Les peintures « à la hauteur » de Radu Dumbravă

0 vote

Chișinău, la capitale moldave, a plus de couleur grâce aux peintures murales du jeune artiste Radu Dumbravă. Ses tableaux ont fait changer l’aspect de plusieurs bâtiments et, par conséquent, la façon dont les habitants de la ville perçoivent quotidiennement ce qu’on appelle la réalité urbaine.

Radu Dumbravă
Radu Dumbravă

« J’ai consciemment choisi la peinture murale. Tout au début, je pensais que la peinture murale ne se faisait qu’à l’intérieur et je l’associais surtout aux peintures d’église. Quand j’étais en troisième année, à la faculté, j’ai senti que je voulais quelque chose de nouveau. J’ai vraiment ressenti cela, comme une soif, un désir fort. Peu après, le doyen m’a annoncé qu’il m’avait recommandé pour un projet qu’il considérait très intéressant – il s’agissait d’une collaboration avec les Polonais - mais que j’aurais à travailler en hauteur. Pour moi, ce n’était pas du tout un problème et j’ai accepté », raconte Radu.

C’est ainsi qu’a commencé son premier projet de peinture murale et il a pris goût à cette activité. Il a compris que c’était ce qu’il voulait faire ensuite.

« Bien sûr, il y a eu des moments d’hésitation : le premier jour, quand je suis monté sur le toit - car il fallait monter, puis descendre à un certain niveau du bâtiment. Cette nuit-là, je ne pouvais pas dormir, mais je sentais que j’allais surmonter ces sentiments-là. Et je l’ai fait ! Le premier projet a été suivi de deux autres, après quoi j’ai proposé moi-même un concept de peinture et, au terme de mes études, j’ai commencé mon activité indépendante ».

Il lui arrive de monter sur l’échafaudage le matin et n’en descendre que le soir. Il peut travailler sans arrêt toute la journée, avec juste quelques brèves pauses pour prendre un café. « Parfois, je suis tellement inspiré que je ne réalise pas avoir travaillé que lorsque j’achève la peinture et je lâche le pinceau. Que je travaille deux, cinq ou huit heures, je ne m’en aperçois pas pendant le processus de travail. Quand l’inspiration vient, alors tout s’en va - c’est juste moi et mon travail ».

Le travail « à la hauteur » a ses particularités. Quand il monte sur l’échafaudage, à part les outils et les couleurs, il prend avec soi de l’eau et quelque chose à manger - il faut que tout soit à portée de la main, car c’est assez difficile de descendre et remonter.

« L’art peut être créatif et compréhensible à la fois, considère le jeune artiste. C’est-à-dire, on doit pouvoir s’identifier à ce qu’on voit. La créativité ne doit pas aller au-delà du niveau où les gens ne pourraient pas la comprendre. Pour moi, c’est important mes peintures inspirent, aient un impact. Je fais de mon mieux pour que mes projets éveillent des émotions positives.

Pour moi, c’est important d’avoir une réaction à mes tableaux. A travers la peinture, je communique avec les gens. Je suis très content quand ils ont une réaction – cela veut dire que la communication se produit  ».

D’après un article d’Aliona Curca publié sur https://www.zdg.md/editia-print/oameni/picturile-de-sus-ale-lui-radu-dumbrava-am-vazut-cum-e-si-am-inteles-ca-asta-vreau-sa-fac-mai-departe

Le 20 octobre 2019