La diaspora des étudiants originaires de Moldavie

Tout pays lutte sérieusement contre l’exode de « cerveaux ». Les pays qui respectent leur propre avenir luttent aussi pour l’absorption de cerveaux immigrants. La Moldavie est un état particulier. Il a donné à plusieurs pays des cerveaux intelligents et jeunes et a moins absorbé.

La presse de Roumanie a récemment diffusé une information sur les meilleurs résultats obtenus au baccalauréat roumain - une réussite de la Moldave Irina Cascaval. La jeune étudiante a déclaré qu’elle aspire à une des meilleures universités.

Qu’est ce que cela veut dire - une bonne université ? Il y a des classements internationaux des universités qui sont mis à jour chaque année en fonction de plusieurs critères. La meilleure université de Moldavie n’est jamais monté en dessus de la position 4000 dans ces classements internationaux. Harward, Yale et Oxford se placent chaque année sur les premières positions. Des millions de jeunes ont désespérément essayé de devenir étudiants dans ces institutions et ont échoué. Même si les frais d’études sont exorbitants et beaucoup sont prêts à les payer, personne n’y est admis sans correspondre à certaines rigueurs académiques.

Est-ce qu’on sait en Moldavie que plusieurs étudiants de chez nous ont fait leurs études à ces universités ? Sait-on que des Moldaves ont été titulaires des bourses d’honneur pour leur excellente prestation académique ? Sait-on que nos jeunes compatriotes ont fini ces universités avec le titre Magna Cum Laude ou même avec Summa cum Laude ?

Massachusetts Institute of Technology (MIT) est la meilleure université technique du monde. L’année dernière, une jeune fille de Moldavie y a été inscrite et elle obtiendra dans quelques années le diplôme d’une des plus prestigieuses universités techniques du monde. Est-ce que la Moldavie l’attend avec une offre ?

Une conférence de presse inhabituelle à récemment eu lieu à Chisinau. Deux jeunes filles qui ont des diplômes de plusieurs établissements européens d’enseignement ont essayé de se faire embaucher en Moldavie, mais les offres n’ont pas été à la hauteur de leurs efforts, compétences et intérêts. Maria Hincu, une d’entre elles, sollicite aux autorités de Moldavie de donner priorité à l’emploi dans les institutions publiques aux détenteurs de diplômes obtenus à l’étranger, ainsi que des salaires plus élevés.

C’est vrai que les efforts mis par un étudiant moldave à l’étranger sont incomparables à ceux que mettent la plupart des étudiants aux facultés de Moldavie. Même en Roumanie, où nos jeunes bénéficient de manière non-conditionnée de bourses tout au long de la période d’études et communiquent dans leur langue maternelle, la pression que supporte un étudiant loin de son pays est plus grande. La pression devient encore plus forte si les facultés se trouvent dans le top du classement des universités. Ajoutons-y le milieu linguistique étranger qui fait, à son tour, s’accroître la pression. Et plus la situation matérielle des parents en Moldavie est précaire, plus cette pression est grande.

Mais nos jeunes résistent, ils font des études en Allemagne, en Grande Bretagne, en Hollande, en Chine, aux Etats-Unis, en Finlande, partout dans le monde. Beaucoup d’entre eux travaillent pendant les nuits ou les week-ends pour pouvoir rester dans ces universités prestigieuses. Je connais des familles qui ont vendu leurs automobiles et même leurs appartements afin de payer les frais d’études de leurs enfants. En plus, personne ne le regrette. Tous croient qu’ils n’ont eu à gagner - des connaissances et des compétences de qualité. Puis, à leur retour dans la patrie, on se rend compte que personne n’est au courant de leurs sacrifices, ni de leurs victoires et on n’en est même pas intéressé.

Bien sûr, il faut reconnaître qu’il y a une catégorie d’étudiants de Moldavie à l’étranger qui n’ont pas besoin de reconnaissance ici. Leur classement commencerait avec Ecaterina Voronin, la petite-fille de l’ex-président de la Moldavie, Vladimir Voronin, qui a eu de l’argent pour payer ses études sans se soumettre à des contraintes financières. Il faut encore reconnaître que certaines familles payent de gros frais d’études dans des universités sans prestige, achetant de cette façon le prestige d’un diplôme européen sans aucune valeur. Or, il est clair qu’il ne faut pas embaucher toute personne qui a obtenu un diplôme à l’étranger tout de suite dans des institutions publiques avec de gros salaires et sans aucun concours.

Ce qui est certes, c’est qu’on sait très peu sur la situation des Moldaves qui font leurs études à l’étranger. En été, beaucoup d’entre eux sont revenus en Moldavie, et ont discuté dans le transport public combien coûtent les billets électroniques dans le transport public de Bruxelles ou comment fonctionnent des programmes, comme Erasmus. Mais aucune autorité publique n’a lancé une initiative pour réunir ces jeunes au Gouvernement pour un dialogue. Je ne connais pas de forum qui réunirait ces jeunes afin d’apprendre où ils se trouvent, ce qui les ferait revenir dans la patrie et ce qu’ils pourraient faire à leur retour ?

Article de Alina Radu repris sur le site http://www.zdg.md/editoriale/diaspora-studenteasca-din-moldova#more-51018

Traduction – Rodica Istrati.

Le 21 septembre 2012