Voter en Moldavie

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Article par Gilles Ribardière

Le 5 septembre la population de Chisinau ne semblait pas prise par la fièvre d’un scrutin jugé historique par certains. On n’observait aucune file d’attente à l’entrée des bureaux de vote.

Un long moment passé au bureau N° 156 situé dans le secteur Ciocana de la capitale m’a permis d’avoir un exemple confirmant cette impression générale. Les électeurs entraient tranquillement, mais sans réelle détermination, dans la salle où se tenait le scrutin. Les générations étaient assez également représentées.

Ce qui peut surprendre le regard de l’étranger, c’est la disposition de la salle. Dès l’entrée, on tombe sur le groupe compact d’observateurs internationaux et de représentants des partis (y compris du PCRM qui préconisait le boycott). Au fond, une longue table occupée par des « assesseurs », avec au dessus une pancarte sur laquelle figure une adresse avec la série de numéros d’appartements concernés.

Il y a aussi un panneau « liste supplémentaire » devant lequel peuvent se présenter les personnes non inscrites dans ce bureau, comme les étudiants qui ont un document établi par leur village d’origine les autorisant à accomplir leur devoir électoral là où ils se trouvent.

Le citoyen présente alors sa carte qui est tamponnée après vérification, prend un bulletin sur lequel figure la proposition de modification de la procédure de désignation du Président de la République. Il se dirige alors dans l’isoloir situé près du bureau où se tient le président du bureau de vote.

Il y cochera alors sur son bulletin la case « OUI » ou « NON », selon son choix. Il n’y a pas d’enveloppe… C’est donc simplement plié qu’il ira glisser, lui ou un de ses enfants, le bulletin dans l’urne. Celle-ci est placée avec le drapeau national, contre le mur faisant face aux « assesseurs », mais sans personne à ses côtés. Le geste citoyen fait souvent l’objet d’un cliché pris par la famille.

Pas de dramatisation donc, mais un climat « bon enfant », peut-être pas à la mesure de l’enjeu ……

Ce qui peut étonner l’observateur, c’est la position de l’urne sans réelle surveillance. La dite urne est par ailleurs rudimentaire : une simple fente à travers laquelle sera glissé le bulletin. Il n’y a pas non plus de carte d’électeur ; il faut présenter sa carte d’identité à laquelle est joint un volet, tamponné à l’occasion du vote.

Cette absence de carte spécifique ne semble pas permettre une rigoureuse mise à jour permanente de listes électorales comme nous en avons en France. Il n’y a pas de vote par procuration, ce qui ne facilite pas l’expression des choix de nombreux citoyens, qu’ils soient étudiants, ou expatriés.

Le 28 novembre il y aura les élections législatives. Le délai est court, toutefois les Moldaves devraient être plus mobilisés à cette occasion.

On peut penser qu’il y aura plus de nervosité dans les bureaux de vote, mais sans doute peu d’amélioration matérielle dans l’organisation du scrutin, ce qui pourrait prêter ici et là à contestation.

Mais on sait que même les organisations sophistiquées d’élections ne sont pas à l’abri de contestations, parfois justifiées.