Nicolae Simatoc, le footballeur né en Moldavie qui a joué au FC Barcelone et Inter Milan

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Nicolae Simatoc a certainement été le footballeur d’origine roumaine le plus important dans les années 1940-1950. Son nom est inscrit dans le musée de la gloire du FC Barcelone.

Le destin de Nicolae Simatoc peut faire le sujet d’un film. Le long des 19 ans consacrés au football, Simatoc a joué plus de 200 matches, remportant deux fois le titre de champion national (en Hongrie et Espagne), ainsi que le trophée international le plus important - la Coupe latine, précurseur de la Coupe d’Europe des clubs champions.

Nicolae Simatoc, fils d’Axentie et d’Anastasia Șmatoc, est né le 1er mai 1920 à Grimăncăuți, dans le nord de l’actuelle Moldavie. A cette époque-là, son village faisait partie de la Roumanie. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans, quand il a été remarqué par un entraîneur de Timisoara lorsqu’il jouait au foot avec d’autres enfants dans son village, une vessie de porc leur servant de balle. L’entraîneur a parlé à ses parents et peu après Nicolae et sa mère sont partis pour Timișoara. Le père du footballeur est resté dans le village et n’a jamais plus revu son fils.

C’est ainsi que Nicolae est arrivé dans le club le plus important de Roumanie à cette époque-là et a joué pour Ripensia de 1934 à 1941, d’abord dans l’équipe de juniors, puis dans celles de seniors. À Timisoara, il a changé son nom en Simatoc et a appris l’hongrois, l’allemand et le serbe. D’ailleurs, il a été un polyglotte - en plus de ces trois langues, du roumain et du russe qu’il a appris en Bessarabie, Nicolae Simatoc parlait également l’italien, le catalan, l’espagnol et l’anglais.

En 1940, il a été sélectionné dans l’équipe nationale de la Roumanie pour laquelle il a joué 8 matches. Son nom était devenu sonore dans le football roumain. En tant que milieu de terrain, il était apprécié pour sa technique et la précision de ses passes.

À l’âge de 21 ans, il a été transféré dans l’équipe Carmen Bucarest, mais la Seconde Guerre Mondiale avait commencé et le championnat a été suspendu. Dans ces conditions, Simatoc adhère au Club Athlétique Oradea (CAO), une autre équipe de succès à l’époque. Avec Simatoc dans l’équipe, CAO a remporté le championnat de Hongrie 1943-1944. Ce fut pour la première fois qu’une équipe de la province devenait championne d’Hongrie.

Après CAO, Simatoc a joué pour Vasas Budapest. En Hongrie, il rencontre Etel Sztolárcsik, descendante d’une famille aristocratique hongroise qu’il épouse en 1945. Il décide de changer de nom et adopte le nom de Miklós Szegedi, inspiré du nom de la ville de Szeged, près de Timișoara. En 1945, Nicolae Simatoc revient en Roumanie, dans l’équipe Carmen, et joue deux autres matches pour l’équipe nationale roumaine.

Après la fin de la guerre, les autorités communistes de Roumanie ont commencé une véritable chasse en vue de rapatriement des réfugiés provenus de Bessarabie. Voilà pourquoi, en hiver de l’an 1947, Simatoc, avec trois autres footballeurs, quitte le pays. Il traverse l’ex-Yougoslavie et arrive à Milan, mais l’aventure lui a coûté une double pneumonie.

La fuite du footballeur n’a pas été inaperçue - sa nationalité roumaine a été révoquée. En Italie, il a joué pendant deux saisons à l’Internazionale Milano, puis il a été muté à Brescia, où il a joué jusqu’en 1950 quand, avec László Kubala, il a créé une équipe de réfugiés d’Europe centrale, avec lesquels il a joué des matches de démonstration dans plusieurs pays. Pendant un de ces matches, qui a eu lieu en Espagne, il s’est fait remarquer par le légendaire Santiago Bernabeu, qui lui a proposé le transfert à Real Madrid, mais Simatoc a opté pour Barça qui lui a offert une somme imposante (l’équivalent d’à peu près 500 000 euros aujourd’hui).

Il a vite manifesté ses qualités à FC Barcelone où il portait le maillot numéro 10. Dans son match de début avec Real Sociedad, il a marqué un but et a fait trois passes décisives, le match se terminant 8-2 en faveur de Barcelone.

Lors du premier match avec Real Madrid, « Sima » a ravi les fans de Barça - il a joué un des meilleurs matches de sa carrière qui s’est terminé avec le score incroyable de 7-2 en faveur de Barcelone.

Nicolae Simatoc était devenu extrêmement populaire parmi les Barcelonais, mais avec la gloire, des problèmes de discipline ont commencé. Il devient un client des boîtes de nuit où il jouait aux cartes jusqu’à tard dans la nuit et manquait parfois les entraînements ou même des matches. Il a joué son dernier match pour Barcelone en décembre 1951, puis il a subi une fracture de jambe qui l’empêchait de jouer.

Ayant fini sa carrière de footballeur, il s’est inscrit à une école d’entraîneurs. Pendant de courtes périodes, il a guidé des équipes comme Lleida, Sabadell et AEL Limassol, mais sa passion pour le poker le faisait négliger son travail …

En 1963, il émigre en Australie et s’installe à Sydney. Il prend la nationalité australienne et change une nouvelle fois de nom, devenant Nicholas Sims. Il commence par être entraîneur de deux équipes et, finalement, il réalisé un de ses rêves : il lance sa propre affaire - un casino (Club 33) où il pouvait jouer au poker comme professionnel.

Nicolae Simatoc décède le 1er janvier 1978, à cause d’une crise cardiaque, lors d’une partie de cartes dans un club de Double Bay, un quartier célèbre de Sydney.

D’après un article de Diana Preașcă publié sur https://www.moldova.org/nicolae-simatoc-fotbalistul-din-grimancauti-care-a-jucat-la-fc-barcelona-si-inter-milano/

Le 29 octobre 2020