Après plusieurs semaines avec des températures constamment en dessous de zéro et des nuits où le thermomètre est descendu jusqu’à –19 °C, les villages de Molovata Nouă, Corjova et Cocieri, dans le district de Dubăsari, se retrouvent partiellement isolés. Si les habitants peuvent encore rejoindre la rive droite en passant par les postes de contrôle de la région transnistrienne, les entreprises chargées de livrer les denrées alimentaires n’y ont pas accès. Pour elles, le bac de Molovata reste la seule voie de transport possible.
En l’absence de cette liaison fluviale, les autorités recommandent aux citoyens d’emprunter une route alternative via le poste de contrôle interne « Criuleni 18 », situé à 32 kilomètres - un détour long et coûteux pour de nombreuses familles.
La situation devient préoccupante pour les institutions publiques. La maire de Cocieri, Raisa Spinovschi, alerte sur l’épuisement rapide des réserves alimentaires : « Le 14 janvier, l’activité du bac a été suspendue et, depuis, plus aucun produit alimentaire n’est livré dans notre localité. Il nous reste des réserves pour environ une semaine dans nos établissements scolaires. Les produits laitiers sont pratiquement épuisés et, à la maternelle, nous avons dû modifier le menu. »
Faute de stocks suffisants, les habitants tentent de s’adapter. Certains se rendent à Dubăsari, en territoire contrôlé par les autorités transnistriennes, pour faire leurs courses - une solution loin d’être simple, tant sur le plan logistique que financier.
Face à cette situation, les autorités de Chișinău ont demandé à Tiraspol d’autoriser le passage libre des agents économiques par les postes installés sans autorisation dans le district de Dubăsari, afin d’assurer l’approvisionnement en produits alimentaires, médicaments et biens de première nécessité pour les villages de Cocieri, Molovata Nouă, Corjova et d’autres localités de la rive gauche du Dniestr.
Alors que l’hiver s’installe durablement, cette nouvelle vague de froid rappelle une fois de plus combien la vie quotidienne des habitants de cette région reste étroitement liée aux aléas climatiques… et aux réalités politiques.
Le 16 janvier 2026

