Le pianiste Alexander Paley : de New York à Chişinău

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Le jeune Mozart réincarné joue du piano

Après 5 ans d’absence à Chişinău, le musicien de taille mondiale Alexander Pale a clôturé le Festival International de Musique “Mărţisor-2009” par deux concerts sensationnels à la Salle d’Orgue. “Le jeune Mozart réincarné joue du piano !” ont exclamé les spectateurs les plus émotifs. Pendant quelques heures, le musicien virtuose, accompagné par l’orchestre de chambre de la Salle d’Orgue, a hypnotisé des centaines de spectateurs.

Vingt ans après l’émigration

Alexander Paley, fameux pianiste et chef d’orchestre des Etats-Unis, a généreusement offert deux spectacles de musique de Mozart et Schumann. Originaire de Chişinău, l’artiste a émigré aux Etats Unis en 1988 avec un répertoire de 30 concerts pour piano et de nombreuses pièces en soliste, à partir des œuvres de Scarlatti à ceux de Bartok. Pianiste-ascète, très mince, il crée par sa manière sublime d’interprétation l’impression de transfiguration dans une figure immatérielle, comme si la Divinité chantait à travers mains, disent les mélomanes.

« Je m’incline devant l’Orchestre de Chambre de la Salle d’Orgue qui, malgré les conditions difficiles d’activité, est extraordinaire. Ces musiciens sont désireux d’apparaître devant le public, ils adorent la musique à laquelle ils associent leur vie. Ils sont extraordinaires, mais ils touchent des salaires infimes.

Le Quartet de Mozart présenté par trios membres de l’orchestre a été appris pendant deux jours ! C’est étonnant car Mozart est extrêmement difficile à interpréter. Aucun orchestre du monde n’aurait jouait une note avec une telle rétribution. Si les autorités comprenaient que les musiciens sont des gens, eux-aussi, et qu’ils doivent vivre, leur situation changerait radicalement », a mentionné Alexander Paley.

Impressionné, le pianiste a décidé d’organiser cet automne à Chişinău un festival de musique de chambre. « Je suis reconnaissant à Larisa Zubcu, directrice de la Salle d’Orgue, qui me toujours soutient. Du 27 au 29 octobre, nous organiserons le Festival « Schubertiada », après quoi des surprises viendront. Le public de Chişinău est très cultivé et mérite tout ce qui a de la valeur ».

Entre Paris et New York

Actuellement, la vie artistique de Alexander Paley se passe entre Paris et New-York avec une agenda remplie pour les prochaines années. Il collabore avec des musiciens renommés comme Vladimir Spivacov et les « Virtuoses de Moscou ».

Après Chişinău, il a commencé une tournée en France, Allemagne, Autriche ainsi et Chine. Il est heureux de revenir aux Champs-Elysées et au Louvre où il se sent toujours le roi attendu. Même s’il a de bons revenus, Alexandru n’est pas un homme riche, car il fait beaucoup d’actes de charité. Il est toujours prêt à chanter gratuitement pour les plus tristes.

A Chişinău, il a eu quelques jours imprégnés de souvenirs et de nostalgie, lorsqu’il était en compagnie de ses peu nombreux amis d’enfance restés en Moldavie. Il a également tenu un cours de maîtrise devant les étudiants de l’Académie de Beaux-Arts.

Il a commencé à jouer du piano quand il avait 6 ans et a fait ses études au lycée de musique « E. Coca ». Il a donné son premier concert à l’âge de 13 ans. Pendant sa jeunesse, le musicien a obtenu les plus importants prix internationaux, comme le premier prix du concours Bach de Leipzig ou le Grand Prix du Festival Pancho Vladigerov de Bulgarie. Il a fait ses études au fameux Conservatoire « Piotr Tcheaïkovski » de Moscou. Il joue au piano tous les concerts de Beethoven ainsi que toutes les partitions de Bach, fait très rare dans la musique mondiale.

