Que veulent les Moldaves dans le contexte actuel ?

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Article de Gilles Ribardière

Plusieurs sondages ont été effectués en République de Moldavie pendant la première quinzaine du mois d’avril. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur interprétation se révèle complexe. Qu’on en juge : à la question « Quel est le dirigeant étranger pour lequel vous faites le plus confiance », Vladimir Poutine l’emporte largement - 62%, tandis qu’Angela Merkel obtient 44%, Barak Obama et Traian Basescu 35%. Mais dans le même temps, 61% estiment que l’Accord d’Association avec l’UE est un événement important, 41% considérant qu’il permettra d’améliorer la qualité de la vie dans le pays, 29% estimant qu’il n’aura pas d’effet sur ce point.

Sans doute faut-il rapprocher ces données apparemment contradictoires des 52% d’opinions attachées à la neutralité de leur pays. Voilà en tout cas de quoi rendre prudent les responsables politiques ayant des propos relatifs à la garantie que donnerait l’adhésion à l’OTAN face à la Russie… Tout en sachant que la neutralité est inscrite dans la Constituion. L’adhésion à l’Alliance de l’Atlantique Nord ne serait approuvée que par 14% de la population.

Toutefois, ces dernières heures, le contexte a changé ; les troubles en Ukraine se rapprochent puisqu’ils atteignent Odessa. Assiste-t-on à la poursuite d’un plan tel que décrit par John Mc Cain : occupation par la Russie de Vladimir Poutine de l’Est de l’Ukraine, puis du Sud et enfin de la République de Moldavie ? Ce qui semble assez évident, c’est que la volonté d’absorption de la Transnistrie au sein de la Fédération de Russie devient de plus en plus forte. Dmitri Rogozine, vice-Premier Ministre de la Russie, se rend le 9 mai – date hautement symbolique – à Tiraspol… Deux mots à son propos ; il a combattu dans la guerre de 1992 contre la Moldavie et il fait partie des personnalités que les Etats Unis ont suspendues de visa et dont les avoirs ont été gelés.

En tout cas, de la Transnistrie seraient partis, selon des sources sérieuses, mais cependant à vérifier, 5 camions remplis de munitions, d’armes et d’uniformes en direction d’Odessa ?…

Il y a trois semaines, l’opinion était à la fois partagée quant à l’idée d’intégrer l’UE (29%) ou l’Union Eurasienne (22%) et indécise (33%)… Qu’en serait-il aujourd’hui ?

Toutes les données exposées ici ne permettent pas de tirer des conclusions claires. Elles suggèrent seulement que la prudence s’impose pour éviter à l’intérieur du pays toute exacerbation des points de vue. Quant à l’UE, elle doit accélérer la concrétisation de la mise en œuvre de l’Accord d’Association.