Moldavie : Le « Jour de l’occupation soviétique » ne fait pas l’unanimité

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Article par Céline Bayou

Mihai Ghimpu, Président par intérim depuis septembre 2009 et président du Parlement depuis août 2009, également président du Parti Libéral, a édicté le 24 juin 2010 un décret déclarant le 28 juin Jour de l’occupation soviétique. La décision est loin de faire l’unanimité et les leaders de l’alliance « Pour l’intégration européenne » ont refusé de participer aux cérémonies de la mémoire. Ils se sont même ralliés aux communistes, qui se sont adressés à la Cour constitutionnelle pour demander le retrait du décret.

Le 28 juin, les drapeaux ont été mis en berne et des manifestants se sont rassemblés devant le Parlement, avec des banderoles mentionnant : « Staline et le peuple russe nous ont apporté la liberté – ils nous ont envoyés en Sibérie ». M. Ghimpu, lui, a déposé une gerbe de fleurs devant la première pierre du Mémorial à l’occupation soviétique, qui sera installé dans le centre de Chisinau, face aux bâtiments du gouvernement, là où, jusqu’en 1989, s’élevait une statue de Lénine. Il a déclaré son refus catégorique de retirer son décret, précisant qu’il n’y voyait aucune action à l’encontre du Parti des Communistes moldave mais contre les symboles soviétiques et communistes, dont nombre de familles moldaves ont souffert, envoyées en Sibérie durant les répressions staliniennes. Le décret demande le retrait des troupes russes « d’occupation » stationnées dans le pays ainsi que l’interdiction des symboles communistes (faucille, marteau, étoile rouge…) et celle de l’utilisation du terme « communiste » par une formation politique. En Moldavie, certains y ont vu le signe du lancement de la campagne électorale pour la prochaine présidentielle.

Si la coalition de quatre partis actuellement au pouvoir n’est pas tombée suite au désaccord suscité par cette décision, elle n’en semble pas moins fortement déstabilisée. Mihai Ghimpu, lui, reste réfractaire à l’opposition de ses partenaires : « Je comprends les communistes, à qui les intérêts de cet Etat ont toujours été étrangers, mais je ne comprends pas mes collègues de l’alliance. Ils feraient mieux de se taire et de soutenir ma politique ».

M. Ghimpu a expliqué que son décret se base sur les conclusions rendues en 1990 par le Forum législatif moldave sur les conséquences politiques et juridiques du Pacte Molotov-Ribbentrop d’août 1939 : le Forum avait en effet déclaré qu’en juin 1940, l’Union soviétique avait occupé la Bessarabie (soit la majeure partie de l’actuelle Moldavie, située entre le Prut et le Dniestr et qui appartenait à la Roumanie de 1918 à 1940) et le nord de la Bucovine (actuellement située en Ukraine). Le 28 juin 1940, les troupes soviétique étaient donc entrées en Bessarabie et, 50 ans durant, ce jour a été commémoré comme celui de la « libération de la Bessarabie de l’occupation roumaine » et de la « réunification avec la mère patrie soviétique ».

Source : http://www.regard-est.com/home/breves.php

Le 1 juillet 2010