Tiraspol, capitale de la Transnistrie

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Tiraspol est la capitale de la Transnistrie, une république autoproclamée (non reconnue internationalement) en République de Moldavie. Elle se situe à 64 kilomètres au Sud-Est de Chisinau.

Tiraspol est la deuxième ville la plus peuplée de la république de Moldavie : 203 870 habitants en 1995. La ville est située sur les rives est du fleuve Dniestr.

Tiraspol a connu moins de changements spectaculaires que Chisinau ou Odessa, pour prendre des grandes villes de la région. Bien sûr, elle est le siège d’un impressionnant stade, le plus moderne du pays, et sans aucun doute le plus cher. On y trouve sur les parkings les voitures allemandes les plus chères. Ce qui n’empêche pas, dans le même temps, les statues de Lénine de subsister…

L’histoire de la ville

Tyras a été fondé par des colons de Milet, probablement vers 600 ap. JC sur les bouches du Dniestr (Nistru). Les Gètes ont conquis cette contrée, puis les Romains par la suite, avant d’être détruite par les Goths.

La ville est au Moyen-Age une zone tampon entre les Tatars et la principauté de Moldavie. Elle a fait partie de l’empire russe dès 1792, à côté de l’ancien village moldave de Sucleia. Elle devenait devenir nouvel un avant-poste militaire de la Russie, dont la frontière se déplaçait du Bug au Dniestr (Nistru), suite au traité de Iasi.

Le maréchal Souvorov
Le maréchal Souvorov

Elle se situe hors de la Bessarabie qui est annexée en 1812, et ne dépend pas de la même autorité administrative. En effet, elle fait alors partie de la province de Cherson.

A l’époque, l’importance géostratégique de Tiraspol vient du fait qu’elle se situe non loin de la place forte ottomane de Tighina / Bender, encore sous suzeraineté ottomane.

Si elle n’a pas fait partie de la Bessarabie, Tiraspol n’a jamais non plus fait partie de la « Grande Roumanie » de l’Entre-Deux-Guerres comme Chisinau.

La République soviétique autonome de Moldavie en Ukraine que créé Staline en 1924 a pour capitale Balta. Ce n’est qu’en 1929 que Tiraspol prend sa place au sein de cet ensemble, et ce jusqu’à 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation nazie (1941-1944), ce sont les Roumains qui sont présents sur le terrain. C’est avec soulagement que les habitants accueillent les soldats soviétiques en 1944.

C’est alors que Staline remodèle ce qui sera la Moldavie contemporaine : il coupe le nord et le sud de la Bessarabie et adjoint Tiraspol et sa région, la Transnistrie. C’est alors que commence une période de dénationalisation du roumain, avec une discrimination de la population d’origine roumaine et une immigration venant de Russie.

Tiraspol est pendant la période soviétique la ville principale de la région la plus industrialisée.

La ville actuelle de Tiraspol

La ville de Tiraspol a connu une croissance accelérée au XIXe siècle : d’une part, elle est le centre administratif de la province tsariste du Cherson et d’autre part, en tant que nœud ferroviaire entre Moscou et Odessa sur la mer Noire. Elle doit son accroissement à l’afflux de Russes et d’Ukrainiens

En 1989 la ville comptait 190.000 habitants : 41% de Russes, 32% d’Ukrainiens et 18% de Roumains (contre 42% en 1919). Les Juifs, très nombreux au XIXe siècle (27% en 1897), ne sont plus guère nombreux aujourd’hui. Tiraspol dépasserait les 200.000 habitants aujourd’hui, alors que la ville ne comptait que 1926 que 29.700 habitants, et seulement 105.000 en 1970.

Soviet de Tiraspol
Soviet de Tiraspol

Cette cité a un « jardin du vieil arbre », un musée d’Histoire, l’université T.G. Chevtchenko, un théâtre dramatique, et des monuments à la gloire de Souvorov et du Décembriste V. Raievski.

Sur internet :

carte de Tiraspol