ainsi que Christian Olès, coordinateur des échanges avec l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFPS) de Lorient. À leurs côtés, d’autres acteurs comme Luc Picard et Véronique Lescop participent à cette chaîne de solidarité entre la Bretagne et la Moldavie.

Peu à peu, derrière les échanges scolaires, se dessine une histoire plus large : celle de personnes qui, malgré la distance, les différences culturelles et un contexte géopolitique devenu particulièrement instable, continuent de construire des liens.

« Fais ton film » : quand une expérience devient un projet documentaire

Passionné de cinéma depuis son plus jeune âge, mais issu d’une formation technique, Ronan Tabourel n’avait pourtant pas prévu de se lancer immédiatement dans la réalisation d’un long-métrage.

Le déclic intervient en juin 2025, lors du Festival du film documentaire de Mellionnec. Une rencontre et une phrase lancée par un producteur — « Fais ton film » — suffisent à faire naître une idée. Le lendemain, Ronan commence à réfléchir concrètement au projet : écriture, développement, organisation du tournage et recherche de financement. Son objectif est alors simple : faire découvrir la Moldavie à travers celles et ceux qu’il a rencontrés au fil des années.

Deux mois plus tard, en août 2025, il profite de dix jours de vacances à Bălți pour commencer à tourner. Il retrouve les personnes rencontrées lors de ses précédents séjours et partage à nouveau leur quotidien.

Un témoignage recueilli en Moldavie pour le documentaire. Photo : Les Productions de l’Intrépide

La caméra devient alors un moyen de prolonger les conversations et de donner une place à leurs témoignages. Plutôt que de construire un film uniquement autour d’un commentaire extérieur, le réalisateur choisit de laisser les personnes rencontrées raconter elles-mêmes leur pays, leur parcours, leurs inquiétudes et leurs espoirs.

Un film indépendant porté par une dynamique collective

Le projet repose largement sur l’investissement personnel de son réalisateur. Ronan Tabourel consacre son temps et une partie importante de ses propres moyens financiers à la production du film.

Cette démarche s’inscrit également dans une logique participative : une campagne de financement participatif organisée sur Kengo a permis de réunir 1 470 euros grâce à 17 donateurs. Cette contribution a apporté une marge de manœuvre supplémentaire à une production indépendante dont le financement repose avant tout sur l’engagement direct du réalisateur.

Le film bénéficie également du soutien de plusieurs partenaires. Parmi eux figure l’Alliance Française de Moldavie à Chișinău, partenaire institutionnel du projet, ainsi que la Maison Tanase, entreprise familiale installée à Bordeaux et spécialisée dans l’importation de vins moldaves.

Une Moldavie racontée à travers ses visages

Plutôt que de construire un documentaire uniquement historique ou géopolitique, Les Visages de la Moldavie choisit de partir des personnes rencontrées. Le film est construit en plusieurs mouvements, allant du contexte général de la Moldavie aux histoires individuelles.

Une première partie pose les principaux repères historiques et géopolitiques nécessaires à la compréhension du pays. Le réalisateur intervient lui-même pour présenter ce contexte avant de laisser progressivement la parole aux personnes rencontrées.

Le spectateur découvre ensuite les enseignantes de français Ina Lisnic et Maia Guţu, qui s’investissent notamment dans les échanges scolaires et dans la transmission de la langue française auprès des jeunes étudiants.

Le documentaire donne également la parole à Liudmila Craiţman, directrice d’établissement, ainsi qu’à Daniel Gulcinschi, jeune entrepreneur de 18 ans et cofondateur de la société Eternaworks.

À travers ces différents parcours, le film cherche à montrer une Moldavie contemporaine, loin des seules représentations souvent associées au pays.

La question de la jeunesse occupe notamment une place importante. Face au départ de nombreux jeunes Moldaves vers l’étranger, les échanges internationaux, la formation et la francophonie apparaissent comme autant de moyens de maintenir des perspectives et de créer de nouvelles opportunités.

(À suivre dans la seconde partie : le retour en Bretagne, les deux versions du film, la bande sonore, et la tournée 2027 dans les festivals.)

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