Une des plus grandes Maria de toutes les Maria moldaves célebres

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La célèbre soprano Maria Cebotari naquit le 10 février 1910, à Chişinău. Enfant encore, elle chantait dans des chœurs d’églises. Elle fit ses études à l’Ecole Normale et au Conservatoire de Chişinău. A 14 ans, elle chantait dans le Chœur Métropolitain de Chişinău, à 15 ans elle interprétait des morceaux des opéras „Tosca” et „Aïda” et à 16 ans elle dansait dans la troupe de Dubrovin, un acteur russe. Durant années 1927-1928, elle fit une tournée à Paris en tant que chanteuse et danseuse de la troupe du comte russe Alexandre Vyrubov qu’elle épousa.

Le prénom Maria est devenu emblématique pour la musique moldave : Maria Drăgan, Maria Ciobanu, Maria Bieşu, Maria Iliuţ, Maria Sarabaş… et, certainement, Maria Cebotari ! Pour ce qui est de Maria Cebotari, elle eut une vie courte, s’éteignant à seulement 39 ans, mais elle la vécut brillamment.

La célèbre soprano Maria Cebotari naquit le 10 février 1910, à Chişinău. Enfant encore, elle chantait dans des chœurs d’églises. Elle fit ses études à l’Ecole Normale et au Conservatoire de Chişinău. A 14 ans, elle chantait dans le Chœur Métropolitain de Chişinău, à 15 ans elle interprétait des morceaux des opéras „Tosca” et „Aïda” et à 16 ans elle dansait dans la troupe de Dubrovin, un acteur russe. Durant années 1927-1928, elle fit une tournée à Paris en tant que chanteuse et danseuse de la troupe du comte russe Alexandre Vyrubov qu’elle épousa.

Titulaire d’une bourse, elle fit des études au Conservatoire de Paris, puis elle prit des cours de canto à l’école de musique Hoschule fur Musik de Berlin (1929-1931) et en sortit avec Magna cum laude.

Le 15 avril 1931, elle débuta avec brio sur la scène de l’Opéra Semper de Dresde dans le rôle de Mimi dans l’opéra „La Bohème” de G. Puccini, ayant comme partenaire le fameux Benjamino Gigli. Ce fut un véritable triomphe !

En 1934, elle devint aussi chanteuse de caméra. En 1936, suivant le conseil de Richard Strauss, elle s’installa à Berlin et commença à chanter à l’Opéra d’Etat de Berlin dont elle fut la prima donna jusqu’en 1946. C’est toujours en 1946, que Maria Cebotari joua à l’Opéra Semper de Dresde les rôles de Susanna dans Le mariage de Figaro, de Zerlina dans Don Giovanni et de Sophie dans Der Rosenkavalier à Covent Garden Royal Opera House de Londres. Ensuite, elle se produisit sur les scènes de beaucoup d’Opéras, y compris à l’Opéra d’Etat de Vienne et au Théâtre La Scala de Milan. Elle entreprit une multitude de tournées : Prague, Paris, Rome, Milan, Anvers, Copenhague, Florence, Londres, Salzburg, Riga, Bucarest, etc. Elle chantait des opéras classiques, ainsi que modernes.

En 1938, elle divorça du comte Vyrubov et épousa le fameux acteur autrichien Gustav Diessel avec lequel elle eut deux fils.

Sa carrière brillante était en épanouissement. La presse de l’époque écrivait : « Maria Cebotari… une beauté tout à fait particulière… Sa voix, sa tenue scénique sont uniques… Une nouvelle étoile est apparue sur le firmament de l’opéra mondiale ». A seulement 24 ans, Maria Cebotari se vit conférer le plus important titre honorifique existant à l’époque en Allemagne et en Autriche - Kammersängerin. A part cela, ses mérites exceptionnels furent appréciés par la haute distinction ”Coroana României” (« La couronne de la Roumanie »).

En 1929, Maria Cebotari fit ses débuts dans le cinéma, jouant dans le film "Troïka". Elle a joué dans huit films aux côtés des vedettes du cinéma. Elle commença par des rôles de cinéma liés à l’opéra : "Les trois femmes de Verdi", "Maria Malibran", "Le rêve de Madame Butterfly". Dans le cinéma, tout comme dans l’opéra, elle était brillante.

Le critique d’arts Karl Sheneval écrivait : « Ses films ont fait le tour du monde. C’est une des plus célèbres chanteuses d’opéra qui soit devenue vedette du cinéma. C’est aussi une des peu nombreuses actrices qui puisse jouer des rôles dans plusieurs langues. Elle joue des rôles en allemand, italien, roumain… Les voix des partenaires sont doublées, tandis que la voix de Maria Cebotari reste originale dans toutes les versions. Elle a un sens des langues très développé et un talent extraordinaire ». En automne de l’an 1942, le film « Odessa enflammée » obtint la médaille d’or de la Biennale de Venise. La presse italienne écrivait : « Avec ce film, la Roumanie entre dans la grande production cinématographique européenne ».

