Les Moldaves de Paris s’engagent dans la lutte contre l’abus et le trafic d’êtres humains

Le 22 mars 2013, plusieurs associations de la communauté de Moldaves de France, en collaboration avec des associations françaises, ont organisé une conférence axée sur la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’exploitation sexuelle.

L’action a commencé par la projection du film documentaire « Le Nouvel Esclavage » réalisé par le chanteur suisse Philippe Décourroux. Ce documentaire décrit en détail la situation en République de Moldavie, tout comme dans d’autres pays atteints par ces fléaux. Le film a été suivi de vifs débats qui ont mis en évidence le besoin impérieux d’identifier d’urgence des méthodes efficaces d’implication de la société civile dans la lutte contre le trafic de chair humaine.

Philippe Décourroux a parlé au public de son parcours de chanteur militant qui s’est activement impliqué dans ce combat difficile. Interrogé au sujet de sa vision sur la Moldavie en général, il a mentionné que dès les premiers instants après son arrivée dans ce pays il a compris que les Moldaves sont très hospitaliers et généreux, tout en soulignant que ces qualités appréciables d’un peuple peuvent parfois lui causer des ennnuis. Or, les jeunes risquent de se laisser influencer par des personnes à mauvaises intentions qui profitent de la précarité de la situation en Moldavie. « L’implication de la société civile dans la lutte contre le trafic d’êtres humains est très importante, or les organisations non-gouvernementales doivent être à l’avant-poste, en termes de prévention de ce fléau et d’information des potentielles victimes », a mentionné le chanteur.

Yves Charpenel, avocat général à la Cour de Cassation, Président de la Fondation Scelles, a aussi pris part à cette conférence. Parlant de son activité professionnelle et de l’organisation qu’il dirige, Yves Charpenel a donné des exemples d’intervention réussie des autorités judiciaires et de la police de plusieurs pays dans l’annihilation des réseaux de trafiquants et de proxénètes. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, car la police et la justice, malgré tous leurs efforts, ne peuvent pas remplacer la société civile en termes d’informaiton quotidienne des communautés locales en vue de prévenir le trafic d’êtres humains. Selon Yves Charpenel, en France existent à présent 17 organisations non-gouvernementales spécialisées dans la lutte contre le traffic de chair humaine. « Certainement, nous devons beaucoup travailler encore, surtout pour changer la perception générale de la société concernant la prostitution, le trafic et les victimes de ces fléaux », a souligné l’expert.

Les participants à la conférence sont convenus de la nécessité de mener une ample campagne d’informaiton et de prévention, en Moldavie tout comme dans d’autres pays.

Avant de clôturer la soirée, le chanteur Philippe Décourroux a chanté quelques chansons, y compris des chansons insérées dans le film documentaire. Le style sobre de ces chansons et l’abondance en méthaphores suggestives ont révélé la position ferme du chanteur qui plaide pour un avenir sans abus et sans trafic d’êtres humains.

Cette soirée-débat a été organisée par les associations suivantes :

L’association « Pro Neamul », Paris

L’association « Espoir Diffusion », Suisse

L’Union Interculturelle « Constellation Culture », Paris

L’association des Docteurs et Doctorands Bessarabiens de France

L’association culturelle « Mihai Eminescu », Paris

L’association Média « Pro-Diaspora France », Paris

L’association « Jeunes Moldaves », Paris

L’association « Le Lien », Paris – Fontenay

La Fondation Scelles, Paris

L’association « Cercle Moldavie », Bordeaux

Article de Liliana Rosca