Ukraine et République de Moldavie

Article par Gilles Ribardière

Le résultat du scrutin en Ukraine n’a pas surpris les observateurs. Mais il conduit à s’interroger sur les orientations que prendra Victor Ianoukovitch en matière de politique étrangère.

Il faut sans doute être plus nuancé que beaucoup de commentateurs qui estiment que le nouveau président entend s’aligner sur la Russie.

Certes, il recherchera un approfondissement dans les relations avec le puissant voisin ne serait-ce que pour éviter toute mésaventure énergétique, mais, ainsi qu’on vient de le voir par sa toute récente visite à Bruxelles, il ne négligera pas la poursuite des relations avec l’Union Européenne, mais sans froisser la Russie. On reconnait là un exercice d’équilibre pratiqué aussi en République de Moldavie.

Le poids géopolitique de l’Ukraine étant ce qu’il est, l’UE se préoccupe activement de son devenir.

On doit espérer que le travail avec la République de Moldavie ne s’en trouvera pas ralenti. C’est une sorte d’appel en ce sens que vient d’émettre le journal anglais « The Spectator ». Il invite l’Europe à répondre au plus vite aux aspirations européennes de la petite république, estimant qu’il y a urgence afin de créer une situation de non retour en cas de retournement politique.

Mais il apparaît que l’Union Européenne ne semble pas baisser la garde : ainsi à la demande du gouvernement Filat, la Commission de Venise (ou Commission Européenne pour la démocratie pour le droit) a pu émettre des recommandations en vue de sortir le pays de l’impasse institutionnelle dans laquelle elle se trouve. On sait par ailleurs que des discussions approfondies ont été engagées dès la fin décembre 2009 en vue de créer les conditions d’un rapprochement durable Union Européenne/République de Moldavie.

En tout cas, si avec son nouveau président l’Ukraine parvient à construire une position équilibrée entre Est et Ouest, il sera plus facile pour la République de Moldavie de poursuivre sa voie vers l’UE, et de trouver les moyens de ne pas froisser la Russie, car la région dans son ensemble évoluera dans un climat apaisé, ce qui pourrait aussi faciliter le règlement de la question « Transnistrie ».