Espoirs d’une famille de migrants moldaves le jour de l’élection

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Les Buga - Victor, Olga et Oliver - sont une famille de Moldaves qui se sont établis en Irlande. Ils habitent à Dublin depuis cinq ans. Olga travaille la nuit et Victor – pendant la journée. De cette façon, ils s’arrangent pour prendre soin de leur enfant qui ira bientôt à la maternelle. Le dimanche, 15 novembre 2020, fut spécial pour eux.

Une journée pleine d’espoir et d’attentes

Le 15 novembre, les Moldaves de tout le monde se sont rendus, très nombreux, aux urnes pour élire le chef de l’Etat. « C’est une journée qui nous donne beaucoup d’espoir et d’attentes, une journée pleine d’émotions, dit Victor. Nous espérons vraiment ne pas être déçus ».

« J’ai de grands espoirs liés à cette élection. Un des candidats mérite plus de confiance que ceux d’avant. J’attends des changements dans les domaines de la justice, de l’éducation et de la médecine, mais je comprends que ce sera difficile de les réaliser, parce que le mal a des racines profondes – on en coupe une et d’autres repoussent ».

D’autre part, Olga ne partage pas totalement l’optimisme de son époux : « Victor est plus optimiste que moi. Il y a quand même trop de désordre dans notre pays… », dit-elle de manière suggestive. « Avant tout, ce sont les gens qui doivent changer de mentalité », croit-elle.

« Compte tenu de la situation dans notre pays, je ne pense pas y rentrer. Je ne suis pas du tout motivé à revenir. Je voudrais qu’au moins la moitié de ce que je vois ici soit en Moldavie aussi. Qu’on ne soit pas obligé de chercher des moyens pour ouvrir des portes. Si l’on a un rendez-vous, par exemple, qu’on sache qu’il va avoir lieu à l’heure prévue, qu’on ne soit pas obligé de faire la queue partout et de se disputer avec les gens », affirme Victor.

Intégration ou non-intégration dans le pays d’accueil ?

Olga croit qu’on ne peut jamais se sentir « chez soi » à l’étranger. « Quelqu’un me disait que si l’on veut s’intégrer pleinement dans un autre pays, il faut couper ses racines. Il ne faut pas se souvenir où l’on est né et il faut oublier ses proches, mais c’est impossible. Mon père me racontait que, quand il était petit, sa famille avait changé trois maisons à cause des glissements de terrain. Et il rêve toujours de sa première maison. C’est pareil pour nous – on peut changer plusieurs fois de pays, mais on rêve toujours de son pays natal. Toutefois, cela ne veut pas du tout dire que nous ne sommes pas bien et heureux ici !  ».

Selon les Buga, la migration est un phénomène normal. « Les gens ont toujours migré et ce n’est pas une tragédie. D’autre part, j’aimerais que la situation s’améliore dans notre pays. Que je puisse vivre autant bien en Moldavie qu’ici. Pour moi, ce n’est pas triste que les gens partent, mais qu’ils ne reviennent pas  », constate Victor.

D’après un article de Tatiana Scutari publié sur https://www.moldova.org/o-familie-de-imigranti-in-ziua-alegerilor-poti-sa-schimbi-multe-tari-dar-tu-mereu-o-sa-te-visezi-acasa/

Le 24 novembre 2020