La société civile a proposé une feuille de route axée sur la réconciliation nationale et l’intégration européenne

20 représentants de la société civile - des ONG, des analystes et des consultants politiques - ont signé une feuille de route contenant des mesures à court et à moyen termes à être entreprises par les autorités moldaves et la communauté internationale, y compris les Etats-Unis, l’UE et l’OSCE, afin de surmonter l’actuelle crise politique de Moldavie.

Les signataires de cette feuille de route constatent que la Moldavie risque de devenir un régime autoritaire plus évident. ,,La sous-estimation de l’intérêt public, de tous les citoyens, sans égard à leurs préférences politiques, constitue un danger réel pour l’avenir du pays et aggrave la crise intérieure. C’est seulement l’implication plus convaincante et plus ferme de l’Occident, avant tout celle d’UE, en Moldavie qui peut ramener dans le pays une gouvernance démocratique normale”, considèrent les signataires du document.

Renoncer au contrôle politique sur la justice, consolider l’indépendance du Parquet, dépolitiser la fonction de Président de la République de Moldavie, démettre l’administration de la compagnie „Teleradio-Moldova” et élire une autre équipe d’administration, créer une Conférence Politique Permanente censée faciliter le dialogue politique entre l’opposition et le gouvernement –voici les points forts de la feuille de route proposée par la société civile.

Afin de réaliser ces désidérata, la société civile propose les actions suivantes :

Consolidation de l’état de droit

  • Le Gouvernement de la Moldavie mettra fin à ses actions répressives, assurera le respect des libertés civiles et politiques, conformément aux normes constitutionnelles.
  • L’UE déléguera une Mission Spéciale d’Investigation qui assistera la Commission d’Etat pour l’investigation des abus commis pendant les manifestations du 7 avril dernier.
  • L’UE enverra une Mission de Consolidation des institutions de droit : justice, parquet, police, services de sécurité, d’autres structures de force.

Libertés et droits constitutionnels

  • Le gouvernement de la Moldavie assurera l’accès direct de tous les citoyens, dans égard à leurs préférences politiques, à une justice correcte et équitable.
  • Les acteurs politiques, la société civile et les partis politiques bénéficieront de libre accès aux mass-média. Une réforme de l’audio-visiuel public sera lancée et la censure politique sera arrêtée.
  • L’OSCE désignera un envoyé spécial du haut représentant de l’OSCE pour la liberté des mass-média qui aura la mission d’assurer l’indépendance des médias, d’éliminer des médias contrôlés par le pouvoir le discours virulent de la propagande xénophobe et antidémocratique.

Dialogue politique

  • L’UE instituera une Conférence Politique Permanente (CPP) en Moldavie présidée par un haut officiel l’UE assisté par les groupes de travail afin de faciliter le dialogue politique entre l’opposition et les autorités (le gouvernement en exercice).
  • L’UE conditionnera le futur accord UE-RM par le succès du règlement de la crise politique de Moldavie, par la réinstallation de l’état de droit et des libertés fondamentales.
  • Le gouvernement moldave respectera les standards démocratiques, tandis que l’UE acceptera la négociation d’une politique plus généreuse concernant le régime des visas et d’autres questions politiques.

La réponse à la crise économique

  • La crise politique pourrait aggraver la situation économique en Moldavie. Dans ces conditions, il serait opportun d’instituer une Conférence des Partenaires pour le développement de la République de Moldavie censée assister à la coordination des priorités de l’aide financier.
  • L’UE instituera un Fond National pour le Développement, séparé du budget d’état de la Moldavie, chargé de garantir l’administration efficace de l’aide financier durant la crise.
  • La Moldavie et ses partenaires formeront un Conseil National Anti-Crise qui réunira des représentants du secteur d’affaires, de la société civile et des partis politiques.

Igor Munteanu, directeur de l’association „Viitorul”, a mentionné dans le cadre d’une conférence de presse que la société civile ne peut pas rester indifférente à l’égard de la crise politique apparue après les élections législatives du 5 avril et propose à tous les acteurs politiques de Moldavie de faire des pas afin de dépasser cette situation.

„La crise politique ne peut pas être dépassée par des déclarations propagandistes, et dans cette situation nous pensons qu’il est très opportun d’avoir un plan d’actions qui prévoit des responsabilités pour toutes les parties impliquées”, a dit Igor Munteanu.

Selon Igor Munteanu, ce plan signé par 20 organisations de Moldavie comprend 4 chapitres essentiels concernant le fonctionnement des institutions démocratiques, les libertés et les droits constitutionnels, le lancement d’un dialogue politique et la crise économique.

L’analyste politique Vlad Lupan a mentionné que l’Union Européenne est l’unique acteur qui pourrait intervenir, par les instruments dont elle dispose, pour élucider la situation politique après les élections, en précisant que ,,l’UE devrait jouer un rôle plus actif dans la solution de cette crise”.

Sollicité par un correspondant de l’agence de presse INFOTAG de commenter comment serait-il possible d’entamer un dialogue entre l’opposition et le gouvernement vu que les deux parties s’accusent réciproquement, Lupan a mentionné que la Moldavie ne pourrait pas surmonter la crise politique sans des efforts conjoints du gouvernement et de l’opposition.

„Sans un consensus basé sur des principes démocratiques, la lutte n’amènera à rien. Pour revenir à la normalité, il est besoin d’un dialogue efficace entre l’opposition et le gouvernement ”, a précisé Lupan.

Petru Macovei, directeur de l’Association de la Presse Indépendante, a mentionné que la situation dans le domaine des droits de l’homme a dégradé les dernières années. „Nous proposons que cette situation soit dépassée par la garantie du respect des droits et des libertés de l’homme, par l’investigation prompte de tous les cas de maltraitance et la réalisation d’une enquête internationale concernant les événements du 7 avril”, a dit Macovei.

Directorul de programe IDIS „Viitorul”, Veaceslav Ioniţă, a menţionat că actuala criză economică este una mult mai profundă decît cea din 1998.

Veaceslav Ioniţă, directeur de programmes à l’association „Viitorul”, a mentionné que l’actuelle crise économique est plus profonde que celle de 1998. „Si pour la crise de 1998 les rémittences étaient une solution, celles-ci ne peuvent pas être efficaces dans l’actuelle crise, parce que leur volume a diminué considérablement. Pour dépasser l’actuelle crise économique, il est besoin de la pénétration massive du capital étranger sur le marché de Moldavie. A ces fins, la Moldavie doit rétablir sa crédibilité devant les organismes internationaux », a dit Ioniţă.

Igor Munteanu a également mentionné que la feuille de route sera remise aux organismes internationales, aux partis politiques et à toutes les institutions d’état, étant censée supporter le processus politique de Moldavie et ramener la normalité. Selon Munteanu, le plan en question sera présenté aux organismes internationaux dans le cadre de plusieurs conférences de presse qui vont précéder le Sommet de Prague du 7 mai 2009.

Article publié sur http://www.infotag.md. Traduction – Liliana Anghel.