Les habitants de Transnistrie sont-ils réticents à rejoindre la Moldavie ?

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Article de Gilles Ribardière

Il semble que la population de la Transnistrie ne verrait pas de réel intérêt à réintégrer la République de Moldavie. C’est en tout cas ce qu’expose Aurelian Lavric, ancien diplomate et enseignant à l’heure actuelle à l’Université d’Etat de Moldavie dans le département de Science Politique. Les motifs de la réticence de cette population seraient dûs au constat de l’instabilité politique – durée anormalement longue pour désigner un Président de la République, fragilité de l’Alliance au pouvoir – , ainsi qu’à une économie moins favorable : moindres pensions versées aux retraités, augmentation continue des prix, et plus généralement une économie profitant en premier lieu à des clans.

Si on lit de plus l’entretien du 28 janvier de Igor Botan à Radio Free Europe, au cours duquel il insiste sur le maintien nécessaire du monitoring exercé par le Conseil de l’Europe, on doit bien se rendre à l’évidence que la Moldavie ne constituerait pas un modèle attractif, en particulier s’agissant du respect des droits de l’homme ainsi que du fonctionnement des institutions.

Il est évident qu’en ce moment le pays navigue dans un contexte difficile et qu’il y a une corruption qui ne semble pas vraiment reculer … Cela étant n’y a-t-il pas le même phénomène en Transnistrie, à l’instar de tous les territoires issus de la défunte Union Soviétique ?

Mais les progrès pour atteindre les standards occidentaux sont lents, même si comme le soulignent souvent les autorités Bruxelloises de passage, la Moldavie est plutôt exemplaire.

Un geste concret de l’Union Européenne en faveur de la Moldavie serait peut être un signe ayant pour effet de modifier le sentiment négatif des habitants de la Transnistrie, malgré la situation économique des pays de l’UE assez peu glorieuse en ce moment.

Mais le cap des réformes en Moldavie doit être maintenu plus que jamais … Ce sera un facteur essentiel en vue d’un retournement d’opinion des Transnistriens et une étape, espérons le, à la réintégration.