Le parfum et les soucis d’une nouvelle année scolaire

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Artice de Cristina Laïcovski

A vos marques ! Prêts ? Partez ! Et nous donnons le signal de départ à une nouvelle année scolaire !

Dans tous les pays, dans tous les districts, villes et localités, les « participants » sont prêts à concourir, « les juges » - prêts à corriger. Et finalement, une nouvelle année scolaire, soit une nouvelle course à la quête de connaissances commence.

Tous les pays ne partagent pas la même date pour le commencement de la nouvelle année d’études : la Moldavie, elle, célèbre la fête des connaissances le premier jour d’automne, quand à chaque pas, on sent flottant dans l’air ce parfum des chrysanthèmes, des roses, des dahlias….. Ivres de l’ardent soleil d’été et en même temps assoiffés de connaissances, nous marchons accompagnés par l’espoir d’un bon début d’année, armés d’un bouquet de fleurs et d’un cartable plein de livres, de cahiers …

Pour les petits de la première classe, c’est le commencement d’un nouveau conte, d’une nouvelle étape de leur vie. Evidemment on lit dans leurs regards l’hésitation, la peur. Mais cette peur se dissipe peu à peu grâce à la voix aimable de leur premier professeur. Et dans ce moment-là, écoutant cette douce voix et regardant ces petits, mon cœur est rempli par un mélange d’émotions : la joie, la mélancolie et la tristesse, toutes accompagnées par une légère crise des larmes. Et ça parce que dans ces instants-là, dans ma mémoire se déroulent les inoubliables moments de mon premier jour d’école, il y a 12 ans. Cela fait partie des souvenirs qui jamais ne pourront être effacés ni de ma mémoire, ni même de mon âme.

Mais, les émotions éprouvées ne sont pas seulement à cause de ces souvenirs. Car, cette journée marque aussi l’arrivée de la « course » de ces douze ans d’école. Pour moi, c’est déjà la dernière centaine des mètres. De plus, cette année vaudra autant pour moi que pour mes copains plus que toutes les douze précédentes, car début juin nous serons soumis à la plus difficile et à la plus importante épreuve de toute notre période de scolarité – le Bac, l’examen de maturité. Et la réussite à ce chapitre important implique bien sûr une préparation conformément aux règles.

Une autre épreuve, d’une importance aussi grande que le Bac, m’attend au mois de mars. C’est l’Olympiade nationale de la langue française, à laquelle je participerai pour la quatrième et dernière fois. Mais, cette année sera une exception pour moi, car cette fois je serai inscrite automatiquement sur la liste des participants, sans avoir besoin de passer l’étape au niveau du district. Et ça, grâce à la troisième place gagnée l’année précédente. Aussi ai-je le droit de manquer cette dernière chance ?Ai-je le droit de succomber à une crise de paresse et de souffrir plus tard un échec ? Non, bien sûr. Ma tendance à dominer et mon désir de gagner ne me permettront jamais de rester inactive et d’attendre que mon succès tombe du ciel. Je sais que m’attendent une douzaine de nuits blanches, accompagnées par la littérature française et que je devrai « manger » du français au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner. Mais cela ne m’effraie pas du tout. Car, je sais qu’un éventuel succès à l’Olympiade compensera tous mes efforts et mes nuits blanches. Et puis, il y a un petit secret : si j’obtiens au moins la troisième place, je serai exemptée de l’épreuve de français au Bac. Donc, c’est une raison de plus qui me motive à étudier plus sérieusement la langue de Molière.

Mais, tout de même, la vie à l’école ne se résume pas seulement aux études. Les années d’école sont aussi marquées par l’amitié qui se lie entre nous pendant tout ce temps. Faire l’école buissonnière, avoir des rires imprévus pendant des leçons, mais aussi de petites querelles… tous ces faits n’ont fait que de fortifier notre amitié. Et maintenant je regarde les photos avec mes copains, mes amis et dans mon cœur peu à peu glisse une petite dose de mélancolie. Déjà me manquent les moments amusants qui se sont passés à l’école, me manquent mes copains, mes amis. Tout simplement me manquent les années d’école.

Mais, c’est la règle de la vie : on apprécie quelque chose seulement quand on est en train de la perdre. Voila pourquoi, j’ai décidé de me réjouir de chaque jour passé à l’école, de chaque rencontre avec mes amis, de vivre chaque seconde au maximum. En bref, de passer cette dernière centaine des mètres de ma vie d’écolier avec dignité, mais aussi avec un bagage plein de bons souvenirs.