Strasbourg s’intéresse à la question des visas en faveur des Moldaves

Article de Gilles Ribardière

« Cercle Moldavie », précédemment « les Moldaviens », a souvent ici milité en vue de permettre aux citoyens moldaves de circuler librement dans l’Union Européenne. Pour défendre ce point de vue, il s’est appuyé sur deux facteurs objectifs : les progrès évidents pour atteindre les standards européens, la course des Moldaves en vue d’obtenir le passeport roumain en vue de s’affirmer Européens à part entière.

Alors c’est avec beaucoup d’intérêt que nous signalons le texte publié sur le site du Parlement Européen en date du 5 avril 2013. (http://europarlement.touteleurope.eu/actualites/details-actualite/actualite/politique-de-voisinage-la-moldavie-peut-elle-esperer-une-levee-des-visas.html). Il est intitulé « Politique de voisinage, la Moldavie peut-elle espérer une levée des visas ». Il annonce en fait un vote le 18 avril par le Parlement d’un rapport du député roumain Marian- Jean Marinescu.

Il s’agirait de dispenser les détenteurs d’un passeport biométrique de visas et pour les autres citoyens, qui pour divers motifs souhaitent aller dans l’espace Schengen, de bénéficier d’une « simplification des documents pour justifier du but du voyage ».

On peut regretter que le texte de l’article du site du Parlement Européen estime que la Moldavie « semble avoir fourni de nombreux efforts dans le domaine de la justice », alors que c’est un fait qui se vérifie ! Souhaitons que cette prudence de langage ne freine pas les parlementaires dans la démarche d’adoption du texte présenté par monsieur Marinescu, voire même l’améliore.

En tout cas, on doit souhaiter que la Moldavie soit « retirée de la liste négative », celle des états situés de l’autre côté de l’espace Schengen.

Cela étant, l’article émet une réserve que nous faisons nôtre : la crise politique actuelle arrive au mauvais moment et risque de faire repousser l’accord d’association qui doit être signé à Vilnius cet automne, et ce malgré un rapport positif émis le 9 février !

Espérons toutefois que le « partenariat de mobilité élargi » signé en 2008 sera malgré tout modifié dans le bon sens dans les délais… En effet, il ne faut pas oublier que la Russie est toujours à l’affût, comme en témoigne son étonnante récente insistance pour que la constitution moldave maintienne inscrite « la langue moldave », dont on sait qu’elle n’existe pas en fait, mais que c’est un moyen d’affirmer que la Moldavie n’appartiendrait pas à la culture roumaine, et ne serait donc pas « naturellement » attachée à la sphère européenne.

Le 9 avril 2013