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Le train de la douleur

Si vous avez l’occasion de visiter Chișinău, la capitale moldave, ce mois de juillet, n’hésitez pas d’entrer dans « Le train de la douleur » dont les wagons se trouvent dans la Place de la Grande Assemblée Nationale, juste devant le siège du Gouvernement.

« Le train de la douleur » est une exposition qui commémore les victimes des déportations. Un de ses wagons montre un tableau général des déportations et de leur ampleur, et le second montre des aspects des interrogatoires auxquels les déportés ont été soumis.

Des éléments numériques et graphiques, du contenu multimédia, des objets, des images et des histoires de la vie des familles déportées reconstituent des scènes très touchantes. Le Livre de la Mémoire permet aux visiteurs de retrouver les noms des proches déportés.

En plus de tout, les températures élevées de cette période font prendre conscience du calvaire vécu par les déportés : le voyage vers la Sibérie et le Kazakhstan durait au moins quatre semaines, sans eau ou avec pas plus qu’une gorgée d’eau tous les quelques jours…

Rappelons que dans la nuit du 5 au 6 juillet 1949, le régime soviétique a déporté des dizaines de milliers de familles paysannes de Bessarabie, y compris des enfants et des personnes âgées, leurs propriétés étant saisies par les autorités. Cette opération au nom conspiratif ЮГ (SUD) a été la plus grande vague de déportation de la population de la RSSM (la république soviétique socialiste moldave), l’apogée de la terreur en masse dans cette région.

Suite à cette opération, qui a commencé dans la nuit du 5 au 6 juillet, à 2 heures du matin, et a duré jusqu’au 7 juillet à 20 heures, 1 183 familles, soit plus de 35 000 personnes, ont été expulsées, selon les chiffres officiels. Selon des sources non officielles, ces chiffres ne reflètent pas l’intégralité de la tragédie, dans la mesure où le nombre de victimes de l’expulsion a été calculé comptant trois membres par famille. On sait cependant que des familles de 7 à 8 et même à 14 enfants ont été expulsées.

Les arrestations ont eu lieu en pleine nuit, avec l’implication des soldats. Ceux qui tentaient de s’enfuir ont été fusillés. Les familles arrêtées, sans pouvoir emporter de provisions avec eux, étaient forcées de monter dans des wagons à bestiaux et emmenées on ne savait pas où. Les maisons et les propriétés des paysans déportés furent remis aux kolkhozes, dans certains cas – volées ou vendues par les autorités financières des districts respectifs. Certaines maisons ont été données à des officiers du NKVD, à la nomenklatura. De nombreux déportés ne sont jamais rentrés dans leur patrie, ayant été abattus sur la route, où étant morts de faim, de maladies, de chagrin et à cause du travail au-dessus de leurs forces.

Entre 1941 et 1951, il y a eu trois vagues de déportations, et les historiens estiment que le nombre total de déportés de la république soviétique socialiste moldave se situerait entre 80 et 120 mille.

Le 6 juin 2024

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