Une jeune diplomate moldave propose des modifications constitutionnelles censées réduire les blocages politiques connus par la Moldavie

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Article de Gilles Ribardière

Le mardi 9 avril, l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) a pu être témoin de la soutenance d’une remarquable thèse. Son auteur, Corina Cojocaru, est une jeune diplomate moldave qui a été Coordonnatrice Nationale pour la Moldavie auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie entre 2006-2007. Elle a déjàpublié deux ouvrages : l’un en français en 2007, « Le rôle des Parlements Nationaux dans l’Union Européenne  » l’autre en roumain en 2006 « Le dilemme politique versus économique dans la construction européenne  » ; àcela s’ajoute un petit résumé en langue roumaine de sa thèse. Celle-ci est intitulée : « Les régimes parlementaires et le mécanisme constitutionnel en Europe Centrale et Orientale  ».

Ecrite en un français impressionnant, elle l’a défendue avec talent devant un jury présidé par Monsieur Jean Gicquel, Professeur émérite àl’université de ParisI Panthéon-Sorbonne, et auquel participait bien évidemment son directeur de thèse, le professeur Jean-Claude Colliard qui est membre àl’heure actuelle de la Commission de Venise et ancien membre du Conseil Constitutionnel ; il fut aussi président de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

Les deux rapporteurs étaient : Madame Julie Benetti, Professeur àl’Université de Reims, et monsieur Philippe Claret, Maître de conférence àl’Université Montesquieu àBordeaux. La Moldavie était représentée par la première vice-présidente de l’Université Libre Internationale de Moldavie, Madame Ana Gutu, par ailleurs députée au Parlement de la Moldavie, ainsi que membre de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe.

Cette thèse est appelée àconnaître un réel retentissement car elle est le résultat d’une étude particulièrement rare consacrée aux « carences et spécificités des régimes parlementaires d’Europe post-communiste ». Parmi 17 pays de l’Europe Centrale, Corina Cojocaru en a retenu 6 ayant pour caractéristique d’avoir un Président élu par le Parlement. Il s’agit de l’Albanie, de l’Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Moldavie et de la République Tchèque.

Elle a consacré des développements particuliers sur la Moldavie, proposant des modifications de la Constitution pouvant contribuer àréduire les blocages que nous connaissons àl’heure actuelle dans le pays.

Cet engagement de Corina Cojocaru a du reste suscité les éloges du jury qui a souligné que, sans se départir de la plus grande rigueur scientifique, elle n’hésitait pas àexprimer des convictions fortes.

En conséquence, le jury lui a accordé àl’unanimité le titre de Docteur en Droit, avec proposition de publication de sa thèse, Madame Gutu ajoutant qu’elle soutiendrait la traduction en roumain en particulier des éléments pouvant aider le législateur moldave àmener àbien les modifications nécessaires de la Constitution.

Ici, nous publierons dans les semaines àvenir une analyse du contenu de cette thèse, en faisant part des propositions de modifications constitutionnelles qui y sont développées.