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76 ans depuis la plus grande vague de déportations staliniennes

Le 6 juillet, la Moldavie commémore les victimes de la plus vaste vague de déportations staliniennes. Il y a 76 ans, dans la nuit du 5 au 6 juillet 1949, débutait l’opération « IUG », au cours de laquelle plus de 35 000 personnes originaires de la République Socialiste Soviétique Moldave ont été déportées vers la Sibérie ou le Kazakhstan, dans des camps de travail forcé. Leurs biens furent confisqués, et les déportés qualifiés d’« ennemis du peuple » ou d’« éléments socialement dangereux ».

… Des coups violents frappés aux portes et aux fenêtres, des soldats armés, des cris, le vacarme des moteurs, les pleurs d’enfants, une atmosphère dense de peur et d’incompréhension… Ces images hantent encore la mémoire de ceux qui, en une nuit, ont été arrachés à leur foyer, privés de leur nationalité, de leurs droits, de leurs biens et de leurs proches.

Les Ghețu en Sibérie

Certains ont pu revenir des années plus tard ; d’autres sont morts durant le long voyage, condamnés à reposer à jamais loin de leur patrie. Les soldats soviétiques jetaient simplement les corps des défunts dans les forêts ou les fossés, depuis les wagons à bestiaux dans lesquels ils étaient entassés. Sur la Place de la Grande Assemblée Nationale de Chișinău a été inaugurée l’exposition « Le Train de la Douleur », composée de deux wagons semblables à ceux utilisés lors des déportations staliniennes : l’un est consacré à la famine de 1946–1947, l’autre aux déportations.

On peut y voir des manuscrits des victimes, leurs vêtements, des ustensiles de cuisine et quelques-uns des rares objets qu’ils ont pu emporter avec eux. Tous ces éléments témoignent de la brutalité et de la précipitation avec lesquelles ces familles ont été déracinées et envoyées en exil.

Sous le régime stalinien, près de 60 000 Moldaves ont été déportés de force en Sibérie.

Les autorités soviétiques ont organisé trois grandes vagues de déportation depuis la Moldavie : en juin 1941, en juillet 1949 et en avril 1951. À ces répressions s’ajoute la famine orchestrée en Bessarabie. Les principales cibles furent les intellectuels, les enseignants, l’élite de l’époque, les hommes politiques ayant collaboré avec les partis roumains, les membres du clergé, certains groupes confessionnels ou ethniques, ainsi que les paysans considérés comme « riches ».

Selon les historiens, les décisions répressives étaient prises par les dirigeants du Parti et du gouvernement soviétiques, et validées au plus haut niveau par Staline lui-même et un cercle restreint de fidèles. L’objectif de ces répressions était d’instaurer la terreur au sein de la population et de mener un processus de dénationalisation du peuple moldave.

Le 6 juillet 2025

depp
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