Rendez-vous avec l’histoire : la Ville- Lumière et le Château de Versailles

0 vote

Article de Nina Simileac, étudiante en IVe année, au Département de Philologie Française, Université d’État de la République de Moldavie

Note : le voyage à Paris et à Versailles a été fait ensemble avec mes collègues Iulia Miaun, Olga Vrabie, Teodora Răţoi et Cristina Fusu.

Les quartiers du Paris moderne. Moi, pensant à l'écoulement du temps. La Défense. Juillet 2013.
Les quartiers du Paris moderne. Moi, pensant à l’écoulement du temps. La Défense. Juillet 2013.

« Le cœur de Paris, c’est une fleur, Une fleur d’amour si jolie, Que l’on garde dans son cœur, Que l’on aime pour la vie. Le cœur de Paris, c’est une romance, Qui parle du soleil ou de la pluie. On croit qu’elle finit, Mais elle recommence. Le cœur de Paris, c’est la France. » « Le cœur de Paris »(Charles Trénet)

Qui n’a pas rêvé de visiter la France ? Qui ne voudrait pas découvrir Paris ou Versailles, dans toute leur splendeur ? On y arrive, les derniers temps, dans de buts différents : études, travail, voyages…

Pour nous, cinq étudiantes du Département de Philologie Française « Grigore Cincilei » de l’Université d’État de Moldavie, la rencontre avec la Ville- Lumière s’est produite cet été (2013), puisque nous étions en France pour y passer nos stages professionnels subventionnés par l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Nous voilà donc, chacune de son côté, attendant impatiemment la rencontre avec cette ville où tout commence et dont on a tant appris à l’école et à l’université. Le Président du Centre d’Art Contemporain de Marcigny, M. Georges Silva, et son collègue, M. Franz Spath, ont décidé d’organiser pour nous une semaine de découverte in situ, nous réunissant toutes à Paris, dans la période du 27 juillet au 2 août, pour des excursions et visites guidées. Certaines d’entre nous finissaient déjà le stage (Cristina - au Centre d’Art et moi-même - au Centre Social et Culturel « Les Epicéas » d’Arbent), d’autres devaient revenir à Marcigny, pour continuer cette belle expérience d’insertion professionnelle (Iulia et Olga), tandis que notre collègue Teodora venait d’arriver en France, pour commencer le stage juste après cette semaine de séjour parisien.

Les premières impressions, faites à travers les vitres d’une voiture, nous comblaient d’émotions, nous incitaient à la découverte et nous plongeaient dans l’univers inédit de la capitale française. Mais ce n’était que le commencement. Le plus intéressant nous attendait encore dans les rues parisiennes, dans les labyrinthes du métro, dans les couloirs des musées.

Partant à la découverte de la capitale française. Juillet 2013.
Partant à la découverte de la capitale française. Juillet 2013.

On a eu sept jours pour réussir à explorer toute la ville ou, au moins, pour visiter les monuments les plus importants de Paris. Pour nous débrouiller mieux, on a dressé une liste de sites qu’on voulait visiter. Heureusement, on a évité les « grandes batailles » pour les lieux préférés, optant, unanimement, pour le même itinéraire. Ce qu’il nous fallait encore, c’était d’accumuler des forces pour cette excursion un peu fatigante, mais extrêmement désirée. M. Silva s’est chargé d’être notre guide. Il a travaillé plusieurs années et travaille encore en tant que guide à Paris, en parallèle avec son activité de base, au Centre d’Art Contemporain. Il est vraiment important d’avoir la chance de découvrir une ville en compagnie d’un médiateur culturel, car l’itinéraire choisi et la démarche adoptée correctement contribuent à une découverte efficace et méthodique, évitant les balades chaotiques, surtout quand on a si peu de temps pour tout visiter.

Paris ! Cette ville incarne un paradis romanesque, un lieu parfait pour les amoureux et les amateurs de la peinture, de la poésie et des Beaux-Arts, car chaque coin de la ville, chaque brique, est une source d’inspiration. Pour nous, futures linguistes et sémioticiennes, la ville était pleine de symboles, de signes cachés qu’on essayait de décoder. Chaque détail nous faisait penser au passé, au présent et au futur.

Lors des promenades nocturnes, on a observé que la ville reste vivante le jour et la nuit. On a l’impression que les gens ici ne dorment pas. Ils tombent amoureux, ils savourent les moments agréables et profitent tout simplement de la vie. On était attirées par cette ville et surtout par ses sites, tels que la Tour Eiffel, le Louvre, Notre Dame de Paris et les Champs-Élysées. Mais la liste de lieux remarquables de Paris ne finit pas ici. Dans cette ville, chaque quartier abrite de nombreux endroits pittoresques et des monuments d’architecture.
Le transport, les rues, les ponts – tout était nouveau pour nous. Il fallait apprendre à se débrouiller avec les moyens de transport, la carte de la ville, pour bien s’orienter dans l’espace. Bien sûr qu’on a eu des cas bizarres, mais finalement ce sont toujours les cas exceptionnels qui font le voyage plus intéressant et mémorable. La ville reste la ville : toujours agitée, mouvementée et pressée. Pour quelques jours, nous sommes devenues une partie composante de cette foule de parisiens et de touristes.

