„Pas une journée sans lire” à Paris - la diaspora lit en roumain

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« En arrivant en France, je me suis mise à apprendre le français – je lisais les inscriptions sur tous les murs et toutes les publicités, je répétais des mots pour imiter l’accent français. Pour enrichir mon vocabulaire, j’ai attaqué la lecture en français que j’ai intensément pratiquée pendant environ trois ans. Mais voilà qu’un été, quand je suis rentrée dans mon pays, j’ai donné une interview à une chaîne de télévision. En m’entendant plus tard parler, j’ai été consternée par ma diction en roumain, d’autant plus que j’avais pris des cours de diction quand j’étais étudiante. Comment a-t-il été possible de la détériorer si vite ?!

J’ai décidé d’emporter en France une valise pleine de livres en roumain. J’achète désormais rarement des livres en français. Il y a un an, j’ai adhéré au club « Pas un jour sans lire » sur un réseau social et j’ai réalisé que nous sommes si nombreux, des ressortissants moldaves vivant sur tous les continents, réunis par l’amour de la lecture en roumain » raconte la journaliste d’origine moldave Ecaterina Țurcan Hacina, établie à Paris.

Le club "Pas un jour sans lire" a été fondé par Victoria Dontsov. « J’avais l’idée d’un tel club depuis des années, mais je n’étais pas sûre que les gens en avaient besoin à l’ère de la technologie. L’année dernière, je m’étais fait la promesse de ne pas passer un jour au mois d’octobre sans lire. En fait, j’ai toujours eu la passion pour les livres, mais le temps me manque maintenant pour lire régulièrement.

J’ai demandé à mes amis sur Facebook qui voulait rejoindre mon idée. J’ai été fort surprise de voir beaucoup de désireux de s’inscrire dans la campagne de promotion de la lecture. C’est ainsi que nous avons formé un groupe sur Facebook, où nous nous inspirions les uns des autres. Ce qui comptait pour nous surtout c’était de lire tous les jours, peu importe combien. A la fin de la campagne, nous avons organisé "Une soirée avec du vin et des livres" où deux jeunes écrivains d’Orhei ont participé. Cette rencontre-là m’a inspirée à créer le club "Pas un jour sans lire” qui a été lancé le 15 décembre 2018 », raconte la fondatrice Victoria Dontsov.

Plus de 75% des 800 membres du club sont issus de la diaspora et préfèrent surtout lire en roumain. Or, pour la diaspora c’est très important de lire en roumain, parce que, tout d’abord, la lecture en roumain permet de conserver le capital linguistique dans un milieu étranger. « Sans ce capital nous ne pourrions pas nous identifier comme des Roumains. Il faut le garder et le transmettre à nos enfants. Un autre aspect, autant important, c’est la littérature de chaque peuple qui conserve une part non-négligeable de son « âme », de ses préoccupations et recherches, ses tourments et espoirs. En plus, la littérature d’un peuple est la documentation de son histoire. Autrement dit, ce qui est important ce n’est pas seulement de lire en roumain, mais aussi de lire des œuvres des auteurs roumains  », considère un des membres du club.

Le club "Pas un jour sans lire" a plusieurs projets majeurs impliquant la participation des écrivains, des hommes d’art et même des chanteurs. Le premier projet - "L’événement du mois" – consiste à organiser des rencontres offline avec la participation des invités spéciaux, tels qu’écrivains, acteurs, chanteurs, autres personnalités pour parler de la vie, des livres et des valeurs humaines. Le deuxième projet s’appelle "Les livres du mois" – il consiste à comptabiliser le nombre total de pages lues ensemble par mois. Un autre projet s’intitule « Des livres voyageurs » - des livres des écrivains moldaves et roumains voyagent à travers le monde, d’un membre de la diaspora à l’autre. Un autre beau projet c’est "La diaspora lit 100% roumain". Avec le soutien de ses partenaires, le club envoie des livres dans les villes et les pays où habitent ses membres afin de promouvoir la langue roumaine et les livres en roumain. "A Noël, j’aimerais avoir encore un livre" – c’est un projet dans le cadre duquel les membres du club offrent et reçoivent des livres, sans savoir de la part de qui.

D’après un article d’Ecaterina Țurcan Hacina, publié sur https://www.zdg.md/editia-print/social/diaspora/nici-o-zi-fara-lectura-la-paris-sau-diaspora-citeste-romaneste?fbclid=IwAR2tzuOeRI9DVhsnU8k3WFiL_8ybiQGylQp7HlHpbb1Qe_ruGNAuvv2--54

Le 20 décembre 2019