Il est le favori du public en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Espagne ainsi qu’aux Etats Unis. Après chaque spectacle, le pianiste est le délice de la presse. Des publications prestigieuses comme « The Washington Post » et « The Times » écrivent des chroniques élogieuses dédiées à notre compatriote, le situant parmi les sommités du monde.

Maintenant, Alexander Paley est une des plus adorées personnalités musicales du monde. « Je me sens très attaché à Chişinău, ici se trouve le tombeau de ma grand-mère. Avant d’y revenir, je ne peux pas dormir les nuits à cause des émotions. Quand j’ai évadé de l’Union Soviétique en 1988, j’étais sûr que je ne pourrais jamais y revenir. Lorsque la porte s’est fermée à l’Ambassade des Etats-Unis, j’avais laissé derrière moi une partie importante de ma vie », raconte l’artiste.

Oh, Chişinău… quel grand plaisir pour moi de chanter ici !

Il a eu une enfance heureuse à Chişinău, entouré d’amis ainsi que de professeurs remarquables. Il garde toujours son excellente relation avec le plus important professeur de sa vie- Evghenia Revzo de 93 ans qui a émigré depuis longtemps en Israël. « Je suis le sens de sa vie. Elle m’a toujours traité comme un fils. Au fil des années, je me rends compte qu’elle a eu un rôle déterminant dans ma formation musicale ainsi que dans la formation de ma personnalité. A six ans, je jouais déjà au piano, j’étais considéré un enfant-prodige, étant dans le viseur de la presse. Mes parents, tous les deux médecins, se préoccupaient surtout de ma culture générale, de mon éducation, ils m’ont inspiré la passion pour les livres et ils ont pris soin poru que je ne sois pas une proie facile pour les journalistes à un jeune âge. Ma grand-mère, une bibliothécaire assez connue dans la ville (elle travaillait à la Bibliothèque nationale « N. Krupskaia ») m’a appris à travailler avec abnégation », dit Alexander Paley.

Quand la Salle d’Orgue n’existait pas encore à Chişinău, il a eu l’occasion d’assister à des concerts des musiciens célèbres, comme Oistrah, Rostropovici, Kogan etc. « Notre ville a été un grand centre culturel. Rostropovici même affirmait : Oh, Chişinău : quel un grand plaisir pour moi de chanter ici… L’Orchestre de la Philharmonie était professionnelle, étant dirigé par l’inégalable Gurtovoi. Les plus doués enfants de l’école de musique chantaient avec cette orchestre. Moi aussi, j’ai eu cette chance », se souvient le pianiste.

« Un vrai artiste est aussi un grand homme »

Quand il rentre à son Chişinău adoré, Alexander Paley ne séjourne pas à l’hôtel, mais chez des amis de son enfance, où il se sent très bien. « C’est ma vie, je ne suis pas capricieux parce que j’ai obtenu tout ce que j’ai souhaité. J’ai peu de vrais amis. Ce sont eux qui ont été près de moi quand j’étais un anonyme. Ils m’aimaient et croyaient à mon talent. Quand je suis devenu connu, nous gardons les mêmes relations.

J’attends que la situation change en République de Moldavie, que la vie y soit enfin plus facile. Les artistes doivent avoir un bon niveau de vie, ne plus être complexés à cause de la pauvreté parce qu’ils sont de vrais professionnels. C’est curieux qu’il n’y ait aucune différence depuis dix ans entre Vilnius, Paris ou Berlin en ce qui concerne l’organisation des concerts. Il y a de superbes salles en Lituanie et les hommes d’art sont rétribués comme ils le méritent », constate Alexander Paley.

Un vrai artiste est à la fois un grand homme, croit le pianiste. « Iles est certes que si on aime la musique jusqu’au sacrifice, il n’y a plus de place pour l’égocentrisme. Malheureusement, beaucoup de mes collègues s’aiment plus que tout et ne peuvent pas s’accomplir en tant qu’artistes. Le faux dans l’art existe et existera toujours ».

Articlé publié sur http://www.timpul.md

Traduction – Rodica Istrati.