Le premier jour de visites a passé dans un éclair. Pendant une seule journée, on a vu tant de choses, qu’on ne pouvait pas s’imaginer que cela se passait vraiment avec nous. Les édifices, les monuments et les rues se succédaient devant nos yeux comme les diapos pendant les cours de civilisation française, avec une seule, mais considérable différence – c’était la réalité et on y était des actants. La Tour Saint-Jacques, la cour du Louvre avec ses pyramides et fontaines, l’Arc de Triomphe, l’Eglise de la Madeleine, la Place de Vendôme, le Pont Alexandre III, une promenade sur les Champs-Élysées, la façade extérieure du Musée d’Orsay, l’Hôtel des Invalides et la première rencontre, de loin, avec la Tour Eiffel ont été les sites par lesquels Paris nous a rencontrées.

Les yeux brillants, les appareils photo à la main, nous avons commencé l’exploration de la capitale française. On réussissait à peine à tourner la tête de gauche à droite pour réussir à voir tout et à écouter, en même temps, les explications du guide. Les rues s’entrecroisaient, nous menant vers des coins inconnus. On s’arrêtait auprès des bâtiments historiques et on découvrait leur passé.

Un déjeuner sur les Champs-Élysées, en compagnie de G. Silva et de F. Spath, reste inoubliable. On observait, dans l’intervalle, que les rues de la capitale française dévoilaient un mélange de styles et de cultures. Dans cette ville cosmopolite, la simplicité des uns s’entremêlait au chic des autres.
Le soir, au moment de l’arrivée à la maison, il était difficile de décrire nos sentiments. Toute une gamme d’émotions remplissait nos têtes et nos cœurs. Malgré la fatigue, on était prêtes à continuer notre voyage dans ce Paris inconnu, qui nous attirait par ses lumières.

La famille Silva nous a invitées à un dîner exquis, avec des délices de la cuisine portugaise, dont le raffinement fut complété parfaitement par le vin moldave. Pendant cette petite réunion, on a partagé nos premières impressions sur l’expérience de la première journée, mais évidemment c’était presque impossible de tout évoquer, comme il est impossible de décrire ce qu’on sent lorsque nos rêves deviennent réalité. Le premier jour s’est écoulé et on attendait impatiemment ce que la ville allait nous préparer ensuite.

A côté de la Cathédrale Notre- Dame de Paris. Cristina Fusu, Moi( Nina Simileac), Olga Vrabie, Teodora Răţoi et Iulia Miaun. Juillet 2013.
A côté de la Cathédrale Notre- Dame de Paris. Cristina Fusu, Moi( Nina Simileac), Olga Vrabie, Teodora Răţoi et Iulia Miaun. Juillet 2013.

Les jours suivants, la découverte a continué : la Conciergerie, la Sainte-Chapelle, Notre Dame de Paris, la Place de la Bastille… -voici quelques monuments et sites qu’on a visités pour découvrir le patrimoine historique parisien.

Cependant, la capitale s’est présentée à nous tout à fait moderne et qui n’a pas peur de changements. Le Centre d’Art Contemporain Georges Pompidou, avec une exposition extraordinaire, en était une preuve. C’est d’ici qu’on peut voir les sommets des gratte-ciel de La Défense et on peut goûter des plats de la cuisine chinoise, ce qu’on a fait avec plaisir. Une vue pittoresque s’est ouverte sur la ville lorsqu’on est monté vers la galerie en vitres. Tout cela reflète parfaitement le visage moderne de Paris, le visage vif, riche en technologies modernes et en couleurs inédites.

Une fois pour toutes, on a dissipé le mythe sur la Tour Eiffel. Présentée par les uns comme un « monstre architectural », elle est apparue devant nous dans toute sa beauté et splendeur. On est monté jusqu’au deuxième étage pour admirer la vue magnifique que la Tour nous offrait et pour savourer encore une fois la grandeur et la gloire de Paris, mais aussi pour jeter un coup d’œil sur tous ces édifices qui formaient ensemble la capitale française métropolitaine. C’est à ce moment-là que les objectifs esthétiques de la découverte ont été presque atteints : voir ce qui paraissait un rêve auparavant, toucher le corps froid de cette « grande dame de fer » qui s’élève majestueusement sur la ville. Si fière, si audacieuse, si belle, elle domine Paris et les cœurs des milliers de gens.

