Rencontre au Parlement européen « Moldavie – Minorités et francophonie »

Le mercredi 16 juin 2010, l’intergroupe « Forum des francophones » et la délégation interparlementaire de l’UE pour la Moldavie ont tenu une réunion commune au Parlement européen, lors de la session plénière de Strasbourg.

M. Crisitian Preda et Monica Macovei, respectivement à la tête de ces deux groupes, ont co-présidé une séance marquée par la présence de plusieurs députés, de représentants de la Moldavie, d’assistants parlementaires et de fonctionnaires européens.

Trois orateurs étaient invités à s’exprimer : Mme Valérie Ciolos-Villemin, qui est l’ancienne responsable de l’antenne de l’Agence universitaire de la francophonie en Moldavie, M. Julien Danero Iglesias, assistant à l’Université Libre de Bruxelles, et M. Florent Parmentier, Sciences Po, vice-président de l’association « Les Moldaviens » et auteur de « Moldavie. Les atouts de la francophonie », Paris, Non Lieu, 2010.

Les intervenants ont partagé leurs vues à propos de la situation des minorités en Moldavie, qui semble relativement pacifiée aujourd’hui. Les russophones, comme les Gagaouzes, sont plutôt bien intégrés dans la République de Moldavie, si l’on en juge par l’autonomie gagaouze ou la place du russe dans la vie courante. L’autre pan de la réflexion concernait la francophonie, puisque la Moldavie dispose d’une tradition certaine dans ce domaine, et fait preuve de dynamisme aujourd’hui : en 2009, un élève sur deux choisit le Français en première langue étrangère.

Plusieurs autres sujets de fond ont été abordés : les enjeux migratoires, de la question des visas aux conséquences sociales pour les régions de départ, en passant par l’attribution massive de passeports par des pays étrangers. Egalement, l’attention des auditeurs s’est tournée vers les questions politiques, à l’exemple de la gestion mémorielle moldave de la période communiste, qui fait l’objet actuellement d’une Commission, ainsi que les perspectives économiques.

Au terme d’une riche séance, les différents intervenants sont revenus sur la nécessité d’aider dès à présent la Moldavie dans ses transformations politiques et économiques, en appelant à un renforcement des liens entre sociétés civiles et à des initiatives plus ciblées, comme la création d’un Conseil économique et social moldave, sur le modèle français et européen. La politique du « Partenariat Oriental » lancée en 2009 devrait permettre des avancées ambitieuses.