En 1946, Maria Cebotari quitta Berlin et se consacra à l’Opéra de Vienne. En 1947, elle visita à nouveau Covent Garden de Londres.

En 1948, Gustav Diessel qu’elle aimait énormément, décéda à cause d’une attaque cardiaque. Maria Cebotari fut sérieusement déprimée par la perte de son mari. Au début de l’an 1949, pendant le spectacle Le mariage de Figaro joué au Théâtre La Scala, elle fut atteinte d’une douleur aiguë, mais les médecins ne l’ont pas considérée comme sérieuse. En mars de la même année, elle tomba en syncope lorsqu‘elle interprétait un rôle à l’Opéra de Vienne. En avril 1949, elle subit une intervention chirurgicale pendant laquelle on constata que son foie et son pancréas étaient atteints de cancer. Son dernier rôle fut celui de Laura dans "Der Bettelstudent" qu’elle interpréta à l’Opéra de Vienne. Maria Cebotari s’éteignit le 9 juin 1949 à Vienne. Ses deux fils furent adoptés par le pianiste britannique Sir Clifford Curzon.

Maria Cebotari a interprété plus de 40 rôles célèbres sur des fameuses scènes de l’Europe Occidentale et de l’Amérique du Nord, contactant avec des notoriétés musicales de cette époque-là. Arturo Toscanini et Richard Strauss l’admiraient, tandis que Benjamino Gigli avait reconnu que c’était un grand honneur de se produire dans un spectacle d’opéra aux côtés de Maria Cebotari.

Elle fut douée d’une voix extrêmement versatile, son vaste répertoire était très varié : elle pouvait chanter Carmen et Susanne dans Le Mariage de Figaro, Violetta dans La Traviata et Salomé pendant la même saison. Elle préférait surtout quatre compositeurs - Mozart, Richard Strauss, Verdi et Puccini. Beaucoup d’entre ses enregistrements qui ont survécu furent faits aux concerts en direct. Quoique la qualité de l’enregistrement laisse à désirer, l’enregistrement live de Salomé (concert donné le 30 septembre 1947 à Covent Garden) confirme que Maria Cebotari fut une des meilleurs Salomés jamais enregistrées. A noter que Strauss avait écrit Salomé juste pour Maria Cebotari.

Elle était autant talentueuse que spontanée, extrêmement émotive. Elle aimait beaucoup sa patrie. Quoique flattée par les splendeurs des capitales occidentales, elle restait attirée par plusieurs endroits de la ville de Chişinău : la cathédrale, un petit café situé dans l’actuel bâtiment de la mairie, le cinéma Odeon.

A l’époque soviétique, le nom de Maria Cebotari était souvent prononcé dans les cercles musicaux sélectes de l’Occident, mais pas à Chişinău et à Bucarest, où vivaient encore beaucoup de personnes qui l’avaient connue personnellement ou qui l’avaient écoutée et admirée aux concerts, mais où ce nom glorieux était blâmé par le régime pour le seul fait que Maria Cebotari avait chanté dans des théâtres d’opéra fréquentés par des nazis et avait joué des rôles dans des films considérés comme anti-soviétiques (comme « Odessa enflammée », par exemple). Toutefois, ce nom fut inscrit dans quelques encyclopédies parues à Bucarest et fut évoqué dans quelques articles publiés dans la presse moldave de l’époque. Le musicologue moldave Radion Arabagi consacra toute une monographie à la remarquable chanteuse, tandis que la femme-écrivain Vera Malev eut le courage d’écrire tout un roman pour évoquer la biographie de la célèbre Maria Cebotari. Le roman Requiem pentru Maria (Requiem pour Maria) parut en 1986 et fut très prisé par le public et les critiques. Cependant, on reconnaissait que le roman avait été écrit avec talent et émotion, mais il payait tribut aux régime soviétique. Vera Malev avait l’intention de faire paraître une nouvelle édition du roman, mais à cause de sa mort prématurée, elle ne réalisa pas son intention.

Parmi les écrits consacrés à Maria Ceboatri, notons aussi l’album monographique « Maria Cebotari » dont l’auteur est le musicologue moldave Aurelian Dănilă.

La vie et l’œuvre de Maria Cebotari firent également le sujet du long métrage documentaire « Aria » paru en 2004, bien que l’idée de le tourner planait depuis plusieurs décennies. Le film est censé dévoiler la destinée dramatique, ainsi que la carrière fulminante de notre géniale compatriote. Ce film est plus qu’une énumération chronologique d’événements, il abonde en documents audio et vidéo originaux qui ont immortalisé la voix de Maria Cebotari. A part cela, il comprend des images vidéo inédites présentant le séjour de l’artiste à Londres, ainsi que ses funérailles. Les réalisateurs du film sont surtout contents d’avoir réussi à dissoudre les insinuations que Maria Cebotari aurait collaboré avec le régime nazi.

La maison d’enregistrements Preiser a fait paraître un set de deux CD « L’Art de Maria Cebotari » qui sont fortement recommandés aux passionnés pour l’opéra qui souhaitent mieux connaître la fameuse Maria Cebotari.

Le 14 mai 2007