Arrivées aux portes du Louvre, on a senti le souffle de l’histoire. Marcher sur la chaussée recouverte de pavés, par où le roi se promenait autrefois, toucher les murs dont les pierres étaient rangées avec une grande précision et maîtrise – c’était incroyable ! Il était difficile pour nous de choisir une œuvre qui nous aurait tombée sur le cœur, car la splendeur de chacune d’elles ne nous permettait pas de le faire. Le Palais du Louvre nous attirait par son histoire, sa beauté, par ses fontaines et pyramides, ses couloirs où l’on n’a pas peur de se perdre, où les peintres et les sculpteurs se succèdent l’un après l’autre, et les siècles s’écoulent vers un univers sans bornes.

Le goût de l'histoire. Devant les pyramides du Louvre. Juillet 2013.
Le goût de l’histoire. Devant les pyramides du Louvre. Juillet 2013.

Le Quartier Latin nous a rencontrées à bras ouverts. On s’est promenées au long des rues de Montmartre et des quais des bouquinistes. C’est là qu’on a goûté pour la première fois des plats de la cuisine hindoue et c’est là qu’on a découvert une des plus belles basiliques de Paris – Le Sacré Cœur, avec la plus grande mosaïque du monde, une mosaïque impressionnante par ses dimensions et sa beauté. Les petits magasins de Montmartre nous ont offert un grand choix de souvenirs, aux prix raisonnables, mais aussi de petits restaurants, prêts à nous servir les spécialités de la cité. On a eu la chance ce soir-là d’admirer la Tour Eiffel qui scintillait de mille feux. Avec la tombée de la nuit, un panorama inoubliable s’est ouvert devant nos yeux. Un court voyage sur un bateau-mouche a rempli notre portefeuille de photos des monuments des deux rives de la Seine. L’audio-guide nous a raconté l’histoire de certains monuments : le Pont Alexandre III, la Conciergerie, le pont des amoureux, etc…

À Versailles. Juillet 2013.
À Versailles. Juillet 2013.

Un jour entier fut dédié à la visite de Versailles. Le Château nous a frappées, car, étant situé sur une colline, il nous éblouissait par ses dimensions. Une autre chose qui nous a effrayées un peu, c’était la queue devant l’entrée au Château. La foule était incroyable ! Mais on a résisté, car une fois arrivées là, on ne voulait pas céder. A l’aide d’un audio-guide, chambre par chambre, on a vu de l’intérieur ce fameux Versailles. La richesse du décor était imposante et nous ramenait aux temps de Louis XIV. La fameuse Galerie des Glaces était, peut être, l’une des places les plus mémorables de notre visite. De même, les immenses jardins du parc de Versailles nous ont attirées par la diversité de la flore et des formes.

Nous nous sommes promenées au long des allées, pour arriver au Grand et au Petit Trianon, nous avons eu la possibilité d’apprendre plus de choses sur la personnalité de Marie-Antoinette. Le raffinement qu’on a vu à Versailles nous a fait tout oublier : l’éveil tôt le matin, le long chemin, la queue aux guichets et la fatigue. Après tout ce qu’on a vu, je me permets de paraphraser un célèbre dicton, pour dire « Voir Versailles et mourir ».

Teodora Răţoi, Moi (Nina Simileac), Olga Vrabie et Cristina Fusu à Versailles. Juillet 2013.
Teodora Răţoi, Moi (Nina Simileac), Olga Vrabie et Cristina Fusu à Versailles. Juillet 2013.

A la fin du séjour parisien, il nous était difficile de nous séparer de cette splendeur sublime. Même si on a beaucoup découvert, on était conscientes qu’il y avait encore beaucoup de sites et d’endroits qu’on n’avait pas réussi à voir. C’est un prétexte pour chercher de nouvelles possibilités de redécouvrir la capitale française. Mais, c’est également une réalité. Cette ville restera pour nous un mystère qu’on ne peut pas décoder complètement. Ses monuments anciens, ses nouvelles maisons de mode et une variété de restaurants et de brasseries évoquent, dans notre imagination, le tableau d’un endroit cosmopolite, mêlant histoire et modernité, culture culinaire et gastronomie, styles et mouvements, passé et futur, etc. Pour ce qui est de Versailles, on croirait que c’est un endroit qu’on peut redécouvrir chaque fois d’une manière différente, tant son immensité nous a fascinées !

Réalisant que ce séjour touristique n’aurait pas été possible sans le support et la guidance de M. Georges Silva, critique d’art et Président du Centre d’Art Contemporain de Marcigny et de son collègue, M. Franz Spath, cofondateur du CACFP, mais aussi des Mmes Maria Silva et Elena Silva, la mère et la soeur du professeur Silva, nous leur exprimons de vifs remerciements, pour la disponibilité de nous accompagner à Paris et pour le temps sacrifié, en vue de faciliter notre aventure exploratoire.

Nous, découvrant le Paris moderne. La Défense. Juillet 2013. Olga Vrabie, Moi (Nina Simileac), Teodora Răţoi et Cristina Fusu.
Nous, découvrant le Paris moderne. La Défense. Juillet 2013. Olga Vrabie, Moi (Nina Simileac), Teodora Răţoi et Cristina Fusu.